Syrie: les États-Unis poursuivent leur retrait militaire malgré la menace persistante de l’État islamique
En convoi vers le Kurdistan irakien, les soldats américains ont commencé à quitter, depuis ce lundi 23 février, la base de Qasrak, au nord-est de la Syrie. Ce retrait marque une nouvelle étape du désengagement de Washington, tandis que les forces kurdes viennent d’être intégrées à l’armée syrienne et que la menace du groupe État islamique reste préoccupante.
Après Al-Tanf, au sud-est, et Al-Chaddadeh, au nord-est, les États-Unis poursuivent leur démilitarisation à Qasrak, à la frontière entre la Syrie et l'Irak. Les forces américaines étaient stationnées sur cette base militaire depuis 2014 dans le cadre de la Coalition internationale contre l’État islamique (EI).
En novembre 2025, la Syrie est officiellement devenue membre de cette coalition. À l’occasion du premier déplacement du président syrien à la Maison-Blanche, Ahmed al-Charaa s’est engagé à lutter contre les groupes terroristes. Ancien membre d'Al-Qaïda, il est au pouvoir depuis décembre 2024, suite à la chute du dictateur Bachar al-Assad, après plus de treize ans de guerre civile en Syrie.
Sur les images diffusées par la chaîne d’information qatarie, Al-Jazeera, les soldats américains quittent par convoi, la base de Qasrak, en direction du Kurdistan irakien. Les forces kurdes encadrent la démilitarisation de cette base frontalière. Ce groupe ethnique administrait jusque-là de manière autonome une partie du nord-est de la Syrie. Mais depuis le 2 février, les Forces démocratiques syriennes (FDS) font partie de l’armée syrienne dirigée depuis Damas.
Cette intégration est intervenue à l'issue de plusieurs jours d’affrontements dans les derniers bastions kurdes du nord du pays. Sous l’égide de Donald Trump, les Forces démocratiques kurdes et l’armée du président Ahmed al-Charaa ont signé un “accord global”, prévoyant leur intégration au sein de l’armée syrienne.
Retrait américain, alors que la menace de l’EI persiste
Selon Al-Jazeera, le retrait américain en Syrie devrait se poursuivre pendant un mois. Cette information a été corroborée par l’Agence France-Presse (AFP) ce lundi 23 février. "D’ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n’y aura plus aucune présence militaire dans les bases", a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental syrien ayant requis l’anonymat.
Les États-Unis maintenaient environ un millier de militaires dans le pays avant l’annonce de leur retrait par le Wall Street Journal, le 22 janvier. La coalition restait pourtant active, comme l’illustre le dernier communiqué publié le 12 février par le commandement militaire américain, faisant état de dix frappes menées entre le 3 et le 12 février contre plus de trente cibles du groupe État islamique en Syrie.
Malgré sa défaite territoriale en 2019, Daech demeure actif dans en Syrie. "La menace posée par Daech, multipolaire et de plus en plus complexe, s’est accrue", a déclaré Alexandre Zouev, responsable par intérim du Bureau de l’ONU pour la lutte contre le terrorisme, lors du dernier Conseil de sécurité de l’ONU, ce 4 février.
[Source: TV5Monde]