Un Olympique de Marseille renversant se relance en Ligue des champions face à Newcastle
Un doublé exceptionnel de Pierre-Emerick Aubameyang permet à l’OM de battre Newcastle (2-1) après la pause et de croire encore à la qualification.
Mais que s’est-il donc passé dans les vestiaires de l’Olympique de Marseille à la mi-temps de son match de Ligue des champions contre Newcastle, mardi 25 novembre ? Un coup de gueule ? Une prise de conscience ? Une union sacrée pour enfin se montrer à la hauteur des exigences européennes ? Fébrile, attentiste puis imprécise en première période, l’équipe de l’entraîneur Roberto de Zerbi est revenue transfigurée sur la pelouse du stade Vélodrome. Et a renversé en quatre petites minutes une partie qui semblait jusqu’alors très mal engagée. Deux buts fantastiques de son « ancien »Pierre-Emerick Aubameyang, attaquant de 36 ans aux accélérations toujours folles, et une passe décisive de son débutant du jour, Darryl Bakola, presque 20 ans de moins, ont réchauffé un public en voie de congélation. Et donné à l’OM une victoire capitale dans un match déjà décisif (2-1).
Ce second succès après cinq journées de Ligue des champions remet le club marseillais sur la bonne trajectoire européenne. Malgré ses trois défaites, Marseille occupe – en attendant les matchs du mercredi – la 19e place au classement de la compétition. Et sa victoire sur Newcastle, l’une des très belles équipes de la Premier League, le championnat anglais, lui confère la légitimité pour prétendre à une place parmi les vingt-quatre clubs qui disputeront la phase finale au printemps 2026.
Quarante-cinq minutes difficiles
Interrogé sur les mystères de son discours entre les deux mi-temps, Roberto de Zerbi a relativisé la portée de ses mots. « A vrai dire, il n’y a rien eu d’exceptionnel. C’est bizarre, j’étais serein et tranquille. Je leur ai juste dit de continuer à jouer de cette manière. En première mi-temps, on avait créé beaucoup, on était brillants, éveillés et je voyais Aubameyang très bon », explique l’entraîneur marseillais. L’analyse ne fera pas forcément l’unanimité parmi les 64 521 spectateurs présents mardi soir au Vélodrome. Après quarante-cinq minutes difficiles, beaucoup s’inquiétaient de la tournure de la soirée face à une équipe anglaise qui semblait maîtriser son sujet.
Malgré un stade Vélodrome à guichets fermés, des tifos exceptionnels pour l’entrée des joueurs et une ambiance incandescente, le début de match des Marseillais avait été atroce, sous les yeux même du propriétaire américain du club Franck McCourt. Un premier corner concédé en quelques secondes, un carton jaune pour le capitaine de l’OM Leonardo Balerdi pour un tacle trop engagé, et, au bout de ce démarrage en mode panique, le but de Harvey Barnes (6e), seul aux dix mètres dans une défense marseillaise déstructurée.
De quoi faire jubiler les 3 300 supporteurs anglais, qui, depuis la veille, animaient les abords du Vieux-Port, sans grand débordement. « Les dix premières minutes, on était un peu dans les nuages » a reconnu Roberto De Zerbi, maniant l’euphémisme. Une autre façon de dire que ces joueurs étaient dépassés par un pressing asphyxiant et une organisation anglaise qui a surpris le staff technique marseillais.
Après ce premier but encaissé, on attendait que l’OM emballe la partie. Mais les Phocéens sont restés curieusement prudents, travaillant leurs actions à l’infini, sans se rapprocher vraiment de Nick Pope, le gardien britannique. A la 25eminute, Newcastle avait tiré six fois au but. L’OM deux fois seulement, par l’intermédiaire d’un Pierre-Emerick Aubameyang, qui, à ce moment de la soirée, semblait lancé dans un match où rien ne lui réussirait.
Forme ascendante
C’était sans compter sur le bain de jouvence qu’un gamin de 17 ans allait offrir à l’OM. Eddie Howe, l’entraîneur de Newcastle, avait prévenu que la bataille au milieu de terrain serait « très importante ». Roberto de Zerbi lui a répondu par un choix dont lui seul connaît les raisons, tactiques comme psychologiques. Pour tenir tête à l’un des meilleurs entrejeux de la Premier League, l’entraîneur italien de Marseille a décidé de titulariser pour la première fois le jeune Darryl Bakola. Un joueur pas encore majeur, pour donner de la folie au jeu marseillais aux côtés du Belge Vermereen, à peine plus âgé, et de l’expérimenté Danois Hojbjerg.
Le pari a mis, lui aussi, dix bonnes minutes à porter ses fruits. Tâtonnant, cherchant sa place dans les premiers instants, Bakola s’est montré de plus en plus culotté. Et c’est lui qui, au retour des vestiaires, a mis Aubameyang sur orbite d’une passe lumineuse. Ne restait plus à l’avant-centre marseillais qu’à transformer le cours de la rencontre d’un coup de patte exceptionnel.
« Les joueurs, ce n’est pas comme les abricots. Les abricots mûrissent quand ils restent sur l’arbre. Les joueurs, faut les faire jouer, philosophait Roberto de Zerbi après le match, pas mécontent que les événements lui aient donné raison.Il y a des choses que je sens. Je me fie à mon instinct. C’était la bonne soirée pour lancer Bakola. » « Titulaire à 17 ans en Ligue des Champions, ce n’est pas rien. C’est qu’il y a vraiment de la qualité », constatait, plus prosaïquement, Benjamin Pavard, enfin revenu à son niveau.
Si l’entraîneur anglais Eddie Howe pouvait parler sans exagérer de « déception et de frustration » après le bon match de ses joueurs, c’est bien Marseille qui confirme sa forme ascendante. Deuxième de Ligue 1, à deux points seulement du Paris-Saint-Germain, replacé en Ligue des champions, le club phocéen semble avoir trouvé sa vitesse de croisière. Et peut croire à ses chances de qualification. Il a encore trois rencontres pour glaner autant de points. A commencer par son prochain déplacement européen dans la banlieue de Bruxelles (Belgique), le 9 décembre, pour affronter l’Union Saint-Gilloise. Une équipe qui, mardi 25, a montré toute sa qualité, en signant l’exploit de battre Galatasaray en Turquie (0-1). Pour ce prochain rendez-vous, Roberto de Zerbi aura peut-être encore une trouvaille à faire valoir.
[Source: Le Monde]