« Sur la terre des grands félins », sur France 5 : au plus près des lions, guépards et léopards du Botswana

Pour la BBC, une équipe a tourné pendant six mois dans le delta de l’Okavango y observant la faune, avec une passion tout anglo-saxonne.

Déc 26, 2025 - 10:42
« Sur la terre des grands félins », sur France 5 : au plus près des lions, guépards et léopards du Botswana
Une image montrant le lion Big Toe, extraite du documentaire « Sur la terre des grands félins », de Tom Jarvis et Rowan Crawford. GORDON BUCHANAN/BBC STUDIOS

Le delta de l’Okavango, au Botswana, est un site géologique unique. Le fleuve s’y jette, non pas dans la mer, mais au cœur des terres africaines, dans le désert du Kalahari. L’eau en provenance des monts de l’Angola irrigue ainsi plusieurs mois par an quelque 18 000 kilomètres carrés de savane, ce qui en fait un site prisé tant par la faune sauvage que par les humains qui font profession de l’observer ou de la photographier.

Pour la BBC, une équipe de documentaristes internationaux a rejoint les vidéastes locaux pour filmer, durant six mois, le territoire de 400 kilomètres carrés des grands félins qui, bien qu’ayant la chance de vivre dans ce sanctuaire, doivent se battre pour survivre. Comme très souvent avec les productions de la BBC, les technologies de pointe utilisées – parmi lesquelles des drones et des caméras nocturnes spécifiques – offrent une qualité d’image et une immersion saisissantes.

Sauf qu’ici le téléspectateur est embarqué au sein des équipes de pisteurs et de caméramans, à bord des 4 x 4 hérissés de téléobjectifs et d’écrans de contrôle. Les six épisodes ainsi réalisés sont diffusés en deux soirées, les 23 et 30 décembre, débutant par Vision nocturne.

Paysages irréels

A tout seigneur tout honneur, ce premier chapitre s’ouvre par la présentation des lions et de leurs deux chefs, Big Toe et Madumo, âgés chacun de 10 ans. « Mais le clan s’appuie en réalité sur les trois lionnes expérimentées », précise le narrateur : Nosi, 6 ans, « une chasseuse hors pair », selon le photographe Brad Bestelink, installé dans l’Okawongo depuis vingt-cinq ans ; Magogo, 10 ans, et Mmakgosi, du même âge. Sans oublier « en ce moment, six petits ». La proximité, depuis des années, entre les photographes, les soigneurs, les pisteurs et les animaux est telle que chaque félin a un nom.

Gordon Buchanan et Vianet Djenguet suivent plutôt les lions ; Anna Dimitriadis et Greg Hartman traquent la seule femelle guépard du coin, Pobe, 7 ans, qui est aussi une des 7 400 encore en vie sur la planète. A ne pas confondre avec Xudum, la femelle léopard de 5 ans que Tristen Woodward, autre photographe, suit depuis un an.

Vianet Djenguet dans le documentaire « Sur la terre des grands félins », de Tom Jarvis et Rowan Crawford.

La proximité entre l’homme et l’animal surprend, par exemple lorsqu’une lionne ne semble pas dérangée par la Jeep. Jusqu’à ce que Tiaan Schoema, le responsable des opérations, lance un appel radio : « Tout le monde au camp. » Il y a un incendie, le plus puissant depuis cinq ans.

Le rugissement des lions (épisode 2) va suivre l’adaptation des uns et des autres à ce drame, qui va aussi provoquer l’arrivée d’« intrus » (épisode 3). De son côté, Xudum va développer une technique de chasse innovante, dans les arbres, d’où elle saute sur les impalas – une espèce de gazelle. « Ce prédateur exceptionnel se prépare à réaliser un exploit », assure Brad Bestelink. Sautera, sautera pas ? Le suspense va devenir quasi insoutenable pour le photographe. Il faut alors s’accommoder des commentaires permanents à l’exubérance tout anglo-saxonne – « C’est du délire ! », « C’est génial ! » – ou baisser le son.

Pris par drones, les paysages semi-calcinés semblent irréels. Faut-il le préciser ? Aucune IA n’est utilisée ici, gage d’une émotion vraie. Ainsi, le regard capté en gros plan d’un lionceau retrouvé sain et sauf après l’incendie ne devrait laisser personne indifférent.

[Source: Le Monde]