Côte d'Ivoire: un parlementaire malien condamné à trois ans de prison ferme pour "outrage" au président
Membre du Parlement de transition du Mali, Mamadou Hawa Gassama a été condamné vendredi 30 janvier par la justice ivoirienne à 3 ans de prison ferme pour "offense" et "propos outrageants sur Internet" envers le chef de l'État ivoirien Alassane Ouattara. Cette décision est assortie d'une interdiction de séjour de trois ans et d'une amende d'environ 7 622 euros.
L'affaire remonte à juillet dernier, lorsque Mamadou Hawa Gassama, opposant historique du précédent régime de Bamako, a été arrêté en Côte d'Ivoire. La cause de son arrestation: des propos tenus en septembre 2022, lors d'une interview dans un média malien, où il avait qualifié le président ivoirien, Alassane Ouattara, "d'ennemi du Mali". Ces déclarations ont été jugées inacceptables par le procureur, qui a souligné la gravité de tels propos venant d'une personnalité de son rang. Le procureur a insisté sur le fait que tout discours méprisant envers les institutions serait sévèrement sanctionné.
"Une décision excessive, grave et très sévère"
Lors du procès, Mamadou Hawa Gassama a réitéré ses excuses pour ses propos. Cependant, cela n'a pas suffi à atténuer la sévérité de la sentence. Le tribunal de première instance du Plateau, un quartier d'Abidjan, a condamné Mamadou Hawa Gassama à trois ans de prison ferme et, au terme de cette peine, à une interdiction de séjour de la même durée. Le parlementaire a également écopé d'une amende de 5 millions de francs CFA (soit 7.622 euros).
Arrêté à la suite d'un séjour privé en Côte d'Ivoire en juillet et en détention depuis, Mamadou Hawa Gassama était poursuivi pour "offense au chef de l'État" et "diffusion d'expressions outrageantes par Internet". Début janvier, le parquet avait requis cinq ans d'emprisonnement, la peine maximale pour ces chefs d'accusation.
Son avocat, maître Mamadou Ismaïla Konaté, a vivement critiqué la décision du tribunal. "Nous trouvons que cette décision est d'abord excessive, elle est grave et elle est très sévère". "Cette infraction est tout aussi grave" mais "les excuses réitérées de M. Gassama ne devraient pas lui faire supporter une décision de cette nature", a-t-il déclaré à l'issue du procès. La défense a vingt jours pour décider de faire appel.
[Source: TV5Monde]