Lucas Pinheiro Braathen, sacré en slalom géant, fait souffler un vent de Brésil sur les Jeux d’hiver

Le skieur s’est imposé, samedi à Bormio (Italie), devant les Suisses Marco Odermatt et Loïc Meillard. Il offre au Brésil et à l’Amérique du Sud leur toute première médaille dans l’histoire des Jeux olympiques d’hiver.

Fév 15, 2026 - 14:03
Lucas Pinheiro Braathen, sacré en slalom géant, fait souffler un vent de Brésil sur les Jeux d’hiver
Le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen, après sa victoire sur le slalom géant des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, à Bormio (Italie), le 14 février 2026. JOHN LOCHER / AP

Debout, face à la tribune, un ski brandi à bout de bras en direction des supporteurs, Lucas Pinheiro Braathen laisse éclater sa joie. Sous une pluie fine et glaçante, il vient, en un geste, de réchauffer quelque peu le public acquis majoritairement aux Suisses, les vaincus du jour. Marco Odermatt (argent) et Loïc Meillard (bronze) viennent à la rencontre du Brésilien pour le féliciter : il a remporté le slalom géant des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina, à Bormio (Italie), samedi 14 février, au terme d’une course maîtrisée de bout en bout. A 25 ans, Lucas Pinheiro Braathen offre au Brésil, et plus largement à l’Amérique du Sud, une médaille historique.

Après sa course, drapé dans les couleurs auriverde, le vainqueur est apparu apaisé, presque mystique, en conférence de presse. « Ce moment où vous réalisez que vous êtes champion olympique est fantastique. Je me suis entraîné tellement dur. C’est incroyable de voir son rêve devenir réalité, a-t-il déclaré, d’une voix posée. Ce sont des sentiments indescriptibles d’entendre l’hymne brésilien pour la première fois aux Jeux olympiques d’hiver. Ça m’a rendu extrêmement fier. »

Lucas Pinheiro Braathen a construit son succès grâce à une première manche d’anthologie, signant les meilleurs temps sur pratiquement tous les secteurs de la piste, sauf le dernier, dans un sursaut d’orgueil de Marco Odermatt. Parti le premier, le Brésilien, irréprochable dans le mur de départ, a conservé sa vitesse tout au long du tracé, et notamment sur les parties plates, secteurs-clés, où les espoirs de victoire peuvent s’envoler.

« Il a vraiment profité de son dossard et produit un super ski », estimait le Norvégien Timon Haugan, réduit au rôle de figurant dès le premier acte. Même Marco Odermatt, le maître du géant depuis cinq hivers, était relégué à près d’une seconde. Assommée, la concurrence était partagée entre incompréhension et admiration.

Coups d’éclat

La seconde manche n’était que gestion des écarts et des émotions. Dans ce domaine, Lucas Pinheiro Braathen est un expert. Un showman, même. On se souvient de lui en train d’esquisser quelques pas de samba, après avoir obtenu son premier podium pour le Brésil, à Beaver Creek (Etats-Unis), en décembre 2024. On se souvient aussi et surtout de lui pour ses emportements et ses coups d’éclat. Né à Oslo, il court d’abord pour la Norvège. Mais, en 2023, fâché avec la fédération nationale pour une question de droits d’image, il n’hésite pas à raccrocher les skis, à seulement 23 ans.

Tout aussi retentissant est son retour, un an plus tard, sous les couleurs du pays de sa mère, où il a passé une partie de son enfance. Très vite, il monte à nouveau sur les podiums. Jusqu’à devenir, en novembre 2025, à Levi (Finlande), le premier Brésilien à remporter une épreuve de Coupe du monde de ski alpin – une victoire qui s’ajoute à ses cinq succès obtenus avec la Norvège.

Actuellement deuxième au classement général de la Coupe du monde – derrière Marco Odermatt –, comme en slalom et en géant, Lucas Pinheiro Braathen détonne dans un milieu très policé. Pas du genre à se fondre dans le moule. « Cela a toujours été mon rêve d’être celui qui trace [s]a propre route. Je sais que la mienne est différente de celle de la plupart des autres skieurs, expliquait, il y a quelques semaines, en marge de la fashion week de Milan, ce passionné de mode qui a créé sa propre marque de soins de beauté (Octo). Je suis le metteur en scène de mon équipe. Je ne me conforme plus aux approches définies par d’autres personnes. »

Quatrième de la descente, en argent dans le combiné par équipes et en bronze lors du super-G, Marco Odermatt avait une dernière chance de « sauver » ses Jeux en décrochant l’or dans le géant, épreuve dont il est le champion olympique en titre. Pari manqué, mais l’argent, samedi, semble avoir suffi à son bonheur. « L’objectif, bien sûr, était d’obtenir l’or, mais j’ai trois médailles, ça reste positif », a relativisé le Suisse, que beaucoup voyaient réaliser le Grand Chelem en Italie.

Cinquième de la première manche du géant à 34 centièmes du podium, le Français Léo Anguenot n’a pas réussi à combler son retard sur Loïc Meillard dans le deuxième acte. A 27 ans, le skieur de La Clusaz (Haute-Savoie) termine sixième du premier slalom géant olympique de sa carrière.

[Source: Le Monde]