Tournoi des six nations : l’Italie, « sous-estimée » et en progression constante, au défi du XV de France
Vainqueurs de l’Ecosse et séduisants en Irlande, les hommes de Gonzalo Quesada se présentent en confiance au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord), pour affronter les Bleus dimanche, lors de la troisième journée de la compétition de rugby.
Rarement un avant-match aura été aussi cordial. A deux jours de la rencontre du Tournoi des six nations entre le XV de France et celui de l’Italie, qui se tiendra le dimanche 22 février à 16 h 10, le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié a, comme il est de coutume, été invité par les journalistes à dire tout le bien qu’il pensait de son adversaire. L’ex-demi de mêlée ne s’est pas fait prier : la Squadra Azzurra est, dit-il, « capable de battre n’importe quelle équipe du Top 10 mondial » et même de « gagner » la compétition continentale.
« On le prend comme un gros compliment », lui a répondu son homologue Gonzalo Quesada, samedi, par conférence de presse interposée. « Fabien n’a pas besoin de s’enlever de la pression avec une phrase comme ça. Je pense qu’il est sincère. C’est vraiment sympa », a ajouté l’Argentin, qui partage avec le Lotois le fait d’avoir entraîné dans le Top 14, le championnat de France de rugby, et d’avoir notamment mené le Stade Français au titre.
Fabien Galthié n’est pas le premier à tresser des lauriers aux Transalpins. En novembre 2025, le sélectionneur des doubles champions du monde sud-africains, Rassie Erasmus, y était lui aussi allé de ses louanges. « Pour moi, cette équipe est sur une vraie dynamique ascendante. Elle est très sous-estimée », expliquait-il après avoir vu l’Italie offrir une belle résistante à ses troupes (32-14).
En quête de régularité
Un résultat marquant qui s’ajoute aux succès de prestige des Azzurri, récemment vainqueurs du Pays de Galles, de l’Australie ou encore de l’Ecosse (18-15), pour leur premier match des Six nations millésime 2026. Et les Italiens ne sont pas passés loin de doubler la mise, revenant d’Irlande (13-20) avec le point de bonus défensif la semaine passée. Autant de performances qui portent la marque de Gonzalo Quesada, arrivé à la tête de la sélection en 2024.
Sous sa direction, l’Italie a terminé le Tournoi à deux reprises à la cinquième place, elle qui était habituée à la dernière depuis 2016. Et compte presque autant de victoires (10) que de défaites (13) toutes compétitions confondues. Du jamais vu depuis que la Squadra Azzurra a rejoint ce qui était alors le Tournoi des cinq nations, en 2000.
« Pour nous il y a deux objectifs dimanche [face à la France] : être réguliers pour la première fois dans le Tournoi, parce qu’on n’a jamais réussi à faire cinq matchs accomplis. Et exprimer notre jeu », a détaillé Gonzalo Quesada, qui sait que la bonne forme de son équipe est encore fragile. Si elle avait obtenu un match nul face à la France en 2024 (13-13), elle avait aussi subi la foudre des Bleus en 2025, à Rome (24-73).
L’Italie mise sur sa mêlée
Pour éviter une nouvelle déconvenue, l’entraîneur argentin s’appuiera sur sa recette habituelle : une ribambelle de joueurs issus du club de Trévise – 14 sur les 23 de la feuille de match dimanche – et des stars évoluant dans le championnat de France, à l’image de l’arrière toulousain Ange Capuozzo, de l’ailier lyonnais Monty Ioane ou de l’ouvreur toulonnais Paolo Garbisi. Autant d’individualités dans la fleur de l’âge, auxquelles il convient d’ajouter le centre Tommaso Menoncello, élu meilleur joueur du Tournoi en 2024, et annoncé avec insistance du côté du Stade toulousain l’an prochain.
Surtout, les Italiens s’appuient sur une conquête solide, en touche comme en mêlée. Le pilier irlandais Tadhg Furlong pourrait en témoigner, lui qui s’est retrouvé propulsé à un mètre de haut sous la pression de Mirco Spagnolo dans l’une de ces épreuves de force. La séquence n’a évidemment pas échappé à François Cros : « On a tous vu les images de la mêlée irlandaise mise en difficulté, a euphémisé le troisième ligne tricolore. C’est l’un de leurs points forts [aux Italiens] sur les deux premiers matchs. »
Le Toulousain se méfie de joueurs « à l’aise dans leur système de jeu offensif ». Son capitaine Antoine Dupont ne dit pas autrement : « L’Italie est une équipe qui ne cesse de progresser, qui ne cesse de surprendre. Et je pense qu’il faut arrêter d’utiliser le mot surprendre d’ailleurs parce que maintenant, ils sont dans la continuité depuis quelques années à avoir des gros résultats. » Les Bleus – privés de leur ouvreur Matthieu Jalibert, touché au mollet gauche – pourront se rassurer, s’ils en ont besoin, en consultant l’historique de leurs duels face la Squadra Azzurra, qui ne les a plus battus depuis 2013.
[Source: Le Monde]