RD Congo : le président Félix Tshisekedi annonce l'organisation d'un dialogue national inclusif
À l'issue d'une rencontre avec les chefs religieux en RD Congo, le chef de l'État congolais Félix Tshisekedi a annoncé vendredi l'organisation d'un dialogue national longtemps réclamé par l'opposition, qui l'accuse de vouloir se maintenir au pouvoir.
Vendredi 17 juillet, le président de la RDC Félix Tshisekedia "annoncé un dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution", dans un pays marqué par la résurgence du groupe antigouvernemental M23 qui s'est emparé de vastes pans de territoire dans l'est avec le soutien de Kigali, a déclaré la présidence dans un communiqué posté sur X, sans donner plus de précisions.
Cette annonce a été faite à l'issue d'une réunion vendredi entre le chef de l'Etat congolais et les représentants des principales confessions religieuses de la RDC, notamment de diverses Églises chrétiennes et de la Communauté musulmane.
"La RDC, a besoin de communion entre les filles et fils du Congo ; l’unité, la communion pour être solides, fort, comme vous le savez tous que notre pays souffre d’une agression qui vient essentiellement de l’Est du Rwanda" a rappelé le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et membre de la délégation, dans une déclaration diffusée à la télévision nationale vendredi.
Déclaration du cardinal Fridolin Ambongo, accompagné des chefs religieux de la RD Congo, à l'issue de leur rencontre avec le président Félix Tshisekedi, 17 juillet 2026 à Kinshasa.
"Le fait que le cardinal ait parlé de l’agression rwandaise sans ambiguïté donne déjà le ton de la démarche du Président de la République, le rempart contre la balkanisation" a renchéri le ministre de la Communication Patrick Muyaya lors d'une conférence de presse le même jour.
Les conditions de ce dialogue se "préciseront chemin faisant", a déclaré ll'archevêque de Kinshasa. Il a remercié "les présidents Congolais Denis Sassou N’Guesso, et le Burundais Evariste Ndayishimiye pour leur implication à travers des échanges qu’ils avaient engagés avec leur homologue, à Bujumbura puis à Brazzaville."
Il faut reconnaitre avec Actualité.cd que les efforts diplomatiques au niveau international piétinent."Les accords de Washington, conclus sous l’égide des États-Unis d’Amérique pour tenter de rapprocher Kinshasa et Kigali, ainsi que le processus de Doha, conduit sous la médiation du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, n’ont pas encore permis d’améliorer significativement la situation sur le terrain. [...] Les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violer les engagements pris dans le cadre des processus de paix".
De nombreux points restent à préciser, souligne Actualité.cd à propos de ce dialogue annoncé, "notamment sa date, son format, ses participants, son ordre du jour et les garanties offertes aux différentes parties".
Kinshasa s'est longtemps opposée à la tenue d'un dialogue national incluant certains représentants de l'opposition qu'elle accuse de complicité avec le M23.
Le média congolais en ligne rappelle que "les positions politiques restent divergentes. Une partie de l’opposition réclame notamment la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites qu’elle juge politiques, le rétablissement des libertés publiques et l’abandon de tout projet de modification de la Constitution avant l’ouverture de discussions."
Les représentants de l'opposition politique n'ont pas encore réagi à ce stade.
Ils ont réitéré début juillet leur appel à une "marche pacifique" dans la capitale le 22 juillet pour s'opposer à un changement de la Constitution.
Un rassemblement de l'opposition à Kinshasa a été réprimé le 12 juin. Plusieurs opposants ont été blessés lors d'affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police. Les Nations unies ont condamné la mort d'"au moins un manifestant".
[Source : TV5Monde]