« Ecolo mon cul ! » sur Arte.tv : une série animée pour faire le tri et les bons choix
Café filtre ou capsule ? Sac papier ou sac plastique ? Huit programmes courts, aussi légers sur la forme qu’étayés sur le fond, répondent avec humour à nos dilemmes environnementaux du quotidien.
Alors que nous vivons une troisième canicule en deux mois, adopter les bons gestes pour réduire notre empreinte carbone est utile, efficace et vital. Autant le faire en s’amusant, et intelligemment. C’est ce que propose Ecolo mon cul !–, une mini-série réalisée par Arnaud Viémont aussi légère sur la forme qu’étayée sur le fond.
Barnabé Crespin-Pommier et Pierre Rouvière sont les auteurs du livre Ecolo, mon cul ! (Eyrolles, 2023), qui inspirent cette série animée. A l’écran, ils incarnent respectivement Silex et Ventilo, représentés en photographies et papiers animés. Dans la peau de deux candides, ils s’agitent, s’interrogent. Le téléspectateur s’identifie tout de suite à ces jeunes hommes, qui se posent les mêmes questions qu’eux, dès le petit déjeuner : « Café filtre ou en capsule ? » ; « Bouteille ou canette ? » ; « Smartphone neuf ou reconditionné ? » ; jusqu’à l’épineuse « Voiture thermique ou électrique ? ».
Pas facile en effet de s’y retrouver, entre « fakes », informations partisanes, publicités déguisées et actions de lobbying. Contre toute attente, cette première salve de huit épisodes – nous attendons la suite – répond clairement, avec toute l’objectivité que les connaissances actuelles autorisent. Les explications scientifiques, techniques et statistiques sont fournies par la voix douce de Dorothée Pousséo, illustrées par des graphiques et des archives.
Déconstruire les idées reçues
Ainsi dans l’épisode « Sac en plastique ou sac en papier ? », au vocabulaire « djeun » sur la « bouffe » qu’on emballe, succèdent les propriétés chimiques de l’éthylène polymérisé, fondu ou extrudé… Sur chaque thématique, un leitmotiv met en garde pour déconstruire les idées reçues. Pour l’épisode concernant la voiture, les affirmations pleuvent, débitées par Silex : « C’est le moment de passer à l’électrique. Mais c’est cher. Prends un hybride, ce sera toujours mieux… », « C’est un peu plus subtil », rectifie la narratrice.
Autre élément récurrent et détaillé, la phase de fabrication, qui se révèle la plus nuisible pour l’environnement. Qu’il s’agisse de fabriquer un livre, une liseuse (épisode 2), un lave-vaisselle (épisode 8) ou des vêtements (épisode 4). Rappelons que le secteur de la mode émet dans le monde jusqu’à 10 % des gaz à effet de serre, qu’elle consomme 4 % de l’eau potable disponible, pour produire 70 millions de tonnes de vêtements par an… dont 9 % sont détruits avant même d’être portés.
Le temps court imparti (dix minutes par opus) interdit tout pinaillage. Il explique également certains raccourcis, qui peuvent faire tiquer. Mais il favorise surtout l’énoncé de formules percutantes, comme : « En Europe, consommer trois tasses de café par jour équivaut à parcourir plusieurs centaines de kilomètres en voiture thermique. » Ou encore : « Les composants d’un smartphone font, en moyenne, quatre fois le tour de la planète avant d’être assemblés. »
Sans leçon ni morale, Dorothée Pousséo nous apprend, entre autres, à distinguer l’obsolescence technique de l’obsolescence logicielle et de l’obsolescence perçue. Des pièges à éviter, comme notamment, l’« indice de réparabilité », susceptible d’être détourné pour justifier de fortes hausses des prix. A titre d’exemple, les auteurs ont déniché un robot pâtissier étiqueté Longtime (un label de fiabilité et de réparabilité), vendu à 700 euros. Mais alors, se pose une autre question : a-t-on vraiment besoin d’un robot pâtissier ?
Ecolo mon cul !, d’Arnaud Viémont, animation Simon Feat (Fr., 2026, 8 × 10 min). Diffusé sur Arte.tv et sur YouTube.
[Source : Le Monde]