"Nous les avons frappés très durement": l'escalade se poursuit entre l'Iran et les États-Unis, après la mort de soldats américains
Les États-Unis ont mené, ce lundi 20 juillet, des nouvelles frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive. Téhéran a riposté en visant ses voisins du Golfe et a revendiqué l'attaque de deux pétroliers dans le détroit d'Ormuz.
L'augmentation des pertes américaines au combat pousse le président américain à frapper de nouveau durement l'Iran. Les raids menés dans la nuit de dimanche 19 à lundi 20 juillet "ont visé des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne et de surveillance côtière, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication, afin de réduire davantage la capacité de l'Iran à attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d'Ormuz", a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
"Nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir", a déclaré le président américain Donald Trump. Il a affirmé que ces bombardements avaient lieu "en l'honneur" des soldats américains récemment tombés au combat au Moyen-Orient. Deux militaires américains ont été tués vendredi 17 juillet par des frappes iraniennes contre une base en Jordanie, et des restes non identifiés, qui pourraient appartenir à un troisième porté disparu, ont été retrouvés sur les lieux de l'attaque, selon le Centcom.
Pour Donald Trump, ces deux pertes sont "déplorables", a-t-il réagi auprès du journal américain New York Post, tout en indiquant qu'il contacterait les familles des victimes. "Nous sommes profondément attristés par ces évènements", a également indiqué le président américain à la chaîne NewsNation. Un autre soldat américain est mort samedi 18 juillet lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien abattu dans le nord de l'Irak. Le bilan des pertes américaines s'élève désormais à 17 militaires depuis le début de la guerre le 28 février. Côté iranien, le dernier bilan officiel, publié vendredi par le ministère de la Santé, fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats début juillet.
La ville portuaire de Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile en fonctionnement d'Iran, a été visée lundi matin par des frappes américaines, a rapporté un média d'État. "Il y a quelques minutes, plusieurs endroits de la ville de Bouchehr ont été frappés par des projectiles tirés par les ennemis américains", a déclaré le gouverneur de la ville, Mohammad Mozaffari, cité par l'agence officielle Irna.
Un protocole d'accord signé entre l'Iran et les États-Unis le 17 juin, qui était censé ouvrir un cycle de négociations de paix, s'est complètement effondré avec la reprise des hostilités entre les deux pays, l'impasse portant sur le détroit d'Ormuz. Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis la reprise des hostilités avec les États-Unis. Ces derniers, en représailles, ont réimposé un blocus des ports iraniens.
Selon le média Al Arabiya, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi aurait déclaré que les négociations avec les États-Unis doivent se poursuivre même si les chances de succès ne sont que de 10%.
"Les autres pays doivent intensifier leurs efforts"
Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, ont affirmé lundi 20 juillet avoir "arrêté" par la force deux nouveaux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon les médias officiels. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté qu'un navire était en feu à 8 milles nautiques (15 km environ) au nord-ouest du village omanais de Kumzar, sans préciser la cause.
Les cours du pétrole, qui s'étaient apaisés après la signature du protocole d'accord, sont repartis à la hausse. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a dépassé les 90 dollars, au plus haut depuis juin.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a exhorté dimanche soir la communauté internationale à s'engager aux côtés des États-Unis pour "protéger le transport maritime"dans le détroit d'Ormuz. "Les autres pays doivent commencer à intensifier leurs efforts et fournir une aide pour partager ce fardeau, qu'il s'agisse de moyens matériels ou financiers",a plaidé Marco Rubio. "Les États-Unis restent toujours ouverts à une solution diplomatique. Nous avons tenté à plusieurs reprises avec l'Iran, et nous continuerons d'essayer", a-t-il toutefois ajouté.
Attaques au Koweït, la Syrie également visée
Au Koweït, l'armée a dit faire face lundi à l'aube à "des attaques de drones hostiles iraniens". Les Gardiens iraniens ont dit avoir frappé la base aérienne Ali Al-Salem, mis le feu à plusieurs drones qui s'y trouvaient et détruit un radar d'alerte précoce américain. Les sirènes d'alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, qui héberge une importante base navale américaine, et où l'ambassade des États-Unis a mis en garde ses ressortissants contre de possibles frappes iraniennes dans le centre de la capitale Manama.
Les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir mené "une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi dans la région d'Al-Tanf, en Syrie, en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d'Iranshahr", a écrit l'agence officielle Irna sur Telegram.
Dimanche soir, l'agence iranienne Tasnim avait fait état des funérailles de trois soldats tués dans une attaque américaine contre une caserne d'Iranshahr, dans le sud-est du pays. Les Gardiens avaient déjà affirmé vendredi avoir attaqué la base d'Al-Tanf, dont l'armée syrienne a repris le contrôle en février après le retrait des États-Unis. Mais une source militaire syrienne avait ensuite démenti à l'AFP tout bombardement. La base d'Al-Tanf est située dans le sud-est de la Syrie, dans le triangle frontalier avec la Jordanie et l'Irak.
Les Gardiens ont également affirmé lundi avoir tiré des missiles balistiques sur des avions de l'armée américaine sur l'aéroport d'Aqaba en Jordanie, près de la frontière avec Israël, "causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux", selon la télévision d'État. Dimanche, l'armée israélienne avait dit avoir abattu, en collaboration avec l'armée jordanienne, un missile iranien qui visait Aqaba, port de la mer Rouge voisin d'Eilat en Israël.
[Source : TV5Monde]