Les frappes continuent dans les pays du Golfe, Israël veut “éradiquer le régime” en Iran

Les pays du Golfe ont été secoués samedi 7 mars par de nouvelles attaques de missiles et de drones, tuant un migrant asiatique dans la ville émiratie de Dubaï, alors que l'Iran a dit poursuivre ses frappes chez ses voisins.

Mar 8, 2026 - 10:55

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a déclaré samedi que l'Iran poursuivrait ses frappes contre des sites dans des pays voisins utilisés dans "l'agression", invoquant des "preuves" que certains Etats de la région s'étaient "mis à la disposition de l'ennemi".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a affirmé qu'Israël a "le contrôle quasi total de l'espace aérien au-dessus de Téhéran, grâce à nos pilotes audacieux et les pilotes américains", et qu’il continuera à frapper l’Iran avec “toute” sa “force” pour y “éradiquer le régime”, suivant un “plan méthodique”, dans une courte allocution diffusée à la télévision.

Le responsable de la sécurité de Téhéran a déclaré de son côté que les États-Unis et Israël cherchaient la "désintégration" du pays.

Un mort à Dubaï

Outre les Emirats arabes unis, pays le plus visé par la campagne de représailles iranienne depuis le 28 février, des attaques ont été rapportées au Qatar, au Koweït, en Arabie saoudite, et à Bahreïn.

A Dubaï, le centre financier et touristique des Emirats, les débris d'un projectile intercepté sont "tombés sur un véhicule dans le secteur d'Al-Barsha", provoquant la mort d'un conducteur pakistanais, ont indiqué les autorités.

D'autres débris ont endommagé la façade d'une tour dans le quartier très touristique de la Marina, sans faire de victimes, selon les autorités. Un témoin a dit avoir vu de la fumée se dégager de la tour, après que des journalistes de l'AFP ont entendu de fortes détonations.

Le ministère émirati de la Défense a fait état d'attaques de missiles et de drones venant d'Iran à deux reprises après avoir dit plus tôt dans la journée avoir été visé par 16 missiles balistiques et 121 drones.

Le matin, une interception près de l'aéroport de Dubaï, l'un des plus fréquenté au monde en temps normal, a entraîné une brève suspension des opérations, avant une reprise partielle des vols.  

Dubaï en "situation de guerre"

Le président émirati, Cheikh Mohamed ben Zayed, a reconnu samedi que le pays était dans une "situation de guerre" mais qu'il en sortira "plus fort", dans une rare intervention télévisée sur la chaîne Abou Dhabi TV.

A Manama, la capitale bahreïnie, une attaque a provoqué un incendie et des dégâts matériels "dans une maison et plusieurs immeubles avoisinants", a indiqué le ministère de l'Intérieur. 

Au Qatar voisin, à Doha, où de fortes explosions ont également été entendues, les autorités ont dit avoir intercepté deux attaques de missiles, tandis que le Bahreïn a fait état de huit missiles et cinq drones.

Le Koweït a affirmé avoir abattu un drone.

Le ministère saoudien de la Défense a, lui, annoncé qu'un missile balistique visant la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, est tombé "dans une zone inhabitée"

Il avait affirmé plus tôt avoir détruit trois missiles balistiques se dirigeant vers la base, ainsi que 17 drones sur le gisement de pétrole de Shaybah (sud-est).

La Jordanie a accusé l'Iran d'avoir directement visé des installations stratégiques dans le royaume, en tirant 119 missiles et drones depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février ayant déclenché une guerre régionale. 

Baisse de production pétrolière au Koweït

Certaines attaques ayant ciblé les pays du Golfe depuis le début du conflit ont visé des infrastructures civiles, tandis que l'Iran affirme ne viser que des intérêts ou bases américains. 

Dans ce contexte, la compagnie pétrolière nationale du Koweït a annoncé avoir baissé sa production, en invoquant les attaques iraniennes contre le pays et les menaces "contre la sécurité du passage des navires dans le détroit d'Ormuz", point de passage clé pour les hydrocarbures du Golfe.

"La Koweit Petroleum Company (KPC) a mis en place une réduction préventive de la production de pétrole brut et du débit de raffinage", a dit la société dans un communiqué, en soulignant que cette mesure sera "réévaluée en fonction de l'évolution de la situation".

[Source: TV5Monde]