L’Iran et les Etats-Unis s’enfoncent de nouveau dans l’impasse de la guerre
Chaque camp s’enferme dans une surenchère sans issue : Téhéran ne pourra pas surmonter durablement le blocage de ses ports, et Donald Trump prend le risque de mécontenter davantage l’opinion publique à quatre mois des élections de mi-mandat. Une escalade qui fragilise encore l’économie mondiale.
Après quelques semaines d’accalmie, la guerre est de retour entre les Etats-Unis et l’Iran, au point de remettre en cause un accord paraphé il y a moins d’un mois. Ce dernier visait à prendre le relais d’un cessez-le-feu annoncé en avril et avait pour objectif principal la réouverture du détroit d’Ormuz. Dès le début de l’attaque conduite par Israël et les Etats-Unis, et qui visait un changement de régime à Téhéran, l’Iran en avait fait une arme de dissuasion massive en bloquant cette artère stratégique pour les exportations d’hydrocarbures.
Une crise systémique sur les marchés de l’énergie s’était ensuivie. Elle avait rendu encore plus impopulaire dans l’opinion américaine cette guerre qui rompait avec les promesses de campagne de Donald Trump de ne recourir à la force que lorsque les intérêts américains étaient engagés, ce qui apparaissait très douteux dans ce cas. Cette désaffection et l’improvisation à laquelle cette administration a habitué le monde ont conduit le président des Etats-Unis à accepter un accord mal ficelé qui explique en bonne partie l’impasse actuelle.
Le régime iranien s’appuie en effet sur les imprécisions de la rédaction du point concernant la réouverture du détroit d’Ormuz pour revendiquer le contrôle du passage, y compris par la force. Les Etats-Unis s’efforcent dans le même temps de mettre en place un trafic maritime passant par les eaux d’Oman, sur l’autre rive du détroit, pour court-circuiter l’Iran.
Le temps est compté
La focalisation actuelle sur ce goulet d’étranglement constitue une victoire à court terme pour le régime iranien puisqu’il n’est plus question pour l’heure de son programme nucléaire, présenté comme l’une des causes majeures de l’attaque de l’Iran. En annonçant son intention de prélever une dîme sur les navires empruntant le détroit sous protection américaine, avant de faire rapidement machine arrière, Donald Trump a également donné du crédit à la revendication iranienne d’y instaurer un péage, au mépris de la liberté de navigation.
[Source : Le Monde]