Belgique: les examens de fin d'année scolaire mis en péril par la grève des enseignants
Confrontée à un déficit de 1,6 milliard d'euros, la Fédération Wallonie-Bruxelles veut faire des économies, notamment en effectuant des coupes dans le budget de l'enseignement secondaire. Mais les enseignants sont vent debout contre les réformes envisagées par le gouvernement. Ils font grève depuis 15 jours et les examens de fin d'année dans certains établissements n'auront pas lieu.
La Belgique est secouée par les mouvements sociaux. Le 11 mai, une grève générale contre les réformes socio-économiques du Premier ministre conservateur Bart De Wever avait fait descendre dans les rues de Bruxelles des dizaines de milliers de personnes.
Le gouvernement De Wever, une coalition de cinq partis ancrée au centre-droit, en fonction depuis 15 mois, est engagé dans un gros effort d'assainissement des finances publiques qui implique des réformes majeures pour le pays.
Des réformes qui ne passent pas
Le Parlement a voté l'an dernier la limitation à deux ans des allocations chômage et doit valider prochainement une réforme des retraites accusée de pénaliser les carrières hachées et particulièrement les femmes.
Et c'est un peu ce qui se passe au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont le gouvernement tente à tout prix de réduire son déficit. Des coupes drastiques sont prévues dans le budget de l'enseignement primaire et secondaire. Un nouvel avant-projet de décret-programme "portant diverses dispositions relatives aux bâtiments scolaires, à l’enseignement supérieur, à l’enseignement obligatoire, à l’enfance et à la recherche scientifique" leur a été présenté par la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny le 27 mai, ne répond pas à leurs attentes.
Le collectif des enseignants Mars Attacks explique dans un post publié sur Facebook le 17 mai pourquoi ce décret ne peut être signé.
Par conséquent, les professeurs continuent leur grève ce qui affecte la tenue des examens de fin d'année. Cependant, les écoles tentent de mettre en place des aménagements pour ne pas pénaliser les élèves.
Un système de contrôle continu à la place des examens
Comme le relate nos confrères du quotidien Le Soir, dans les écoles secondaires de Liège où le mouvement est très suivi, les évaluations internes seront supprimées mais les épreuves externes par contre sont maintenues. C'est le conseil de classe qui prendra les décisions de réussite ou d'échec sur la base du travail réalisé par l'élève durant l'année et les évaluations continues (les notes données par les professeurs tout au cours de l'année). Mais les professeurs ne donnent plus de cours. L’échevine de l’Enseignement, Julie Fernandez Fernandez (PS) qui siège au conseil communal avec le MR et Les Engagés, a également annoncé que les activités d’apprentissage ne reprendraient pas, même si la grève devait prendre fin.
D'autres établissements, en dehors de Liège, sont concernés. L’Institut Notre-Dame Heusy à Verviers, le Centre scolaire Saint-Benoît Saint-Servais ou encore le Collège Saint-Barthélemy vont également ne pas faire d'examens finaux. "Un grand nombre d’écoles liégeoises et verviétoises ont décidé d’annuler les examens dans leur forme traditionnelle", affirme au Soir Ugo Ceccato, directeur à Saint-Barthélemy. "Pour les élèves en difficulté, une rencontre sera organisée avec les parents avant le conseil de classe. Nous avons déjà fonctionné de cette manière pendant le Covid et il y a eu très peu d’échecs" ajoute le directeur qui rappelle que les élèves sont évalués tout au long de l’année. "Les examens finaux ne comptent généralement que pour 40 à 50 % du total de l’année. Il est vrai que certains arrivent à se rattraper lors des examens. Ce sera le travail du conseil de classe de les identifier."
Certains établissements ont d'ailleurs déja renoncé aux examens finaux, en dehors de cette contestation, ayant opté pour l'évaluation continue. C'est ce qu'explique le directeur du Lycée Intégral Roger Lallemand à Saint-Gilles, à Bruxelles, un lycée qui a déjà opté pour une "pédagogie active", où il n'y a ni classes ni cours et tous, élèves et enseignants, participent à l'organisation et à la vie de l'établissement. "Nos critères de réussite n’ont pas changé, puisque nous travaillons en évaluation continue" explique le directeur au Soir.
Des solutions pour tous les élèves
À l’inverse, d’autres établissements, où les perturbations sont limitées, ont décidé de conserver les examens. C’est le cas dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Brabant wallon. "Dans mon établissement, les cours ne sont pas perturbés et les examens devraient se donner" indique au Soir Alain Koeune, directeur du collège Notre-Dame à Dinant, "cela ne veut pas dire que la colère est moins forte."
Les établissements scolaires se préoccupent avant tout de la réussite de leurs élèves, tout en soutenant le mouvement de protestation des professeurs. Ainsi pour les jeunes en difficulté, certains lycées ont prévu des sessions qui leur sont réservées.
Des solutions au cas par cas qui devraient permettre de sauver la situation scolaire de la plupart des lycéennes et lycéens belges.
[Source : TV5Monde]