Gilles Gressani, nouvelle coqueluche des médias et des puissants

A 35 ans, l’Italien a ses entrées à Normale-Sup, France Culture, Gallimard et même l’Elysée. Aux commandes de la florissante revue de géopolitique en ligne « Le Grand Continent », l’intellectuel fait résonner les idées des penseurs et décideurs du moment, de l’économiste de gauche Thomas Piketty aux idéologues du trumpisme. Mais certains lui reprochent de normaliser les extrêmes en s’abstenant parfois de toute analyse critique.

Mai 24, 2026 - 10:46
Gilles Gressani, nouvelle coqueluche des médias et des puissants
WILLIAM KEO POUR M LE MAGAZINE DU MOND

L’accent italien de Gilles Gressani résonne pour la première fois à Paris en septembre 2010. Dans une classe d’hypokhâgne du lycée Louis-le-Grand, un professeur demande à ses élèves de lire, chacun leur tour et à haute voix, un texte de leur choix. Charge aux autres d’en deviner l’origine. L’un récite Molière, Gilles Gressani s’exclame : « C’est Tartouffe ! » Rires dans la salle. Le jeune Italien n’habite en France que depuis un an. Il a passé les dix-huit premières années de sa vie dans la Vallée d’Aoste, loin de la montagne Sainte-Geneviève, 33 petits mètres d’altitude, place du Panthéon – là où on ne manque pas d’air.

Quinze ans plus tard, c’est sur les ondes de France Culture que vibre son phrasé. Depuis septembre 2025, tous les vendredis matin, Gilles Gressani assure « La chronique du Grand continent », du nom de la revue de géopolitique en ligne qu’il a cofondée en 2019. L’exemplaire papier annuel, édité chez Gallimard, paraîtra le 28 mai sous le titre L’ennemi qui nous désigne. Apprendre à résister aux prédateurs. Le précédent, L’Empire de l’ombre. Guerre et terre au temps de l’IA, s’est vendu à 15 000 exemplaires. Son directeur, après avoir œuvré dans l’ombre, court les plateaux télé.

Sa revue, traduite en espagnol, en italien, et bientôt en intégralité en allemand et en polonais, est déjà une référence dans les milieux intellectuels, politiques et diplomatiques européens. En septembre, il accompagnait Emmanuel Macron au siège de l’Organisation des Nations unies, à New York, pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Coqueluches des médias et des puissants, Gilles Gressani et Le Grand Continent suscitent une admiration teintée d’agacement. Certains leur reprochent d’observer les relations internationales d’en haut, du côté des décideurs ; d’autres (parfois les mêmes) de participer au confusionnisme idéologique ambiant, en mettant toutes les opinions et tous les auteurs sur le même plan.

On lui prête une grande influence. Au point que certains voient la main invisible du Grand Continent partout. Selon eux, l’émission de sciences sociales « La suite dans les idées » (diffusée depuis 1999 sur France Culture) ne sera pas reconduite la saison prochaine parce que son producteur, Sylvain Bourmeau, avait vertement critiqué Gilles Gressani dans un long article de sa revue, AOC. Une chose est sûre, la trajectoire de ce jeune normalien cravaté, visage d’angelot et cheveux en bataille, fascine et intrigue.

Normale-Sup, son passeport

Comment cet Italien né si loin de Paris, il y a trente-cinq ans, en a-t-il conquis, en moins de dix ans, les lieux de pouvoir – Normale-Sup, Gallimard, France Culture, l’Elysée ? Les premiers indices sont à chercher dans ce passé transalpin, dans une ambition de jeunesse, celle d’un enfant élevé au milieu des livres et de l’Europe.

Gilles Gressani grandit à Villeneuve, en Italie, à quelques kilomètres de la Suisse et de la France. « Un village entouré de montagnes », décrit cet homme disert mais qui n’aime pas parler de lui, installé dans la salle de réunion de ses bureaux parisiens, fin avril. Il garde même secrète sa date de naissance – début de l’été 1991. Son père, fonctionnaire de la communauté d’agglomération, est devenu guide de montagne à sa retraite. Sa mère, morte quand il avait 7 ans, enseignait l’art. Gilles Gressani fréquente la bibliothèque publique. Il aime aussi le foot et la musique, monte même un groupe de rock (« Inspiration Radiohead »).

A 11 ans, il aurait découvert Le Banquet, de Platon. Il lit des philosophes français : Guy Debord, Michel Foucault… Sur les quatrièmes de couverture, trois lettres reviennent et l’obsèdent : ENS, le sigle de l’Ecole normale supérieure, berceau de l’élite intellectuelle française, inconnue chez lui. Son objectif : y entrer. Le plan : rejoindre le lycée classique, artistique et musical d’Aoste, partenaire d’un établissement scolaire international du sud de la France. De là, il entend être accepté dans une classe préparatoire parisienne.

Normale-Sup sera son passeport, ou plutôt son passe-montagne, lui qui rêve d’enjamber les massifs qui emmurent son village. Il réussit son pari et entre en terminale littéraire au Centre international de Valbonne (Alpes-Maritimes). « Il faisait encore des fautes de français, mais il était d’une grande culture, se souvient Geneviève Ginvert, sa professeure de philosophie. Il était extraordinaire, l’élève de ma carrière. » En prépa à Louis-le-Grand, il découvre Paris, intègre l’ENS, rue d’Ulm, en philosophie, rang 34. Nous sommes en 2012, il a 21 ans.

« Gilles a rêvé de la vie intellectuelle parisienne, témoigne Benjamin Olivennes, éditeur chez Gallimard, compagnon de route du Grand Continent avec qui il a lancé, en janvier, une nouvelle collection, « Bibliothèque de géopolitique ». Moi qui suis né à Paris, j’étais peut-être blasé. Gilles, lui, pensait que la capitale pouvait redevenir le cœur d’une vie intellectuelle européenne. »

L’étudiant juge qu’il manque, en France, d’un titre comme Foreign Affairs, bible américaine des diplomates. Il lance à l’ENS, en 2017, avec ses camarades Mathéo Malik et Pierre Ramond, le Groupe d’études géopolitiques, qui deviendra le socle de la future revue. Ils sont vite rejoints par Ramona Bloj, étudiante à Sciences Po d’origine roumaine. Une newsletter dominicale, des rencontres tous les mardis dans une petite salle de l’école. Le bouche à oreille – et le prestige de l’Ecole – fait le reste. Aujourd’hui, ils accueillent le gratin et font salle comble. En 2019, ils créent la revue en ligne Le Grand Continent. « Le numérique est le langage du business, mais les intellectuels doivent se l’approprier pour garder les idées vivantes », décrypte Gilles Gressani, lui qui a toujours eu un œil dans les livres et l’autre sur Internet.

Les longs formats sont en accès libre sur le site ; les abonnements (à partir de 8 euros par mois) offrent des contenus exclusifs – graphiques, cartes, datas, numéros papier. La formule fonctionne : la revue revendique aujourd’hui 40 000 abonnés payants. Le Grand Continent doit aussi son succès au retour de la géopolitique au premier plan (la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, celle au Moyen-Orient et le second mandat de Trump). L’équipe, d’une dizaine de salariés, compose la playlist des textes, tel un Spotify intello.

Clivage politique

Gressani aime aussi mixer les concepts. Le philosophe Jean-Claude Monod en fut le témoin, dès 2014, alors qu’il était membre du jury de son mémoire à l’ENS, intitulé « Le problème de la ludification » : « Son travail, ingénieux, mêlait culture classique et appropriation de sujets profanes. » Pour Guillaume Erner, producteur des « Matins de France Culture », ce talent pour l’hybridation vient de la double culture de cet Italo-Parisien : « Il y a chez lui une manière différente de voir les choses, un léger décalage dans le regard, et un art de faire des rapprochements étonnants mais éclairants. »

Gilles Gressani aime le mélange des genres, et des gens. Son site a publié plus de 3 500 auteurs, aussi divers que l’ancien chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, l’économiste de gauche Thomas Piketty ou encore la fine fleur des patrons de la tech américaine, quasiment tous passés sous la bannière trumpiste.

En quelques années, Le Grand Continent est devenu un vaste hub des idées, où se croisent penseurs et décideurs. « Ils ont créé un espace qui n’existait pas, pour que politiques, universitaires et citoyens se rencontrent », analyse Frédéric Worms, le directeur de l’ENS, qui va officialiser, à la mi-juin, la création d’un institut au sein de l’école avec l’équipe du média.

Mais comment qualifier précisément la nature de ce Grand Continent – une revue, un think tank, un centre de recherche ? « Plutôt un think tank, estime Laurent Jeanpierre, professeur de science politique à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et bon connaisseur du monde des idées. Leur modèle, Foreign Affairs, créé en 1922, est issu des premiers cercles de réflexion états-uniens sur les relations internationales. Leur projet semble relever de la stratégie d’influence. »

Thierry Breton y trouve son compte : « On peut y écrire long, développer sa pensée, c’est efficace contre la polarisation », souffle l’ancien commissaire européen chargé du marché intérieur (2019-2024), en pleine séance de sport. Serait-ce le mariage réussi de la politique et de l’université ? Pas sûr. Quand un ex-premier ministre est venu à l’ENS, le 8 avril 2025, pour la conférence « Rencontre avec Dominique de Villepin, le pouvoir de dire non », certains invités ont eu l’impression, a posteriori, de servir un agenda politique.

Des chercheurs émettent également des doutes sur le traitement de leur domaine de spécialité par la revue. C’est le cas de membres du Centre d’études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques, dont Anna Colin Lebedev, sociologue et politologue, fait partie : « J’écris dans Le Grand Continent, et j’apprécie son apport au débat public. Mais je comprends que certains hésitent, notamment parce que cette revue transmet parfois des stéréotypes sur la Russie, en zoomant sur les personnalités politiques radicales au détriment d’une compréhension plus fine du pays. Leur axe géopolitique a pour effet de mettre les sociétés au second plan. »

Hiatus vieux comme cette discipline : d’un côté, la géopolitique à l’anglo-saxonne, celle des puissants, et de l’autre, les relations internationales nourries des sciences sociales, qui partent du « bas ». En filigrane se dessine un clivage politique, les tenants de la seconde voie penchant plus à gauche. « Je n’ai rien contre Gilles Gressani, prévient Jean-François Bayart, ancien directeur du Centre d’étude des relations internationales de Sciences Po. Mais ça parle beaucoup de Trump, moins de l’Afrique ou de Gaza. »

Même ligne chez l’ancien patron des éditions du Seuil, Hugues Jallon, lui aussi ancré à gauche, qui a publié mi-janvier un article à charge sur son compte Substack. Il reproche à ces libéraux pro-européens de frayer avec tous les pouvoirs, de donner ainsi une vision viciée du monde et de ne pas s’engager. Centriste, Gilles Gressani ? « Il se dit plus à gauche que moi », s’amuse son ami et compatriote Giuliano da Empoli, auteur du Mage du Kremlin (Gallimard, 2022) et ancien conseiller du président du conseil italien Matteo Renzi (issu du Parti démocrate).

Membre du Siècle

Comme son aîné, Gilles Gressani murmure à l’oreille des « princes ». En novembre 2020, Emmanuel Macron a accordé un entretien au Grand Continent. Depuis, l’Italien semble dans les petits papiers du chef de l’Etat. Contacté, l’Elysée reste muet. « Je ne parle que de géopolitique avec le président, assure le Valdôtain. Parfois, certaines idées publiées par la revue, comme celle d’“internationale réactionnaire” ou de “vassalisation heureuse” sont reprises. » Il emploie cette dernière formule dans une tribune publiée dans Le Monde le 23 janvier 2025 ; le mois suivant, au Portugal, Emmanuel Macron l’utilise et exhorte les Européens à en refuser la fatalité. Le président a dû oublier où il l’avait pêchée : il s’est mis à l’expliquer, plus tard, à un Gilles Gressani amusé. Ce dernier, machiavélien, assume ses fréquentations : « Pour rendre visible le pouvoir, il faut le rencontrer. »

Des rencontres, Le Grand Continent en organise. La plus fameuse est son « sommet », un prix littéraire organisé chaque année en décembre, au Grand Hôtel Billia, en Vallée d’Aoste. Intimiste en 2023, ce rendez-vous est devenu le « Davos de la géopolitique », où Nobel d’économie, ministres européens, princesse de Monaco et membres de l’industrie de défense chaussent les après-ski au pied des pics enneigés.

Point d’orgue : la remise du prix, face au mont Cervin, après une randonnée. En 2025, c’est Emmanuel Carrère qui a été lauréat (pour Kolkhoze, P.O.L, 2025) et tutoyé les cieux. Aux beaux jours, la revue organise une garden-party, à Paris cette fois : le 8 juillet 2025, elle avait lieu dans les jardins de Normale-Sup. On pouvait y croiser Dominique de Villepin, Laurent Fabius, Michel Barnier…

Si l’ENS est le QG du Grand Continent, Gallimard en est le tremplin. Fin 2024, Gilles Gressani croise l’historien Pierre Nora (1931-2025), figure de la maison. « Il était accompagné d’un petit cortège, comme la reine d’Angleterre dans Proust, plaisante le trentenaire. Nous nous sommes croisés dans un couloir et il s’est arrêté pour me dire qu’il considérait Le Grand Continent comme le successeur de sa revue, Le Débat. Cela a sans doute permis de lancer la collection “Bibliothèque de géopolitique”. »

Autre parrain de choix, même si Gilles Gressani refuse le terme : Giuliano da Empoli. C’est lui qui, le premier, a parlé de son protégé à la PDG de Radio France, Sibyle Veil, aujourd’hui ravie de son chroniqueur : « Il renouvelle le cadre de la pensée ! », s’enthousiasme-t-elle au téléphone.

Gilles Gressani est déjà membre du Siècle, prestigieux club de personnalités parisiennes cooptées, qui dînent ensemble une fois par mois. Il en aurait même été, dit-il, le plus jeune convive. « Il parle d’égal à égal avec tout le monde, juge Benjamin Olivennes. On lui jalouse cette aisance. » L’historien Baptiste Roger-Lacan, arrière-petit-fils du psychanalyste Jacques Lacan, ami de Gilles Gressani, passé lui aussi, un an plus tôt, par Normale-Sup, veut calmer le jeu : « Certains le prennent pour Joseph Balsamo, le personnage d’Alexandre Dumas, mystérieux intrigant dans les allées du pouvoir. C’est ridicule. »

Partenaires financiers

Ils sont pourtant nombreux à voir, dans la décision de France Culture, annoncée le 27 avril, d’arrêter l’émission « La Suite dans les idées » la main du Grand Continent. Radio France n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet et, contacté, Sylvain Bourmeau, son producteur, n’a pas répondu à nos demandes d’entretien. Le 30 janvier, le directeur d’AOCpubliait, dans sa revue, un long pamphlet dans lequel il attaquait le jeune intello que Paris s’arrache. « Ils ne sont pas d’extrême droite, ils font l’extrême droite », assénait celui qui publiera à la rentrée un livre sous ce titre. Sa thèse ? En donnant la parole aux néoréactionnaires américains, sans accompagner leurs textes d’une analyse critique suffisante, la revue ferait le lit de l’extrême droite. Par exemple, le blogueur Curtis Yarvin, chaleureusement salué par J. D. Vance en tant que « fasciste réactionnaire » à l’occasion de l’investiture de Donald Trump, est présenté comme « techno-césariste » dans la version papier – et « à la pensée fasciste » dans celle en ligne. Dans un droit de réponse public consultable en ligne, Le Grand Continent avait listé les 45 erreurs de ce texte jugé acrimonieux.

« J’écris pour AOC et pour Le Grand Continent, leurs approches sont complémentaires, avance en médiateur Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, spécialiste de la tech. Sur le site, les textes sont bien contextualisés, mais pas dans la version papier. » Critique des Gafam, de Donald Trump ou de Giorgia Meloni, ­pourquoi Gilles Gressani accorde-t-il tant de place à leurs idéologues ? Lui se dit convaincu que les idées ­gouvernent dans l’ombre, et qu’il faut les exposer au grand jour pour les comprendre.

Ces accusations seraient la rançon du succès car Le Grand Continent est une start-up intellectuelle florissante. Quatre millions d’euros de chiffre d’affaires attendus pour 2026, cinq embauches prévues. « Nos revenus proviennent à 100 % des abonnements », assure Ramona Bloj, responsable des finances de la revue.

Le Sommet Grand Continent a des partenaires financiers, présentés sur le site, tels que l’Agence française de développement, AXA, EDF, Euronext ou L’Oréal… Ni Gafam ni pétrolier, mais MBDA, le leader européen des missiles. « Cela ne devrait pas être considéré comme un problème quand on cherche à comprendre comment résister à Trump et à Poutine », se défend le directeur de la revue. Ces sponsors financent « uniquement les dépenses liées à l’organisation de l’événement, détaille Ramona Bloj. Et les activités de recherche de l’Institut à l’ENS, où nous avons déjà deux salariés en CDI. »

Snobisme ? Elitisme ?

Ils semblent loin, les débuts, quand personne n’était payé, hormis l’agence turinoise chargée du graphisme. Car, pour ce média, le style a toujours été capital. La page d’accueil de leur site est élégante : les « pièces de doctrines », nom un peu précieux donné aux articles théoriques, sont illustrées par des photos d’œuvres d’art. Idem pour les bureaux : béton ciré, industriel chic dans un immeuble Art déco rue du Cherche-Midi, à Paris.

« Ce sont des dandys », sourit Guillaume Erner. Déjà, sur les bancs de Louis-le-Grand, à 18 ans, Gilles Gressani et ses amis se repéraient aux pauses clope. Tous portaient vestes et souliers. L’Italien fumait à l’occasion, pas n’importe quoi : « Des Toscanello, cigares italiens trempés dans le café », précise-t-il. Travaillant sa mise, il joue son rôle sur la scène parisienne des idées. La combinaison de ski le protège des morsures du froid ; le costume-cravate, des coups de crocs de Saint-Germain-des-Prés. « Une cruauté inégalée dans les mœurs de l’intelligentsia », écrivait Régis Debray en 1979 dans Le Pouvoir intellectuel en France (Ramsay).

Snobisme ? Il s’en amuse. Elitisme ? Ça le fait moins rire. Après l’intervention de Thierry Breton, mardi 21 avril à l’ENS, un spectateur demande à l’hôte pourquoi l’assistance ne peut pas poser de questions. « Les premiers à prendre la parole sont rarement les plus pertinents », répond-il poliment. Ni basket ni question du public : vade retro populo.

En hypokhâgne, on avait demandé aux élèves d’écrire un sonnet. Gilles Gressani avait rédigé un poème acrostiche : la première lettre de chaque ligne formait, verticalement, ses nom et prénom. Quatorze vers de haut. Fasciné par les sommets de son enfance, Gilles Gressani, qui aime les mathématiques, nourrirait-il une ambition infinie ? Son adresse mail personnelle comporte une ribambelle de « etc. ». « Le Grand Continent est une réussite, juge Florian Louis, historien de la géopolitique et visage de la revue. Mais pour lui, ce n’est que le début. »

[Source : Le Monde]