Le cinquantenaire de la révolution du Gulan

Michael EJ Phillips

Mai 26, 2026 - 14:05
Le cinquantenaire de la révolution du Gulan
Masoud Barzani, Idris Barzani et un groupe de peshmergas à l'époque de la révolution de Gulan - Gulan Media.

La révolution de Gulan, ou de mai, de 1976 a été lancée par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) contre le gouvernement baasiste irakien et s’est poursuivie jusqu’au soulèvement du printemps 1991. C’est aujourd’hui son cinquantième anniversaire.

Le mouvement associé à la révolution de Gulan a vu le jour un peu plus d’un an après l’accord d’Alger du 6 mars 1975 entre l’Iran et le régime baasiste irakien, qui avait entraîné l’effondrement de la Grande Révolution de septembre (Eylul) et une pause temporaire dans la résistance armée kurde. Le soulèvement de Gulan de 1976 a marqué une restructuration urgente des organisations politiques et militaires kurdes. Le passage de l’ère d’Eylul à l’ère de Gulan est largement considéré comme le tournant qui a empêché la répression définitive des aspirations nationales kurdes. En relançant la lutte dans des circonstances extrêmement difficiles, le mouvement a signalé tant aux puissances régionales qu’à la communauté internationale que la cause kurde restait bien vivante.

À la mi-novembre 1975, une réunion clandestine à Karaj avait décidé de mettre en place une direction provisoire pour le PDK. Cette décision découlait des inquiétudes au sein du Comité central du PDK quant aux conséquences qu’un échec aurait pour la révolution du Kurdistan et son peuple. Ces inquiétudes ont été exacerbées par le déplacement de la population qui s’en est suivi et par la perturbation des structures internes du Parti démocratique du Kurdistan, qui avaient été pratiquement démantelées.

La résistance armée contre le régime irakien reprit en mai 1976. Lors des affrontements qui s’ensuivirent, un nombre considérable de membres des forces du régime furent tués. En représailles, le régime déploya son armée de l’air pour frapper les routes frontalières entre l’Irak et la Turquie. Après une évaluation approfondie de la situation par la direction du Parti, le 26 mai fut désigné comme date de la reprise du soulèvement armé. À 4 heures du matin, le premier affrontement armé avec l’armée du régime baasiste irakien a donc commencé.

L’année dernière, le président Nechirvan Barzani a déclaré à l’occasion du 49e anniversaire : « C’est avec respect et fierté que nous rendons hommage aux martyrs immortels et à tous les héros courageux qui ont donné leur vie et versé leur sang pour la cause de la liberté lors de ce grand soulèvement.

Dans le prolongement de la révolution historique de septembre menée par l’immortel Barzani, la révolution de Gulan s’est imposée comme un symbole profond et durable de la volonté d’un peuple qui refusait de se soumettre à l’injustice ou à l’occupation. Au cours de cette révolution, le peuple du Kurdistan a réaffirmé sa détermination à consentir tous les sacrifices pour la protection de son identité et de sa liberté. »

L’héritage de 1976 et de la Révolution de Gulan continue de façonner le paysage politique contemporain de la région du Kurdistan et rappelle la nécessité de l’unité face à l’adversité, tout en œuvrant ensemble dans un esprit de dialogue et de coexistence pacifique. Alors que la région du Kurdistan irakien est confrontée à des défis modernes, le récit historique de la révolution de Gulan est invoqué comme un modèle de persévérance, démontrant que les acquis institutionnels sont mieux préservés grâce à la même résilience et à la même clarté d’intention qui ont caractérisé le soulèvement de 1976.

Pour ne pas oublier.