Que voir au théâtre, en famille et à Paris, pendant les vacances de Pâques ?

Un « Petit Prince » sans fausse note, une Belle et une Bête fans de K-pop, un « Ogrelet » amateur de chair fraîche, deux conteurs musiciens, « Kiboko » la poupée japonaise devenue aventureuse marionnette… Cinq spectacles à savourer avec des enfants.

Avr 20, 2026 - 13:36
Que voir au théâtre, en famille et à Paris, pendant les vacances de Pâques ?
Image - Le Monde.

Voici une sélection de spectacles où les thèmes de la différence, de l’amitié, de la rencontre, de l’aventure sont servis avec poésie, humour et musique. L’enthousiasme des jeunes spectateurs (parfois dès 1 an) sera communicatif, on vous le garantit.

THÉÂTRE

A l’Essaïon, « L’Ogrelet », un récit d’apprentissage initiatique

En 1997, la dramaturge québécoise Suzanne Lebeau imaginait l’histoire d’un enfant de 6 ans pas tout à fait comme les autres. Simon vit reclus avec sa mère, au beau milieu de la forêt, à l’écart du village. Mais le jour où il fait sa rentrée à l’école, il découvre sa différence : il est le fils d’un ogre, dont il a hérité le goût pour la chair fraîche et le sang. Il va devoir affronter trois épreuves pour parvenir à se débarrasser de cette envie irrépressible de dévorer ses copains de classe. On est ici clairement dans un univers inspiré des contes traditionnels, entre Hansel et Gretel et Le Petit Poucet. Dans l’adaptation proposée au Théâtre Essaïon, l’écriture à la fois poétique et réaliste de Suzanne Lebeau est mise en valeur par la mise en scène de Christophe Laparra et par l’interprétation des deux comédiens, Christophe Laparra lui-même et Patricia Varnay. Un récit d’émancipation qui permet aux plus jeunes de se confronter à leurs peurs et à la question de la différence.

« L’Ogrelet », de Suzanne Lebeau. Mise en scène : Christophe Laparra. Avec Christophe Laparra et Patricia Varnay. Théâtre Essaïon, Paris 4e. Jusqu’au 3 juin, samedi et dimanche à 14 h 15, et, du 7 au 30 avril, mardi à 14 h 15 et jeudi à 10 h 30. Représentations supplémentaires le mercredi 22 avril à 14 h 15. D’autres dates après les vacances. Durée : 1 heure. Tarifs : adultes 16,50 € ; enfants 12,95 €.

A La Folie Théâtre, « Le Petit Prince », une histoire intemporelle

Le Petit Prince (1943) n’en est pas à sa première adaptation au théâtre, loin de là. Comment sortir du lot alors que tant de versions de ce classique de la littérature ont été proposées sur les planches ? La metteuse en scène Mélissandre Archimbaud, directrice artistique de la compagnie Théâtre des étincelles, créée en 2024, a fait le pari de mettre l’accent sur les échos contemporains de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944). La mise en scène explore des thèmes intemporels présents dans le roman, comme la solitude, l’amitié, la responsabilité, la transmission entre générations. Elle a recours à des techniques dramaturgiques telles que le théâtre d’ombres, qui permet de souligner la dimension onirique de ce récit initiatique. Elle repose également sur une partition musicale composée en direct. Un voyage à travers les planètes sur les traces du Petit Prince à partager en famille, ne serait-ce que pour le plaisir de (ré)entendre les célèbres répliques comme « Dessine-moi un mouton » ou « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

« Le Petit Prince », d’Antoine de Saint-Exupéry, par la compagnie Théâtre des étincelles. Mise en scène : Mélissandre Archimbaud. Avec Matthieu Gabanelle, Johann Poels, Antoine Vaillant. A La Folie Théâtre, Paris 11e. Jusqu’au 10 mai, mercredi, samedi et dimanche à 14 h 30. Du 20 avril au 3 mai, tous les jours à 14 h 30. Pour les 5 à 12 ans. Durée : 55 minutes. Tarifs : adultes 16 € ; enfants 12 €.

SPECTACLES MUSICAUX

Au Grand Point Virgule, « La Belle et la Bête », un conte modernisé

Dans la série des textes maintes fois adaptés au théâtre et au cinéma figure en bonne place La Belle et la Bête, récit venu de la tradition orale, retranscrit une première fois dès 1740 par la romancière Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve, puis remanié et abrégé en 1756 par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans son livre Le Magasin des enfants. Yanis Azaiez et Marie Rioux en proposent une version résolument moderne et décalée afin de toucher un large public, dès 4 ans. Ils en signent la mise en scène et interprètent (en alternance avec d’autres comédiens) les rôles de Jason et de Mel (la Belle). Les deux metteurs en scène ont misé sur la comédie musicale avec des numéros chantés et dansés ainsi que sur l’humour pour moderniser l’histoire. L’héroïne Mel n’est plus une jeune fille naïve qui se laisse porter par les événements, bien au contraire, c’est une jeune femme indépendante, fan de mangas et de K-pop (une passion qu’elle partage avec la Bête). Ses relations avec la Bête ne sont plus placées sous le signe de la soumission mais plutôt sous celui d’une complicité inattendue. Moderne et rafraîchissant.

« La Belle et la Bête », adapté et mis en scène par Yanis Azaiez et Marie Rioux. Avec Gabriel Givernaud, Cyrine Arrar, Adrien Tuffreau, Arthur Guionnet (en alternance Clément Barberteguy, Pascal Buil, Marie Rioux, Yanis Azaiez). Le Grand Point Virgule, Paris 15e. Jusqu’au 28 juin, samedi et dimanche à 15 heures, pendant les vacances scolaires, du mardi au dimanche à 15 heures. Durée : 1 h 15. Tarifs : adultes de 20 à 31 € ; enfants 12 €.

Au Funambule Montmartre, « Il était deux voix », un tour du monde poétique

Avec Il était deux voix, la compagnie La Tanière propose un nouveau concept de théâtre musical pour les plus jeunes (à partir de 4 ans). Sur scène : deux comédiens et musiciens, Ugo Bard et Rémi Poureyron, avec leurs guitares, et un gros dé pour permettre aux spectateurs de tirer au hasard un récit parmi les douze contes disponibles au répertoire du duo d’interprètes. C’est le public lui-même qui choisit le déroulé de sa propre représentation avec quatre histoires. Elles sont toutes issues de la tradition orale, comme des extraits des Mille et Une Nuits, des contes d’Andersen, des récits mythologiques, et couvrent ainsi un vaste registre, du burlesque au féerique, en passant par le drame ou la comédie. L’accompagnement musical original est composé en direct par les deux artistes qui jouent principalement de la guitare et aussi de quelques autres instruments. Une invitation au voyage pour petits et grands dans laquelle se mêlent humour, émotion et poésie.

« Il était deux voix », par la compagnie La Tanière. Mise en scène : Lucas Bottini. Avec Ugo Bard et Rémi Poureyron. Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris 18e. Du 21 avril au 14 juin. Pendant les vacances scolaires, tous les jours (sauf le lundi) à 14 heures, samedi à 15 heures. Durée : 55 minutes. Tarifs : adultes 16 €, enfants 12 €.

MARIONNETTES

Au Théâtre Paris-Villette, « Kiboko », un haïku marionnettique

Conçu pour les plus jeunes, dès 1 an, Kiboko s’inspire du haïku, forme poétique d’origine japonaise extrêmement brève et codifiée. L’histoire est toute simple : Kiboko, une kokeshi, petite poupée japonaise en bois très colorée, qui vit avec sa maman et son chien, décide, un jour, de prendre le train pour Kyoto. Mais leur trajet se transforme en une aventure onirique avec, au programme, danse d’ombrelles, pluie de fleurs de cerisier, carpes géantes volantes ou encore skateboard magique. Cette succession de tableaux, construits comme autant de cartes postales sonores et visuelles, est rythmée par la composition musicale japonisante de Jacques Ballue, inspirée par Debussy et interprétée avec des instruments traditionnels japonais comme le koto. Sélectionnée en 2023 dans le « in » du Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières, Kiboko est une création du Friiix Club, association artistique qui se consacre à la création théâtrale et aux formes animées, fondée en 2014 à Bordeaux par le metteur en scène et marionnettiste Frédéric Feliciano. C’est lui qui a, d’ailleurs, découvert, lors d’une résidence d’écriture près de Kyoto, ce symbole majeur de l’artisanat nippon que sont les kokeshi, et qui a eu l’idée d’en faire l’élément central de cette pièce de théâtre d’objets.

« Kiboko », par Le Friiix Club. Théâtre Paris-Villette, Paris 19e. Sept représentations du 21 avril au 3 mai, à 10 h 30 ou 11 heures selon les jours. Durée : 25 minutes. Tarifs : de 9 à 14 €