Charles III a été reçu par Donald Trump à la Maison Blanche, deux jours après des tirs lors d’un gala de la presse auquel le président américain assistait

Le monarque britannique a commencé, lundi, une visite d’Etat censée célébrer les liens entre les deux pays, 250 ans après l’indépendance des Etats-Unis.

Avr 28, 2026 - 14:21
Charles III a été reçu par Donald Trump à la Maison Blanche, deux jours après des tirs lors d’un gala de la presse auquel le président américain assistait
Charles III et Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 27 avril 2026. SUZANNE PLUNKETT/AFP

Le roi Charles III et la reine Camilla ont été reçus, lundi 27 avril, à la Maison Blanche au premier jour d’une visite qui se déroule en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran. La réception du monarque britannique à Washington survient deux jours après des tirs lors d’un gala de la presse auquel le président américain assistait.

Le roi doit s’adresser au Congrès américain mardi. Il s’agira de la deuxième fois seulement qu’un souverain britannique prend la parole sur la colline du Capitole à Washington, après un discours d’Elizabeth II en 1991.

Le couple royal a été accueilli par le dirigeant républicain et son épouse Melania vers 16 h 20 (22 h 20 à Paris) à l’entrée sud de la Maison Blanche. Tous les quatre ont posé sur le tapis rouge, le roi et le président échangeant quelques propos inaudibles pour les journalistes présents, avant de gagner l’intérieur du bâtiment pour prendre le thé, à l’écart de la presse. Ils ont ensuite visité les ruches de la Maison Blanche, au premier jour de ce voyage qui se conclura jeudi.

La reine Camilla portait à son arrivée une broche réunissant les drapeaux américain et britannique, reproduits en pierres précieuses. Donald Trump et Charles III ont échangé une poignée de main.

Seuls des photographes de presse ont pu suivre les deux couples à la Maison Blanche, durant une visite qui a duré un peu plus d’une heure. Sur divers clichés, on voit les deux couples autour d’une table basse chargée de tasses et de pâtisseries, puis dans les jardins devant un présentoir de pots de miel et auprès d’une maquette de la future salle de bal de la Maison Blanche, projet controversé de Donald Trump.

La visite d’Etat doit marquer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, et célébrer les liens entre les deux pays. Elle « se déroulera comme prévu », a fait savoir, dimanche, Buckingham Palace, quelques heures après qu’un assaillant armé a tenté de forcer l’entrée d’un dîner de gala en présence du président américain.

« Immense enthousiasme »

La confirmation du voyage a réjoui le dirigeant républicain, fasciné par la pompe monarchique, aussi prompt à louer le monarque que prodigue en critiques contre le premier ministre britannique, Keir Starmer. « C’est un mec super », a dit Donald Trump à propos du roi dans un entretien avec Fox News dimanche, « il représente son pays comme personne d’autre ne peut le faire ».

Charles III s’était dit « très soulagé » d’apprendre que Donald Trump était « sain et sauf » après les coups de feu tirés samedi, pendant le dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche, à l’extérieur de la salle où se tenait le président. Un suspect a été inculpé lundi pour tentative d’assassinat contre Donald Trump.

L’ambassadeur britannique aux Etats-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d’un « immense enthousiasme » du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec faste au Royaume-Uni l’an dernier.

Mardi sera la journée la plus protocolaire du voyage. Charles III et la reine Camilla seront formellement accueillis à la Maison Blanche par Donald et Melania Trump avec 21 coups de canon et un passage en revue de troupes. Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le bureau Ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l’éducation et à l’intelligence artificielle.

Amadouer Donald Trump

Le même jour, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain. Selon un extrait fourni par le service de presse du roi, Charles III devrait y évoquer les liens historiques qui unissent les deux pays, qui « ont toujours su trouver des moyens de se rassembler ». Il devrait également rappeler que la défense des idéaux démocratiques est « essentielle pour la liberté et l’égalité » face aux défis internationaux.

Le roi devrait reprendre brièvement la parole lors d’un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche. En déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre.

Charles III a pour mission implicite d’amadouer Donald Trump, qui s’est montré excédé par les réserves des autorités britanniques concernant la guerre en Iran. Mais le roi devra aussi veiller à ne pas laisser l’ascendant au président américain, ce qui alimenterait les critiques déjà nombreuses au Royaume-Uni sur ce voyage.

En plus d’attaquer Keir Starmer, Donald Trump a bousculé la « relation spéciale » transatlantique en s’en prenant à l’armée et à la marine britanniques.

Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond : l’affaire Epstein et l’amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel. Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n’en finit plus de secouer la monarchie britannique.

[Source: Le Monde]