La Syrie pointe la responsabilité des forces kurdes après l'"évasion" de proches du groupe État islamique du camp d'Al-Hol
Damas pointe du doigt la responsabilité des forces kurdes quant à "l'évasion collective" de familles de djihadistes du camp d'Al-Hol, au nord-est de la Syrie. Jusqu'en janvier, il était placé sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS). Mais, à la suite d'un "accord global" conclu avec le pouvoir central, elles se sont retirées.
C'est une accusation qui fait bondir les Forces démocratiques syriennes (FDS). Lors d'une conférence de presse, organisée ce mercredi 25 février, le ministère de l'intérieur syrien a accusé les FDS d'être responsable de "l''évasion collective, en raison de l'ouverture du camp [d'Al-Hol, ndlr] de façon aléatoire" des proches des membres du groupe État islamique.
Le camp de réfugiés d’Al-Hol, situé dans le nord-est de la Syrie, est un mini califat où vivaient 6.300 femmes et enfants de membres du groupe État islamique. Ce camp était contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes. Depuis la révolution syrienne de 2011, ces forces administraient de manière autonome plusieurs zones du nord du pays et combattaient activement l’organisation jihadiste jusqu’à sa défaite territoriale en 2019.
Mais depuis l’arrivée au pouvoir de l’ancien membre d’Al-Qaïda, Ahmed al-Charaa, en décembre 2024, l’armée syrienne a lancé plusieurs offensives pour reprendre le contrôle des zones kurdes autonomes. En janvier, à l’issue de plusieurs jours de combats entre les forces kurdes et l’armée syrienne, un "accord global" a finalement été signé, permettant à Damas d'administrer ces territoires kurdes, dont le camp d’Al-Hol.
Les Forces démocratiques syriennes rejettent la responsabilité
Le ministre de l’Intérieur syrien a affirmé, mercredi 25 février, que les Forces démocratiques syriennes (FDS) s’étaient retirées "de manière soudaine, sans coordination et sans en informer au préalable". La chaîne d’information qatarienne, Al Jazeera, et le média indépendant syrien Levant24, rapportent que le ministre a évoqué une "situation de chaos" consécutive au retrait kurde, précisant que "plus de 138 brèches" avaient été constatées dans l’enceinte du camp, longue de 17 kilomètres, facilitant des évasions "par le biais de réseaux organisés".
Les FDS ont publié un communiqué le soir même, affirmant que leur retrait d’Al-Hol "était le résultat direct de l’attaque militaire (…) visant le camp et ses environs par des forces affiliées à Damas". Elles évoquent l’existence d’images de caméras de surveillance montrant des soldats syriens pénétrer dans le camp et libérer des familles de membres du groupe État islamique. "La libération et la sortie clandestine de familles de l’EI ont eu lieu après l’entrée de ces factions dans le camp et avec leur participation directe", accusent-elles.
Ahmed Al-Charaa engagé dans la lutte antiterroriste
Malgré sa défaite territoriale en 2019, le groupe État islamique demeure actif dans en Syrie. "La menace posée par Daech, multipolaire et de plus en plus complexe, s’est accrue", a déclaré Alexandre Zouev, responsable par intérim du Bureau de l’ONU pour la lutte contre le terrorisme, lors du dernier Conseil de sécurité de l’ONU, ce 4 février.
En novembre 2025, la Syrie est officiellement devenue le 90ᵉ membre de la Coalition internationale contre l’État islamique. À l’occasion de son premier déplacement à la Maison-Blanche, le président syrien Ahmed al-Charaa s’est engagé à lutter contre les groupes terroristes. Cet engagement a entraîné le retrait des soldats américains de plusieurs bases en Syrie, un processus qui devrait se poursuivre pendant encore un mois.
[Source: TV5Monde]