Superlune, lune de sang, lune bleue : quelles sont les différences entre tous ces types de pleine lune ?

A l’occasion de la superlune qui devrait briller dans nos ciels ce week-end, on fait le point sur ce que dit l’astronomie des différentes teintes ou tailles que peuvent prendre les pleines lunes.

Jan 6, 2026 - 10:27
Superlune, lune de sang, lune bleue : quelles sont les différences entre tous ces types de pleine lune ?
Superlune derrière le clocher de la cathédrale d’Ajaccio, le 5 novembre 2025. PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP

Compagne de notre planète depuis leur formation commune, la Lune est, avec le Soleil, le seul astre que l’ensemble des êtres humains ayant peuplé la Terre a observé. Il n’est donc pas étonnant que l’on retrouve la Lune dans la majorité des cultures, tant sa présence a eu de l’influence sur les sociétés humaines.

Si elles ne rythment plus nos calendriers ou nos pratiques agricoles depuis longtemps, les pleines lunes restent aujourd’hui un spectacle qui attire l’attention, notamment quand le disque lunaire sort de l’habituel. Il est ainsi fréquent d’entendre parler de différents « types » de lune, qu’elle soit « bleue », « cuivrée », « de sang », « du castor », etc. Alors qu’une superlune est attendue dans le ciel de l’Hémisphère nord ce samedi 3 janvier (avec un pic samedi matin autour de 11 heures), Le Monde fait le point sur les différentes appellations des manifestations de la Lune, et ce qu’elles signifient du point de vue de l’astronomie.

Superlune

C’est l’appellation la plus médiatique de notre satellite, la superlune valant régulièrement des titres dans les médias. Ce terme désigne la conjonction de la pleine lune et du périgée de la Lune. En clair : notre satellite passe au plus proche de la Terre au moment où son disque est entièrement éclairé par le Soleil.

En effet, l’orbite lunaire ne dessine pas un cercle parfait autour de la Terre, mais une ellipse, qui a donc un point le plus proche de la surface terrestre (le périgée) et un point le plus éloigné de celle-ci (l’apogée). En moyenne, le périgée fait passer la Lune à 363 396 kilomètres de la Terre, mais cela peut varier légèrement (de 356 355 à 370 399 kilomètres) en fonction de la force d’attraction des autres corps du Système solaire (majoritairement le Soleil). L’apogée, le point le plus éloigné de l’orbite lunaire, vaut, quant à elle, en moyenne 405 504 kilomètres et peut atteindre 406 725 kilomètres.

L’orbite lunaire est légèrement elliptique

Au périgée, la Lune est en moyenne 10,4 % plus proche de la Terre qu’à l’apogée.Techniquement, il est relativement rare que la pleine lune corresponde exactement au moment du périgée (une fois tous les 413 jours). On appelle alors superlune une pleine lune dont la distance est à au moins 90 % du périgée suivant ou précédent. Les astronomes parlent habituellement de pleine lune périgéenne, mais le terme « superlune », inventé en 1979 par le médiatique astrologue américain Richard Nolle, s’est popularisé très vite, d’abord en Amérique du Nord et en Asie, puis en Europe.

Ces superlunes produisent des marées plus importantes qu’à l’accoutumée, car deux effets gravitationnels s’ajoutent. Le premier est dû à la pleine lune : à ce moment-là, notre satellite est aligné avec la Terre et le Soleil, ce qui combine l’influence gravitationnelle de ce dernier avec celui de la Lune. Le deuxième est dû au passage au périgée, ce qui accroît d’environ 4 % l’attraction gravitationnelle mutuelle entre notre satellite et la Terre.

Lors d’une superlune, la Lune est plus grande et plus brillante que d’ordinaire. Sur les vingt-cinq dernières années, les superlunes ont, en moyenne, affiché un diamètre 6,75 % plus grand (ce qui équivaut à + 14 % de superficie) et ont été 13,9 % plus brillantes que les pleines lunes « normales », selon les calculs de l’astrophysicien américain Fred Espenak. Ce qui n’est pas négligeable, mais n’est quasi pas perceptible par un œil humain en raison de la faible surface que représente la Lune dans le ciel. Pour vous convaincre, sachez que faire la différence entre une superlune et une pleine lune moyenne revient à distinguer la taille d’une balle de golf (4,27 centimètres) de celle d’une balle de tennis de table (4 centimètres) à presque 5 mètres de distance.

Vous pensez pouvoir distinguer une pleine lune d’une superlune ?

Une superlune est légèrement plus grande qu'une pleine lune « ordinaire ». Mais si la différence vous paraît perceptible ici, c’est en raison de la proximité de vos yeux à votre écran. Pour simuler le diamètre angulaire réel de la Lune, il faudrait vous placer à environ 3,3 mètres de votre écran. Cela n’empêche pas de nombreux titres de presse d’annoncer régulièrement ces superlunes dans leurs éditions, celles-ci se produisant quatre fois par an en moyenne.

Lune bleue

L’expression « lune bleue » peut désigner plusieurs phénomènes. L’un n’a strictement rien à avoir avec la couleur de la Lune puisqu’il désigne au choix la deuxième pleine lune dans un seul mois calendaire, la treizième pleine lune dans une année civile ou, plus rarement, la troisième pleine lune dans une saison qui en comporte quatre. Le cycle lunaire (29,5 jours) étant un peu plus court qu’un mois calendaire, ce type de lune bleue intervient à peu près tous les deux ans et demi. L’expression anglophone « once in a blue moon » fait référence à ces pleines lunes supplémentaires pour nommer quelque chose de rare (l’équivalent de l’expression française « tous les trente-six du mois »).

On peut néanmoins appeler lune bleue une pleine lune teintée de bleu, ce qui peut arriver lorsque l’environnement terrestre perturbe la composition de l’atmosphère. C’est le cas des éruptions volcaniques ou des grands feux de forêt, par exemple, lesquels émettent une grande quantité de particules fines qui restent en sustentation. Ces aérosols, gros d’environ 600 nanomètres (nm), soit cent fois plus fin qu’un cheveu humain, ont généralement un diamètre correspondant à la longueur d’onde de la lumière rouge (620-750 nm). En conséquence, les aérosols réfléchissent le rouge mais laissent passer les autres couleurs, d’où la teinte observée.

Après la puissante éruption explosive du volcan indonésien Krakatoa, en 1883, de nombreux témoignages, partout sur la planète, font état de la couleur bleue, voire verte, de la lune et même du soleil, comme le raconte le météorologiste britannique George James Symons dans son rapport, publié en 1888.

Lune de sang

Parfois surnommée « lune cuivrée », la lune de sang se produit lors d’éclipses de lune : lorsqu’il entre dans l’ombre de la Terre, notre satellite n’est éclairé que par les rayons du Soleil ayant traversé l’atmosphère de la Terre. Or les molécules de notre atmosphère modifient la lumière du Soleil en la diffusant ou en l’absorbant.

Pour faire simple : plus la couche d’air traversée par la lumière du Soleil est fine et plus la lumière diffusée se concentre dans les plus courtes longueurs d’onde. En revanche, plus elle est épaisse et plus les grandes longueurs d’onde seront diffusées. C’est un phénomène que l’on observe tous les jours, puisque, en journée, quand les rayons solaires proviennent de haut, le ciel apparaît bleu, tandis que, lors du lever ou du coucher du Soleil, la lumière diffusée va tendre vers l’orange, puis vers le rouge. La couche d’air plus épaisse a déjà dispersé totalement le bleu en amont et ne laisse passer que les plus grandes longueurs d’onde, ce qui correspond au rouge.

Lors d’une éclipse de lune, notre satellite ne reçoit plus que la partie orange-rouge de la lumière du Soleil, d’où son aspect « cuivré ». A ce moment-là, on peut dire que la Lune est éclairée simultanément par les lumières du lever et du coucher de Soleil ayant lieu de chaque côté de notre planète.

Pourquoi la Lune devient rouge lors d’une éclipse lunaire

Lorsque la Lune entre dans le cône d’ombre de la Terre, elle n’est éclairée que par la lumière du Soleil ayant traversé l’atmosphère terrestre. Or, celle-ci diffuse différemment la lumière selon sa longueur d’onde, et donc sa couleur.

A noter que l’expression « lune de sang » peut aussi s’appliquer aux pleines lunes qui sont situées très bas dans le ciel, juste au-dessus de l’horizon, là où la lumière qu’elles réfléchissent traverse une épaisse atmosphère avant de frapper votre rétine, ce qui la fait, là aussi, apparaître rougie.

Les appellations culturelles de la lune

Si les désignations mentionnées plus haut n’entretiennent qu’un rapport relatif à l’astronomie, d’autres ne font référence qu’à des phénomènes culturels ou saisonniers. Les lunaisons étant le sujet d’un nombre presque infini de surnoms liés principalement aux saisons et aux cultures humaines, la liste ci-dessous n’est pas exhaustive.

Nom des lunaisons

La pleine lune peut prendre différents noms selon les saisons et les cultures. En voici une liste non exhaustive.