L'administration Trump va organiser une réunion internationale sur les minerais critiques avec de nombreux pays africains en février
L’administration Trump cherche à tout prix à renforcer ses chaines d'approvisionnement nationales en minerais critiques pour contrer la mainmise chinoise. Ces matériaux sont essentiels aux produits de haute technologie, notamment les téléphones portables, les véhicules électriques, les avions de combat et les missiles.
Et le 20 janvier, le département d'État a annoncé que le secrétaire d’État américain Marco Rubio accueillerait des "partenaires du monde entier" pour la première réunion ministérielle sur les minerais critiques, le 4 février. "Le renforcement des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques avec nos partenaires internationaux est essentiel pour la sécurité économique et nationale des États-Unis, leur leadership technologique et un avenir énergétique résilient" écrit le département d’État sur X.
Selon le mensuel Jeune Afrique qui a interrogé des sources proches de l'industrie minière, "des acteurs du secteur ainsi que des hauts responsables de RDC, du Kenya et de Guinée devraient être présents. Le président congolais, Félix Tshisekedi, fera le voyage en personne, accompagné du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et du président de Gécamines, Guy-Robert Lukama."
Le 4 décembre 2025, l'accord signé à Washington entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame comprenait aussi un volet économique. L'administration Trump cherche à instaurer une coopération Kinshasa-Kigali permettant de tracer et assainir les chaînes d'approvisionnement de minerais critiques (coltan, cobalt, cuivre, lithium) pour s'assurer un accès à ces ressources stratégiques indispensables aux industries de pointe.
"Tout le monde va gagner beaucoup d'argent", avait lancé le président Donald Trump à cette occasion, promettant d'envoyer "de grandes entreprises américaines" dans les deux pays africains voisins. Mais tant que la situation n'est pas apaisée entre les deux États frontaliers, cette coopération commerciale ne sera pas possible.
La politique agressive de Trump envers le Groenland, qui possède de vastes ressources minières, s'inscrit dans cet objectif. La prise de contrôle du territoire semi-autonome du Danemark est essentielle à la sécurité nationale des États-Unis et pour écarter les menaces de la Chine et de la Russie dans l’Arctique a martelé le président américain.
Cette réunion ministérielle sur les minéraux critiques se tiendra en même temps que le National Prayer Breakfast, un forum qui rassemble des élites chrétiennes politiques, religieuses et économiques venues du monde entier, le 5 février. Selon le mensuel Jeune Afrique, Félix Tshisekedi devrait y assister mais pas son rival, le président rwandais Paul Kagame, selon un responsable rwandais.
Des ressources rares
La question de la chaîne d'approvisionnement en minéraux critiques n'est pas récente. Elle figurait au menu des discussions du G7 le 13 janvier. Il y a une semaine, le 15 janvier, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a organisé une rencontre à Washington avec les alliés des États-Unis pour discuter des moyens de sécuriser les chaînes d'approvisionnement mondiales en minerais stratégiques.
Parmi les participants figuraient des représentants de l’Union européenne, de France, du Royaume-Uni, d’Allemagne, d’Italie, d’Australie, du Canada, du Japon, de Corée du Sud et du Mexique.
Comme le rapportait Reuters, le gouvernement congolais a envoyé une liste d'actifs publics, notamment du manganèse, du cuivre, du cobalt, de l’or et du lithium – à l’intention des investisseurs américains.
Le département d'État américain s'intéresse aussi aux gisements miniers de la Guinée. Nick Checker, le chef du département Afrique, a assisté à l'investiture du président Mamadi Doumbouya le 17 janvier.
[Source: TV5Monde]