France-Maroc : grâce à leur attaque de feu, les Bleus qualifiés pour le dernier carré de la Coupe du monde

Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont largement dominé les Lions de l’Atlas (2-0), en confirmant leur potentiel offensif. Ils ont obtenu leur billet pour les demi-finales du Mondial, qu’ils joueront le 14 juillet, à Dallas, face à l’Espagne ou à la Belgique.

Juil 10, 2026 - 10:21
France-Maroc : grâce à leur attaque de feu, les Bleus qualifiés pour le dernier carré de la Coupe du monde
Achraf Hakimi et Kylian Mbappé, lors du quart de finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant la France au Maroc, au Boston Stadium de Foxborough (Massachusetts), le 9 juillet 2026. ODD ANDERSEN/AFP

Elle s’attendait à souffrir, en faisant face à un premier obstacle de taille. L’équipe de France n’a finalement pas tremblé, en s’imposant facilement face au Maroc (2-0), jeudi 9 juillet, à Foxborough, près de Boston (Massachusetts), en quarts de finale de la Coupe du monde. Après une qualification arrachée dans la douleur face à de rugueux Paraguayens lors du tour précédent (1-0), les Tricolores ont dominé leurs adversaires dans tous les secteurs de jeu. Tout au long de la partie, ils se sont montrés largement supérieurs à des Lions de l’Atlas inoffensifs, qui n’ont jamais vraiment existé.

Six victoires en six rencontres : le bilan est parfait pour les finalistes de la dernière édition, plus que jamais en quête d’une troisième étoile. Pour la troisième fois d’affilée sous le règne du sélectionneur Didier Deschamps, les Bleus atteignent le dernier carré du Mondial. Cela dit beaucoup de leur constance au plus haut niveau.

Solides en défense et au milieu, ils ont encore réussi à faire la différence grâce à leur attaque de feu. Avec 16 buts inscrits, la France est la sélection la plus efficace du tournoi planétaire, devant l’Argentine (14). Ousmane Dembélé a signé un triplé face à la Norvège (4-1), Michael Olise était insaisissable contre la Suède (3-0), Désiré Doué a réussi à changer le cours de la rencontre face au Paraguay (1-0)… Sa ligne offensive regorge de tellement de talents, qu’à chaque rencontre l’un d’eux sort du lot. « Quand on a le ballon, on crée des problèmes. Le danger peut venir de partout », s’est félicité Didier Deschamps, en conférence de presse.

Une chose, en revanche, ne change jamais : la régularité de Kylian Mbappé, dont l’efficacité est prodigieuse lors de cette Coupe du monde. Alors qu’il a manqué un penalty en première période, laissant penser qu’il pourrait être dans un jour sans, l’insubmersible buteur est tout de même parvenu à trouver le chemin des filets, tout seul ou presque, à l’heure de jeu, grâce à une puissante frappe enroulée, d’une précision chirurgicale. L’avant-centre du Real Madrid, auteur de huit buts en six rencontres, a encore débloqué la situation pour les Bleus. La statistique illustre son rôle crucial dans la réussite de son équipe : en l’espace de six rencontres, Mbappé a ouvert le score… à cinq reprises.

Des joueurs « redoutables »

Dans la foulée, c’est Ousmane Dembélé qui a doublé la mise pour briser définitivement les rêves du Maroc (66e). Le Ballon d’or en est, lui, à cinq buts inscrits au total lors de ce Mondial. Tout sauf un hasard, tant la France dispose d’une attaque d’une extrême richesse. Jeudi, elle a réussi à marquer deux buts, alors même que son chef d’orchestre, Michael Olise, a été moins en vue que d’habitude. « La France a des joueurs redoutables devant, qui, en plus, courent », a jugé, avec un brin d’admiration, le sélectionneur Mohamed Ouahbi, en soulignant que les Bleus dégageaient une grande « sérénité ».

Ousmane Dembelé inscrit le deuxième but français contre le Maroc, au Boston Stadium de Foxborough (Massachusetts), le 9 juillet 2026.

Avec un tel potentiel offensif, l’équipe de France inspire de la crainte à ses adversaires et les oblige à déjouer, comme en atteste la stratégie très prudente mise en place par les Marocains. Alors qu’elle dispose de joueurs techniques, capables d’aller vers l’avant et de se procurer des occasions, la meilleure sélection africaine a évolué dans un bloc bas minimaliste, regroupée devant son gardien, afin de se protéger à tout prix des banderilles tricolores. Un choix par défaut pour s’adapter à la formation considérée comme la plus séduisante de cette Coupe du monde. « Peut-être que de voir notre équipe, ce que l’on est capable de faire, cela a pu conditionner l’adversaire et le pousser à s’adapter à nous », a observé Didier Deschamps.

Avec une équipe autant tournée vers l’avant, le technicien basque s’est surtout félicité de la prestation de sa défense et de son milieu de terrain, qui ont fait le nécessaire « pour garder un équilibre ». « On a concédé vraiment très peu d’occasions », a-t-il souligné, satisfait que son groupe n’ait pas encaissé le moindre but pour la troisième fois d’affilée. Considérée comme le principal point faible des Français avant le tournoi, l’arrière-garde s’est montrée hermétique, avec une excellente prestation, notamment, du latéral gauche Lucas Digne, concentré pour limiter l’influence du piston droit marocain Achraf Hakimi. L’autre grand homme de la soirée, du côté français, reste Manu Koné, qui a rayonné dans l’entrejeu aux côtés d’Adrien Rabiot, en récupérant de nombreux ballons. « C’est la confirmation de ce que l’on avait fait jusqu’à maintenant », a noté le sélectionneur, en se félicitant de la capacité de ses protégés à « aller chercher les adversaires, les asphyxier ».

Déterminés à remporter un troisième titre suprême

On pensait toutefois qu’un nuage viendrait assombrir ce ciel tout bleu avec la sortie prématurée de Mbappé à près d’un quart d’heure du coup de sifflet final, qui a pu procurer quelques frayeurs aux supporteurs français. Mais le capitaine des Bleus s’est montré rassurant, en expliquant qu’il allait « bien » et avait seulement voulu ne pas prendre de risques, après un « coup à la cheville » droite.

Au prochain tour, en demi-finale, l’équipe de France se rendra à Dallas, mardi 14 juillet, où elle affrontera le vainqueur du duel entre l’Espagne et la Belgique, qui a lieu vendredi. Une opposition face à la Roja serait une occasion, pour les Tricolores, de prendre leur revanche après deux défaites d’affilée face aux coéquipiers de Lamine Yamal : en demi-finales de l’Euro 2024 (2-1) et, plus récemment, en demi-finales de la Ligue des nations (5-4). A l’inverse, en cas de rencontre face à la Belgique, les joueurs du sélectionneur français Rudi Garcia auraient à cœur de l’emporter, après deux échecs marquants face aux coéquipiers de Kylian Mbappé : en demi-finales du Mondial 2018 (1-0), puis lors de l’Euro 2024, « en huitièmes » (1-0). « On n’a pas de préférence, a assuré Ousmane Dembélé. La Belgique ou l’Espagne, ce sont des équipes redoutables. »

Le sélectionneur français, Didier Deschamps, après la victoire contre le Maroc, au Boston Stadium de Foxborough (Massachusetts), le 9 juillet 2026.

En attendant, avec ce nouveau succès face au Maroc, les Bleus se rapprochent un peu plus de leur objectif ultime : la finale du 19 juillet, à New York. « Il ne faut pas se voir arriver tout en haut, il y a encore une étape qui sera forcément difficile », a mis en garde Deschamps, afin de ne pas tomber dans l’euphorie. Mais la prudence n’empêche pas l’ambition. « On est en mission par rapport à ce maillot et pour tous les Français, qui ont envie de nous voir gagner », a-t-il tout de même lâché, à la fin de sa conférence de presse. Plus question de se cacher. Après avoir été couronnés en 2018 et avoir atteint la finale en 2022, les Bleus sont déterminés à remporter un troisième titre suprême.

[Source: Le Monde]