La France et l’Allemagne renforcent leur partenariat stratégique en s’accordant sur la gouvernance paritaire du fabricant de chars KNDS
L’accord entre Paris et Berlin ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, pour réaliser ce qui sera l’une des plus importantes introductions en Bourse en Europe ces dernières années.
Paris et Berlin ont annoncé, lundi 22 juin, avoir conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance paritaire du groupe franco-allemand KNDS, au cœur du projet de char du futur MGCS, ouvrant la voie pour sa prochaine introduction en Bourse.
« La France et l’Allemagne ont conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, dont elles ont l’intention de devenir coactionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays », ont affirmé les gouvernements allemand et français dans un communiqué commun.
Créé en 2015 par la fusion du français Nexter, alors détenu par l’Etat français, et de l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, KNDS est l’un des acteurs-clé de l’industrie européenne de défense terrestre face à la concurrence américaine (General Dynamics/GDLS). L’Etat français détient actuellement 50 % du capital tandis que Berlin va monter à 40 %, les deux gouvernements futurs coactionnaires visant à terme « un actionnariat paritaire », selon le communiqué.
Cette participation dans KNDS va permettre de « sécuriser des technologies-clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne », a commenté dans un communiqué séparé la ministre allemande de l’économie, Katherina Reiche. « A l’avenir, l’Allemagne et la France décideront sur un pied d’égalité du développement d’une entreprise essentielle pour les capacités de défense européennes », a-t-elle ajouté.
Vers une entrée en Bourse
Les négociations entre l’Etat allemand et Wegmann & Co., la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, avaient auparavant achoppé sur la question du prix d’entrée en Bourse après que la hausse des valeurs de défense cotées en Europe, observée en début d’année, s’est inversée. Des dissensions internes ont également eu lieu au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30 %.
L’accord entre Paris et Berlin ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, pour réaliser ce qui sera l’une des plus importantes introductions en Bourse en Europe ces dernières années. L’aspect budgétaire de l’accord reste soumis à l’approbation du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. KNDS fournit aux armées des chars de combat, des véhicules blindés de transport de troupes, des ponts portables et des véhicules robotisés.
L’opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d’euros, écrit Bloomberg, avec une cotation envisagée à Paris et Francfort. Outre KNDS, l’Allemand Rheinmetall et le groupe français Thales participent au projet MGCS, censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l’horizon 2040.
[Source : Le Monde]