Les attentats du 1er février 2004

Michael EJ Phillips

Jan 31, 2026 - 14:41
Jan 31, 2026 - 14:44
Les attentats du 1er février 2004
Le mémorial du 1er février, parc Sami Abdulrahman - Muhammed Serdar - Wikipédia.

Le 1er février 2026 marque le 22e anniversaire d'un double attentat suicide visant la section 2 du Parti démocratique kurde (PDK) et le centre 3 de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) à Erbil, en 2004. Ces attentats insensés ont coûté la vie à 101 dirigeants kurdes, politiciens et membres des forces de sécurité alors qu'ils s'étaient réunis pour célébrer l'Aïd al-Adha, qui aurait dû être un moment de joie, de fête et de bonne volonté pour tous.

Un ancien ministre du gouvernement, le vice-gouverneur d'Erbil et le chef de la police de la ville figuraient parmi les personnes tuées dans les bureaux des principaux groupes politiques de la région du Kurdistan. Le journal Al-Hayataurait émis l'hypothèse que ces attentats auraient pu être une riposte à la capture de Hassan Ghul, le messager de Ben Laden, dans la région du Kurdistan.

À l'époque, un porte-parole de l'Autorité provisoire de la coalition avait déclaré : « Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de ces attentats », suggérant qu'Al-Qaïda ou Ansar al-Islam, un groupe islamiste kurde soupçonné d'avoir des liens avec Al-Qaïda, pourraient en être responsables. « Il pourrait s'agir de n'importe quel groupe tentant d'opérer en Irak », a-t-il ajouté.

Les terroristes visaient à déstabiliser les Kurdes et à semer la peur. La nation kurde est toutefois restée résiliente, poursuivant son combat pour la liberté et la justice, comme elle le fait depuis très longtemps. Aujourd'hui, en Irak et en Syrie, les forces kurdes restent les plus efficaces contre le terrorisme dans la région, malgré les nombreuses difficultés et obstacles à surmonter.

Il est très important de rappeler que de tels actes terroristes n'ont pas leur place dans une société civilisée. Un changement positif et efficace passe par le dialogue et la diplomatie, et non par des attentats-suicides qui entraînent la perte de vies innocentes. Ce fait a été rappelé de manière brutale aujourd'hui (31 janvier 2026) au Pakistan, où au moins dix membres des forces de sécurité et 37 militants ont été tués dans la province du Baloutchistan, au sud-ouest du pays.

L'Armée de libération du Baloutchistan (BLA), le plus grand groupe militant régional, a revendiqué la responsabilité de ces attaques, déclarant qu'elles visaient des installations militaires, la police et des fonctionnaires de l'administration civile.

Une déclaration publiée après la cérémonie commémorative de l'année dernière (2025) par le président de la région du Kurdistan, Nechirvan Barzani, disait ceci : « Les victimes sont le symbole du sang versé par tous les Kurdes... La meilleure façon de montrer notre loyauté envers les âmes des martyrs et la bonne façon de lutter contre les terroristes est l'unité. C'est seulement ainsi que nous pourrons protéger nos acquis et nos droits et atteindre nos objectifs. »

L'approche adoptée par le président Nechirvan Barzani est celle du dialogue, de la médiation et de la discrétion. Ces derniers jours, il a mis à profit ses relations avec les États-Unis et la Turquie pour obtenir un cessez-le-feu et un nouvel accord entre le gouvernement intérimaire syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Cet accord est le fruit du respect dont il jouit tant au Moyen-Orient qu'à l'extérieur, en tant que personne capable de contribuer aux processus de consolidation de la paix et de compréhension grâce à des conversations diplomatiques, des relations de confiance et sa capacité à réparer les divisions lorsque d'autres ne le veulent pas ou ne le peuvent pas.

Il entretient également de bonnes relations avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Alors qu'Ankara s'oppose depuis longtemps à la survie des FDS, la position du président Nechirvan Barzani à Ankara, combinée à la confiance que lui accordent les dirigeants kurdes tels que Mazloum Abdi, a permis d'apaiser les tensions.

De telles actions méritent d'être prises en considération dans cette région du monde particulièrement troublée.