Algérie: qui est Khalida Boufedech, première femme présidente de l'Assemblée populaire nationale?

Khalida Boufedech devient la première femme présidente de l'Assemblée populaire nationale en Algérie, la chambre basse du parlement algérien. La députée d'Alger est dorénavant le quatrième personnage de l'État algérien.

Juil 30, 2026 - 09:56
Algérie: qui est Khalida Boufedech, première femme présidente de l'Assemblée populaire nationale?
Khalida Boufedech, première femme présidente de l'Assemblée nationale populaire d'Algérie, lors de son discours d'intronisation, le 28 juillet 2026 à Alger. AP Photo/Fateh Guidoum

Khalida  Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du président Abdelmadjid Tebboune. La candidate était soutenue par plusieurs autres formations proches du pouvoir.

Khalida Boufedech a récolté, à l’issue du vote, 302 voix, devançant ses deux rivaux: Amine Allouche du Parti de la mouvance islamique (57 voix) et Rachid Hassani du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) (7 voix).

Un long parcours de militante 

Khalida Boufedech, née le 27 mai 1982, est diplômée en médecine générale de l’Université d’Alger depuis 2008. Elle obtient ensuite, en 2019, un diplôme d’études spécialisées en allergologie et immunologie clinique. Toute sa carrière professionnelle s'est déroulée au sein de l'hôpital public, notamment au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Beni Messous, sur les hauteurs de la capitale algérienne. Khalida Boufedech exercera ensuite, à partir de 2023, des responsabilités administratives au sein de la direction de la santé publique de la wilaya d'Alger.

"La représentante de tous les députés"

Khalida Boufedech a un long parcours de militante au sein du FLN. Avant d'être élue députée le 2 juillet dernier, la médecin a exercé deux mandats locaux au sein de l'Assemblée populaire communale (APC) de Bordj El Bahri dans l'est d'Alger, de 2012 à 2017. En 2021, elle est élue députée de l'Assemblée populaire de la wilaya d'Alger. C'est la première fois qu'elle obtient un siège au parlement national algérien. À cette époque, elle est pratiquement inconnue du grand public algérien. 

La nouvelle présidente de l'Assemblée nationale populaire a tenu à affirmer qu'elle sera "la représentante de toutes les députés" au moment de sa prise de fonction. En neuf législatures, depuis sa fondation en 1977, l'Assemblée populaire nationale compte désormais donc, pour la première fois, une femme à sa tête, selon la presse algérienne. L'élection à la présidence de l'Assemblée de Khalida Boufedech est un symbole politique fort.

Une sous-représentation des femmes

Alors qu'elles représentent 49% de la population, seules 23 femmes ont été élues députées le 2 juillet, lors des dernières élections législatives, sur un total de 407 sièges. Elles étaient 38 en 2021, et surtout 118 en 2017. Cette baisse considérable de 95 sièges féminins est due à une dérogation obtenue par plusieurs partis. 

Depuis 2021, l'Autorité nationale indépendante des élections les autorise à contourner le régime en place qui impose au partis politiques et autres listes à présenter un quota d'au moins un tiers de femmes  aux élections législatives. Ainsi, lors des dernières élections, plus de 9500 personnes se sont présentées et seulement 20% d'entre elles étaient des candidates.

Les élections législatives ont vu le parti au pouvoir, le FLN arriver en tête avec 90 sièges sur les 407 de l'Assemblée. Ce scrutin a surtout été marqué par une abstention record. Le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise, par les autorités, du contrôle de l'espace public. L'élan du Hirak, ce mouvement de contestation contre la corruption et pour plus de transparence démocratique, a été brisé. Les interdictions de rassemblement se sont multipliées et les leaders du Hirak ont été poursuivis. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.

[Source : TV5Monde]