CAN 2025: le Maroc et le Sénégal, les deux finalistes, ont-ils des chances de briller à la Coupe du monde 2026?

On les attendait en finale de cette CAN 2025 et ils n'ont pas manqué ce rendez-vous. Les deux meilleurs équipe du continent, le Maroc, classé 8ème au classement mondial de la FIFA, et le Sénégal, 12ème, espèrent allez loin en juin lors de la prochaine Coupe du monde. Mais quelles sont leurs chances? Les Marocains affronteront le Brésil au premier tour et les Sénégalais tombent eux sur la France, finaliste de la dernière édition.

Jan 24, 2026 - 07:10
CAN 2025: le Maroc et le Sénégal, les deux finalistes, ont-ils des chances de briller à la Coupe du monde 2026?
Iliman Ndiaye pour le Sénégal et Brahim Díaz, lors de la finale de la CAN le 18 janvier, pour le Maroc espèrent aller loin dans la prochaine Coupe du monde (AP Photo/Mosa'ab Elshamy).

Le ton est donné. "On n'a peur de rien. On est des Lions", expliquait le soir du tirage au sort de la phase finale de la Coupe du monde Moussa Niakhaté le défenseur du Sénégal et de l'Olympique lyonnais au micro de la chaîne française L'Équipe. Les Lions de la Teranga sont tombés sur un des groupes les plus difficiles de ce mondial avec la Norvège de l'attaquant de Manchester City Erling Haaland et surtout la France de Kylian Mbappé, finaliste de la dernière édition. 

Selon Ablam Gnamesso, interrogé par TV5MONDE et correspondant de l'agence de presse Reuters à Cotonou au Bénin, les Lions de la Teranga ont une carte à jouer. "Le Sénégal a le potentiel pour créer la surprise face à la France. Les Bleus restent les grands favoris mais on sent qu'il y a un petit avantage psychologique. Sur les trois confrontations entre les deux pays, dont la plus mémorable a été la victoire 1-0 lors du match d'ouverture de la Coupe en 2002, le Sénégal en a gagné deux", rappelle le journaliste béninois. 

Les nouveaux champions d'Afrique ont montré tout leur réalisme dans cette CAN au Maroc. "Ils sont nommés les "géants-tueurs. Très réalistes, ils peuvent battre n'importe qui", estime Ablam Gnamesso. Le Sénégal peut-il aller loin? C'est une des équipes les plus régulières du continent. 

"Ils sont champions d'Afrique pour la deuxième fois en trois éditions. Ils ont fait trois finales en quatre éditions. Lorsque le match est serré, compliqué, ils arrivent à serrer le jeu avec un style finalement assez européen basé sur la possession du ballon. Ils ont montré une résilience assez incroyable, même en dehors de la finale, avec des victoires très étriquées mais finalement assez logiques comme contre l'Égypte en demi-finale", explique Ablam Gnamesso. 

"Sadio Mané sera encore le leader solide expérimenté et le guide de cette équipe, soutenu par des talents comme Pape Gueye ou des jeunes joueurs comme Ibrahim Mbaye (joueur formé au PSG)", ajoute le journaliste béninois. Le talent n'est pas que dans la ligne offensive. "Leur défense est imperméable", analyse le journaliste.

Quel sera l'objectif assigné par la Fédération sénégalaise de football aux nouveaux champions d'Afrique? En 2002, les Lions de la Teranga avaient atteint les quarts de finale. Au Qatar en 2022, les Sénégalais avaient été éliminés par l'Angleterre 3-0 en huitième de finale. Trois ans plus tard les Lions de la Teranga sont devenus la première nation africaine à battre les Anglais (3 à 1), signe de leur progrès. 

Sadio Mané

Sadio Mane ici face à Nayef Aguerd lors de la finale de la CAN sera encore le leader de la sélection sénégalaise (AP Photo/Mosa'ab Elshamy).

Un doute demeure, qui ne relève pas du seul talent footballistique. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est apparu très remonté contre les joueurs sénégalais qui ont quitté le terrain pour contester le penalty accordé aux Marocains. "Nous condamnons fermement le comportement de quelques joueurs sénégalais et de membres du staff technique. Il est inacceptable de quitter le terrain de cette manière", avait déclaré Gianni Infantino dans un communiqué. Seront-ils sanctionnés, suspendus? L'incertitude demeure.

"Des Marocains revanchards"

Le Maroc est l'autre grand nation africaine attendue dans cette Coupe du monde. Classé 8ème nation mondiale, les Lions de l'Atlas veulent aller loin. Les hommes de Walid Regragui restent sur une performance historique en Coupe du monde. Les joueurs marocains sont devenus la première nation africaine à atteindre le dernier carré d'un mondial en 2022 au Qatar. Le Maroc va-t-il réussir à se remettre de sa déception en finale de sa CAN? Peuvent-ils réitérer cette performance, voir aller plus loin?

Walid Regragui

Walid Regragui, ici lors de la finale de la CAN le 18 janvier dernier, ne devrait pas changer le jeu de l'équipe pour la Coupe du monde (AP Photo/Mosa'ab Elshamy).

Mohamed El Bakili, analyste tactique ne croit pas à un traumatisme lié à cette finale manquée de la part de la sélection marocaine. Et le schéma de jeu du Maroc ne changera pas avec Walid Regragui, s'il reste en poste. "Le sélectionneur va chercher à reproduire l'exploit de la Coupe du monde Qatar 2022 avec un Maroc au système de jeu en 4-3-3 comme étant un système basé sur des ailiers comme Abdessamad Ezzalzhoui, y compris Brahim Diaz afin d'étirer le jeu pour une montée explosive de la part des latéraux, notamment lorsque l'on parle d'un joueur comme Achraf Hakimi qui joue parfois plus haut que les ailiers afin de créer une supériorité numérique", explique l'analyste du jeu de la sélection. 

Le journaliste marocain chez Foot Mercato, Hanif Ben Berkhane, estime qu'ils sont capables de dépasser leur déception de cette finale perdue de la CAN. "Il y a un sentiment de revanche. Yassine Bounou, le gardien des Lions de l'Atlas a posté un message très positif en disant que la vie continuait et que la vie n'offrait que des choses positives", décrit le journaliste. Le staff devrait rester le même. "Le cycle Walid Regragui n'est pas terminé. Il va continuer, faire au moins cette Coupe du monde", estime Hanif Ben Berkhane. 

"La question est de savoir comment le staff va réussir à redonner de l'énergie à cette équipe. Cette CAN a été un peu oppressante, très anxiogène avec toutes ses rumeurs, ses fausses informations sur le Maroc. Ce sera le travail de Walid Regragui", estime le journaliste marocain.  

Selon le journaliste Ablam Gnamesso, les Lions de l'Atlas ont en tous cas montré de belles choses durant le tournoi malgré une fin au goût amer. "Les Lions de l'Atlas du Maroc ont confirmé leur solidité défensive durant toute la compétition avec deux buts seulement encaissés. Le talent offensif est là avec Brahim Diaz ou Ayoub El Kaabi. Malgré la défaite en finale, leur parcours montre une certaine maturité dans leur capacité à contrôler les matchs," estime notre confrère. Les Marocains en poule feront face à Haïti, l'Écosse et surtout le Brésil. Un groupe à leur portée? Face au Brésil sur le papier, la rencontre apparaît équilibrée.

"Le Maroc a de réelles chances de tenir tête au Brésil et même de l'emporter", estime le journaliste. "Les Marocains ont une "croyance croissante" dans leur chance d'aller loin. Leur discipline tactique les placent comme les favoris africains pour créer l'histoire. S'ils évitent 'les gros' en phases finales, ils peuvent aller loin", estime Ablam Gnamesso. 

Mohamed El Bakili, estime que le Maroc, qui joue en "bloc bas" aime justement affronter les 'gros'. "Le Maroc, face aux grandes équipes comme le Brésil, cherche la prudence accompagnée d'une efficacité". Hanif Ben Berkhane trouve au contraire que le jeu du Maroc a changé ses dernières années. "Nous sommes passés d'une équipe de contres, comme en 2022 lors de la Coupe du monde, à un jeu plus proactif. Le Maroc peut aussi dans cette configuration gêner les grandes nations et viser les quarts de finale." Le Maroc peut-il battre le Brésil? Réponse le 14 juin au stade du Metlife à New York.

[Source: TV5Monde]