Argentine-Suisse : Julian Alvarez et Lautaro Martinez, en sauveurs, qualifient l’Albiceleste en demi-finales de la Coupe du monde 2026
L’Argentine a obtenu son ticket pour le dernier carré du Mondial, samedi, en battant la Suisse au terme des prolongations (3-1 a.p.), grâce à ses deux attaquants critiqués jusqu’alors pour leur faible rendement.
En de rares occasions, la sélection nationale argentine de football peut être amenée à s’interroger : comment s’en sortir quand son attaquant star Lionel Messi n’a pas son influence habituelle ? A la Coupe du monde 2026, l’Albiceleste n’avait pas eu, jusque-là, à pousser la réflexion bien loin, puisque « la Pulga » – « la puce », son surnom – avait été le grand artisan de chacun de ses succès. Le quart de finale face à la Suisse, que les champions du monde en titre n’ont remporté qu’au terme des prolongations (3-1 a.p.), samedi 11 juillet à Kansas City (Missouri), a peut-être apporté des éléments de réponse.
Il aura permis de redonner de la confiance à Julian Alvarez et Lautaro Martinez, qui ont marqué les deux buts de la qualification pour les demi-finales. Le premier a délivré ses coéquipiers d’une magnifique frappe enroulée (112e), quelques instants après un échec inhabituel de Lionel Messi dans une position similaire, tandis que le second a mis fin aux espoirs suisses sur un ultime contre (120e + 1).
Tour à tour, depuis le coup d’envoi du Mondial, ces deux joueurs alternent pour accompagner l’octuple Ballon d’or en attaque, puisque le sélectionneur, Lionel Scaloni refuse d’aligner les trois ensemble. « Parfois, les gens me questionnent sur Lautaro et Julian ensemble : Lautaro, Julian, Leo… (…) On peut devenir une bonne équipe, difficile à jouer, mais vulnérable [défensivement] et ce n’est pas l’idée », avait développé le coach argentin après le succès contre l’Autriche(2-0), le 22 juin.
Ce jour-là, Lautaro Martinez avait commencé la rencontre, sans convaincre. Julian Alvarez n’avait pas fait mieux, quelques jours plus tard, lors de la victoire contre la Jordanie (3-1), match au cours duquel son concurrent avait marqué sur penalty – en l’absence de Lionel Messi, seulement entré en deuxième période. Les critiques, atténuées par les dithyrambes à l’égard de la Pulga, ont ainsi visé les deux attaquants, déjà présents lors du sacre planétaire de 2022 au Qatar.
Bien entouré par quatre robustes milieux de terrain, parfois décrits de manière péjorative comme ses « gardes du corps », Lionel Messi n’a pas encore trouvé définitivement son compère en attaque, capable de le relayer. Même si Julian Alvarez, titulaire lors des deux dernières rencontres face à l’Egypte et la Suisse, et qui a débloqué la situation contre la Suisse en inscrivant son premier but du Mondial, a pris une longueur d’avance.
Un carton rouge qui « change la donne »
Avec dix-sept buts inscrits – soit un de plus que l’équipe de France, qui n’a pas eu à disputer deux prolongations –, l’Argentine possède la meilleure attaque de la Coupe du monde. Celle-ci s’est pourtant faite très discrète face à la Suisse. Après le premier but du match, inscrit par Alexis Mac Allister (10e), l’Albiceleste a surtout défendu son avantage, sans porter le danger sur le but adverse.
Longtemps, le centième match de ce Mondial aura été l’un des plus assommants, avant le temps fort de la Nati à l’heure de jeu. Après s’être procuré une première occasion deux minutes plus tôt, Dan Ndoye a remis les deux équipes à égalité (67e). Mais la dynamique suisse fut immédiatement brisée par l’expulsion de Breel Embolo (70e). « Ce carton rouge a complètement bouleversé la donne », soulignait Murat Yakin, le sélectionneur helvète à l’issue du match, s’interrogeant sur la règle appliquée pour exclure son joueur.
Averti en première période pour une faute sur Leandro Paredes (44e), le buteur de l’AS Monaco a reçu un deuxième avertissement pour simulation à la suite d’un contact avec le milieu argentin. C’est ce dernier qui avait été sanctionné dans un premier temps par Joao Pinheiro. Mais l’arbitre portugais est revenu sur sa décision en visualisant les images au bord du terrain, au motif d’une « erreur d’identité » du joueur incriminé.
C’est désormais l’un des cas qui autorise le recours à l’arbitrage vidéo. Jusqu’alors, dans une situation similaire, l’arbitre ne pouvait avertir qu’un autre joueur de la même équipe. Mais, juste avant le Mondial, la Fédération internationale de football association (FIFA) a fait évoluer sa règle : l’officiel peut désormais distribuer le carton jaune à un adversaire. Le 12 juin, le Paraguayen Miguel Almiron avait vécu la même mésaventure que Breel Embolo, récoltant un carton jaune – attribué dans un premier temps à l’Américain Tim Ream – pour simulation.
Choc contre l’Angleterre
Cette expulsion, vivement contestée par les Suisses, a inévitablement changé le cours du quart de finale et mis fin aux espoirs de la Nati de rallier le dernier carré de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire. L’Argentine y retrouvera l’Angleterre, essorée par deux matchs à rallonge, remportés en prolongation face au Mexique en huitièmes de finale (3-2 a.p.) et la Norvège en quarts (2-1 a.p.).
La dernière confrontation entre l’Albiceleste et les Three Lions dans un match à élimination directe du Mondial remonte aux huitièmes de finale de l’édition 1998 et une qualification argentine, aux tirs au but, dans le stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne (Loire). Mais le match resté dans les mémoires est surtout le quart de finale de 1986, à l’Estadio Azteca de Mexico, au cours duquel Diego Maradona avait inscrit un doublé – dont un but de la main, la fameuse « main de Dieu » – et éliminé à lui seul les Anglais.
Après « El Pibe de Oro », la sélection emmenée par Jude Bellingham et Harry Kane va devoir se mesurer à la « Pulga ». A 39 ans, Lionel Messi parviendra-t-il à mener l’Albiceleste vers une deuxième finale de suite ? Lors de ce match, qui aura lieu mercredi 15 juillet à Atlanta (Géorgie), il pourra peut-être compter une nouvelle fois sur le soutien de Julian Alvarez ou Lautaro Martinez.
[Source : Le Monde]