France-Côte d’Ivoire : défaits, les Bleus brutalement rappelés à l’ordre avant la Coupe du monde 2026

Les coéquipiers de Kylian Mbappé, considérés comme des favoris pour le Mondial nord-américain, du 11 juin au 19 juillet, se sont inclinés face aux Eléphants, jeudi soir, à Nantes. Une défaite en forme de « piqûre de rappel », selon Didier Deschamps.

Juin 7, 2026 - 09:17
France-Côte d’Ivoire : défaits, les Bleus brutalement rappelés à l’ordre avant la Coupe du monde 2026
Rayan Cherki, milieu offensif de l’équipe de France de football, lors de la défaite des Bleus face à la Côte d’Ivoire, en match préparatoire pour la Coupe du monde, à Nantes, le 4 juin 2026. JEREMIAS GONZALEZ/AP

Ils étaient sur leur petit nuage. Impressionnants en mars au cours d’une tournée américaine conclue par deux victoires triomphales contre le Brésil (2-1) puis face à la Colombie (3-1), les joueurs de l’équipe de France s’avançaient de manière conquérante vers la Coupe du monde 2026 de football (coorganisée par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet). La confiance était à son apogée, au point que le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, s’agaçait de l’enthousiasme débordant autour de son groupe, considéré comme l’un des grands favoris pour la victoire finale lors du tournoi planétaire.

Mais un peu plus de deux mois plus tard, patatras. Les Tricolores se sont inclinés face à la Côte d’Ivoire (1-2), jeudi 4 juin, à Nantes, en amical, pour leur premier match de préparation au Mondial. Un brusque rappel à l’ordre, douze jours avant leur entrée en lice contre le Sénégal, le 16 juin, avant leurs deux autres rendez-vous du premier tour, contre l’Irak, le 22 juin, puis la Norvège, le 26 juin.

Un échec qui sonne comme un avertissement, alors que la France était invaincue depuis dix rencontres et n’avait plus perdu un match juste avant un tournoi majeur depuis seize ans. « La défaite est là, cela ne fait jamais plaisir. S’il y avait besoin d’une piqûre de rappel, on l’a eue », a déclaré Didier Deschamps, en conférence de presse, en reconnaissant que son équipe avait commis « des erreurs » et s’était montrée parfois « laborieuse ».

« Il ne faut pas qu’on se voit plus beaux qu’on est », a mis en garde le technicien basque, sans vouloir non plus dramatiser ce qu’il considère comme « une étape », avant le début de la vraie compétition. Même tonalité chez le milieu de terrain Aurélien Tchouaméni. « Il y a encore des choses à peaufiner pour être prêts le jour J. Il n’y a pas de conclusion hâtive à tirer. Le plus important est de continuer à travailler ensemble », a-t-il réagi au micro de TF1, en promettant que les Bleus seront « prêts » lors de la Coupe du monde.

Les Français avaient pourtant bien démarré la partie. En première mi-temps, ils se sont montrés dominateurs face aux Eléphants, en se créant plusieurs occasions franches par l’intermédiaire de leurs leaders d’attaque, Kylian Mbappé (6e) ou Michael Olise (23e). Puis ils ont logiquement été récompensés de leurs initiatives par un but de Rayan Cherki juste avant la pause (45e).

La défense pose question

Mais dans la seconde manche, le rapport de forces s’est totalement inversé. Les Ivoiriens ont repris le dessus et ont logiquement égalisé par Guéla Doué (53e) – le frère aîné de Désiré, récent vainqueur de la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain (PSG), laissé sur le banc français – avant qu’Amad Diallo donne la victoire aux siens en fin de match (84e).

Alors que Deschamps entendait profiter de ce match pour procéder à une large revue d’effectif, les cinq changements qu’il a effectués à la mi-temps, avec la sortie de plusieurs cadres comme Kylian Mbappé, Michael Olise ou Aurélien Tchouaméni, ont manifestement déstabilisé les vice-champions du monde.

Le secteur le plus inquiétant a concerné la défense, qui a montré de sérieuses lacunes, jeudi soir. En l’absence de l’habituel titulaire dans l’axe, William Saliba, ménagé en raison de douleurs au dos, le sélectionneur des Bleus avait aligné Ibrahima Konaté aux côtés de Dayot Upamecano, en charnière centrale. Souvent en difficulté, le désormais ex-joueur de Liverpool a dégagé une impression de fébrilité, en étant par exemple fautif sur le second but des Ivoiriens. Le latéral droit, Jules Koundé, a également été malmené par son adversaire direct, le virevoltant ailier de Leipzig, Yan Diomandé, intenable sur son aile gauche. « Il va falloir améliorer des trucs », a avoué le défenseur parisien Lucas Hernandez, qui est entré en jeu, tout comme ses collègues du PSG, Warren Zaïre-Emery et Bradley Barcola, mais pas le Ballon d’or, Ousmane Dembélé, ni Désiré Doué.

Rayan Cherki, remuant et inspiré

L’un des seuls motifs de satisfaction, côté tricolore, concerne Rayan Cherki. Remuant et inspiré, le meneur de jeu de Manchester City a marqué des points jeudi soir, en étant à l’origine de la plupart des actions de son équipe. Roulettes, crochets, jongle en pleine surface… Grâce à sa technique largement au-dessus de la moyenne, l’ex-Lyonnais a régalé les plus de 33 000 spectateurs de quelques gestes de classe, dont il a le secret. Parti pour être théoriquement remplaçant lors du Mondial, Cherki, buteur, a montré qu’il postulait à une place dans le onze de départ. « Il a beaucoup de qualités », a salué Deschamps, en se réjouissant de la « complémentarité » qu’il avait pu avoir avec Olise.

L’autre point positif reste l’ambiance agréable dans laquelle s’est déroulée la rencontre. Alors que les supporteurs ivoiriens s’étaient déplacés en nombre, le stade de la Beaujoire a rendu un hommage appuyé à Didier Deschamps. Le sélectionneur, qui quittera son poste à l’issue du Mondial après quatorze ans à la tête des Bleus, a un attachement particulier à Nantes, un club où il avait fait ses débuts en tant que joueur professionnel, de 1985 à 1989. A la 8e minute de la rencontre, un immense tifo a été déployé dans la tribune Loire, représentant « DD » en train de soulever la Coupe du monde en tant que joueur (en 1998) puis en tant que sélectionneur (2018). A côté figuraient une banderole « Merci Didier » et une autre, sur un ton plus humoristique, reprenant l’une de ses expressions favorites : « Autant sur le plan technique que tactique… »

Cela a adouci une soirée, lors de laquelle Kylian Mbappé a été peu en vue. Le capitaine des Bleus a manqué une occasion de devenir le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France – une seule unité le sépare du record détenu par Olivier Giroud (57 buts). L’avant-centre du Real Madrid, qui nourrit de grands espoirs pour le Mondial, aura l’occasion de se rattraper lors du deuxième match de préparation, contre l’Irlande du Nord, lundi 8 juin à Lille. Après l’alerte de la Côte d’Ivoire, les Tricolores n’auront cette fois pas le choix : ils devront s’imposer, et si possible, avec la manière. Le seul moyen de chasser les doutes et de se rassurer, avant de s’envoler pour les Etats-Unis, deux jours plus tard.

[Source : Le Monde]