Soldat français tué par un drone : le Premier ministre irakien promet « des mesures » pour « empêcher » ces attaques

Mohamed Chia al-Soudani a appelé Emmanuel Macron ce vendredi. Son homologue kurde, Nechirvan Barzani, a fait de même, invitant les autorités de Bagdad à « fixer des limites aux groupes hors-la-loi ».

Mar 14, 2026 - 08:34
Soldat français tué par un drone : le Premier ministre irakien promet « des mesures » pour « empêcher » ces attaques
L’adjudant-chef Arnaud Frion est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à la suite d'une attaque de drone Shahed. Handout/AFP

L’adjudant-chef Arnaud Frion, issu du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), est le premier soldat français à perdre la vie depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, conséquence du lancement de l’offensive américano-israélienne en Iran, le 28 février.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le militaire de 42 ans a succombé à une attaque de drone Shahed, un engin de conception iranienne de longue portée. Il se trouvait dans une base, située dans la région d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, ont annoncé les autorités françaises.

Si l’adjudant-chef Arnaud Frion n’a pas survécu, les six autres militaires touchés sont « toujours à l’hôpital ce vendredi. Leur rapatriement en France se met en place », indique le ministère des Armées.

Les autorités françaises n’ont pas désigné les responsables de l’attaque. Mais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.

Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, a promis ce vendredi de prendre « les mesures nécessaires pour empêcher » de nouvelles attaques. Lors d’un appel adressé à Emmanuel Macron, il a exprimé « sa solidarité » avec la France, assurant qu’une enquête serait menée.

Le président du Kurdistan autonome d’Irak, Nechirvan Barzani, s’est aussi entretenu avec le chef d’État français. Il a de son côté appelé les autorités de Bagdad à « fixer des limites aux groupes hors-la-loi », condamnant cette « attaque terroriste ».

VidéoGuerre au Moyen-Orient : Arnaud Frion a été tué «dans une attaque inacceptable», réagit Macron

Les menaces d’une milice chiite

Des militaires français, mais aussi américains, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe État islamique. « Leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme », a rappelé Emmanuel Macron.

Les militaires français touchés étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens », selon l’état-major des Armées.

Ce vendredi, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. « Après l’arrivée du porte-avions français dans la zone d’opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible », a-t-il déclaré.

Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 m d’une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon lui des militaires français, sans revendiquer directement la frappe.

Pour Emmanuel Macron, la guerre en Iran « ne saurait justifier de telles attaques ». Le président français a mis en avant ces derniers jours le « rôle défensif » de la France dans la guerre au Moyen-Orient.

Paris a renforcé son dispositif dans la région pour « protéger les ressortissants français » dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels la France a signé des accords de défense.

Au centre de ce déploiement se trouve le porte-avions français et son groupe aéronaval en Méditerranée orientale. Ce dispositif est, selon Emmanuel Macron, appelé à mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d’Ormuz, dans le Golfe.

[Source: Le Parisien]