Au Pérou, l’ex-président Ollanta Humala est sorti de prison après l’annulation de sa condamnation pour blanchiment d’argent

A la tête du pays de 2011 à 2016, l’ancien chef d’Etat de 64 ans était l’un des quatre ex-présidents péruviens mis en cause dans le scandale de corruption Odebrecht, qui a éclaboussé une grande partie de l’Amérique latine.

Août 1, 2026 - 09:55
Au Pérou, l’ex-président Ollanta Humala est sorti de prison après l’annulation de sa condamnation pour blanchiment d’argent
L’ancien président péruvien Ollanta Humala à sa sortie de prison, à Lima, le 31 juillet 2026. RENATO PAJUELO/AFP

Il est sorti sous la protection des policiers, salué par des sympathisants. L’ex-président péruvien Ollanta Humala a été libéré, vendredi 31 juillet au soir, d’une prison de Lima, après que la justice a annulé sa condamnation à quinze ans de prison pour blanchiment d’argent, en raison de fonds reçus du groupe de BTP Odebrecht, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). L’ancien militaire de 64 ans a quitté la prison à bord d’un véhicule vers 19 h 40, heure locale (2 h 40 à Paris).

Le tribunal constitutionnel du Pérou avait annoncé, jeudi, l’annulation de sa condamnation, en déclarant « la nullité de toute la procédure pénale engagée contre Ollanta Moisés Humala Tasso ». « Nous avons été victimes d’une persécution politique et judiciaire (…). J’ai été enlevé par l’Etat », a-t-il affirmé l’ex-président, qui a dirigé le pays de 2011 à 2016, à sa sortie de prison.

Scandale de corruption

M. Humala avait été condamné, en avril 2025, à quinze ans de prison ferme pour blanchiment d’argent, dans le cadre du scandale de corruption lié au géant brésilien du bâtiment Odebrecht. Son épouse, Nadine Heredia, avait été condamnée à la même peine, mais s’était enfuie au Brésil.

Le couple Humala avait également été reconnu coupable d’avoir détourné, au cours de la campagne électorale de 2006, près de 200 000 dollars (environ 173 000 euros) envoyés par le président vénézuélien de l’époque, Hugo Chavez, par l’intermédiaire d’une société de ce pays.

« C’est avec une réelle satisfaction que nous avons reçu un arrêt qui a déclaré le recours en habeas corpus fondé et, par conséquent, a prononcé la nullité de toute la procédure », s’est réjoui Wilfredo Pedraza, avocat de l’ancien président.

Ollanta Humala avait été le deuxième ancien président péruvien condamné sur un total de quatre impliqués dans le scandale Odebrecht, affaire tentaculaire qui a conduit sous les verrous des dizaines de dirigeants politiques et chefs d’entreprise d’Amérique latine.

La multinationale brésilienne a distribué pendant plus d’une décennie un total de 788 millions de dollars dans une dizaine de pays latino-américains, pour remporter des contrats de marchés publics, selon le ministère de la justice américain.

[Source : Le Monde]