Coupe du monde 2026 : des Belges à la peine voient se profiler le spectre de 2022 après un nouveau match nul face à l’Iran
Tenus en échec par la Tim-e Melli-e (0-0), dimanche 21 juin, à Los Angeles, après l’avoir été par l’Egypte (1-1), les Diables rouges de Kevin De Bruyne seraient-ils « trop vieux », comme l’avait déjà évoqué le meneur de jeu lors du dernier Mondial au Qatar ?
Et de deux. Deux matchs nuls qui lancent fort mal la Coupe du monde pour les Belges. Comme quelques jours plus tôt face à l’Egypte (1-1), les joueurs de l’entraîneur français Rudi Garcia ont été tenus en échec par l’Iran (0-0), dimanche 21 juin à Los Angeles. Deux résultats décevants qui, faute de sursaut face à la Nouvelle-Zélande, le 26 juin, pourraient les conduire vers une deuxième désillusion après celle enregistrée en 2022, lorsqu’ils n’avaient pu franchir le premier tour. Deux contre-performances, enfin, qui pourraient valider le diagnostic de Kevin De Bruyne : « Aucune chance, on est trop vieux », avait-il prédit avant même le début du Mondial au Qatar, il y a quatre ans. Son propos, totalement inhabituel dans le monde du football professionnel, avait déclenché une petite polémique et vexé quelques-uns de ses coéquipiers. Il faut toujours se méfier des saillies des taiseux.
Le génial meneur de jeu belge avait alors 31 ans et l’impression que le temps de la splendeur des Diables rouges, demi-finalistes de l’épreuve en 2018, était bel et bien révolu. Celui qui aura 35 ans le 28 juin pourrait sans doute dresser le même constat aujourd’hui : l’équipe alignée par Rudi Garcia face à l’Iran comptait six trentenaires au coup d’envoi. Mais Kevin De Bruyne s’en gardera bien. L’expérience lui a appris à mieux lisser ses prises de parole. « Peut-être que ça amène un peu de calme aussi. »
Le joueur aux 120 sélections (37 buts) a récemment indiqué qu’il « comprend mieux ce que signifie représenter son pays dans quatre Coupes du monde », qu’il a atteint un point de sa carrière où il peut « davantage profiter de ce genre de tournoi ». Il n’a plus devant lui « dix ans chez les Diables » et veut donc « en profiter ». Lui aussi a dû encaisser quelques remarques désobligeantes à propos de son âge. Pep Guardiola, qui fut longtemps son entraîneur à Manchester City, l’a même comparé à une voiture usagée, qui, « quand elle a roulé pendant des années, n’est plus la même. Il y a toujours quelque chose qui fonctionne un peu moins bien. »
Comme Romelu Lukaku, son coéquipier en sélection nationale et à Naples, Kevin De Bruyne vient de traverser une saison compliquée, marquée par une longue absence due à une blessure (lésion du biceps fémoral). « Aura-t-il encore les jambes pour répondre aux immenses attentes placées en lui ?, s’interrogeait la presse belge avant le Mondial 2026.La question de sa forme physique, comme celle de Romelu Lukaku, sera l’un des grands dossiers de ce début de Mondial. » Après les deux premières rencontres de la Belgique, la question n’est pas tranchée.
« Erreur » de Nathan Ngoy
Face à l’Iran, De Bruyne a beaucoup cherché son « vieux » compatriote Romelu Lukaku, 33 ans, à peine remis d’une blessure lui aussi. L’homme est à court de rythme, mais sa présence a quelque chose de rassurant pour ses coéquipiers.« Même s’il a peu joué, on a besoin de lui pour cadrer les jeunes, taper du poing sur la table si quelque chose ne va pas », rappelait l’arrière latéral belge Thomas Meunier (34 ans), avant le match contre l’Iran. Et le buteur n’a-t-il pas démontré son caractère indispensable lorsqu’il a contribué à l’égalisation de son équipe face à l’Egypte, seulement 44 secondes après son entrée en jeu ?
Pour Rudi Garcia, Romelu Lukaku ne devait être titularisé uniquement « s’il y avait un caractère d’urgence » et « pas plus de 60 minutes ». « L’urgence », dimanche, s’est prolongée plus de 70 minutes. Le temps de vérifier que le grand attaquant belge (127 sélections, 90 buts) ne pèse plus autant sur les défenses adverses. Que sa puissance est moins dévastatrice, que sa détente l’emmène moins haut et que sa capacité à se retourner dans la surface de réparation a perdu en efficacité. « Un manque de présence », a relevé Rudi Garcia.
A la 66e minute, c’est pourtant un nouveau venu en sélection, Nathan Ngoy (23 ans), qui a failli aggraver la situation de son équipe en écopant d’un carton rouge pour avoir tenté d’annihiler irrégulièrement une occasion de but iranienne. « Une erreur de jeunesse », selon Rudi Garcia. Manière de souligner, sans doute, qu’un peu d’expérience ne saurait nuire.
L’entraîneur des Belges a déjà expliqué qu’il voulait aider les vieux grognards belges, eux qui disputent sans doute leur dernier Mondial, à « sortir par la grande porte ». L’un d’entre eux, au moins, a justifié cette confiance : son gardien de but, Thibault Courtois (34 ans, 110 sélections) a sauvé son équipe à deux reprises. Amir Ghalendeoi, l’entraîneur iranien, l’a trouvé « fantastique ». Un compliment renvoyé par Rudi Garcia à l’intention du portier iranien, Alireza Beiranvand, auteur de plusieurs arrêts déterminants lui aussi : « L’homme du match. »
Ce deuxième score nul, après celui face à la Nouvelle-Zélande (2-2), est « une grande réussite, qui va rentrer dans l’histoire du foot iranien », pour le coach de La Tim-e Melli-e. Comme la veille du match, comme lors de chacune de ses prises de parole en conférence de presse, Amir Ghalendeoi a encore tenu à souligner que son équipe traversait la compétition « dans les pires conditions possibles », notamment à cause des temps de transport imposés à son équipe installée à Tijuana, au Mexique. Ses joueurs ne sont pourtant plus qu’à une victoire, contre l’Egypte, le 26 juin à Seattle, d’une qualification pour les 16es de finale du Mondial. Ce match, pour les Iraniens, mériterait alors son surnom, contesté chez eux, de « match des fiertés ».
[Source: Le Monde]