France - Pays de Galles : le XV de France continue son sans-faute dans le Tournoi des six nations en battant facilement les Gallois
En démonstration, les Bleus de Fabien Galthié ont disposé du XV du Poireau (54-12), dimanche, à Cardiff. Ils virent désormais en tête du classement du Tournoi et sont les seuls à pouvoir encore réaliser le grand chelem.
Quand Antoine Dupont trottine pour sortir d’un terrain de rugby avant l’heure de jeu, c’est que l’affaire est bien mal embarquée pour l’équipe adverse. Habitué à s’appuyer sur son chef d’orchestre autant qu’il le peut, Fabien Galthié ne lui offre du repos que lorsqu’il est certain que la symphonie bleue ne peut plus connaître de fausses notes. Dimanche 15 février, à la 59e minute du match du Tournoi des six nations entre le Pays de Galles et la France, le score était déjà de 47 à 7 pour les Bleus quand le demi de mêlée a été remplacé.
Une vingtaine de minutes plus tard, peu de choses avaient changé. En démonstration, les Tricolores concluaient leur rencontre par une victoire 54 à 12 face à un XV du Poireau complètement perdu dans son jardin du Principality Stadium de Cardiff. Déjà brillants face à l’Irlande lors de leur entrée en lice dans le Tournoi, les Français reviennent même de leur voyage en terre galloise avec un nouveau point de bonus offensif. Ils caracolent à présent en tête du Tournoi des six nations, en leur qualité de dernière équipe invaincue.
Mais « il y a toujours à redire », a tenté de tempérer Fabien Galthié. « On peut faire mieux, vraiment mieux », a ajouté le sélectionneur tricolore, désireux que son équipe ne cède pas à l’emballement avant de recevoir l’Italie, au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord), dimanche 22 février. Reste qu’aucune équipe de France n’avait déjà passé autant de points aux Dragons rouges, empêtrés dans une crise sportive et économique dont ils semblent incapables de sortir depuis plusieurs années.
Des automatismes en club
Loin de ces considérations, les Bleus sont parfaitement lancés dans la défense de leur titre. Jusqu’à déjà parler d’un carton plein. « Le grand chelem, c’est ce pour quoi on se prépare depuis le début du Tournoi, a confirmé Antoine Dupont à la fin de la rencontre. Mais jusqu’à la dernière journée, le Tournoi ne sera pas gagné. » Pour enchaîner, le mot d’ordre de la semaine pourrait être le même que celui de Charles Ollivon avant le déplacement gallois : « Eviter le relâchement ! »
C’est pourtant avec un air très détendu que les ailiers Louis Bielle-Biarrey et Théo Attissogbe sont chacun allés marquer un essai, le second s’offrant même un doublé en deuxième période. A leurs côtés, le néophyte Fabien Brau-Boirie vivait, lui, une première sélection « incroyable » en participant à la fête et aux huit essais inscrits par les Bleus.
Entouré d’Emilien Gailleton et de Théo Attissogbe, ses coéquipiers de la Section paloise, le centre s’est peut-être senti comme au stade du Hameau de Pau. « On avait des repères, on arrive à bien se trouver », a confirmé Fabien Brau-Boirie au micro de TF1. En associant des joueurs qui ont l’habitude d’évoluer ensemble en championnat de France, Fabien Galthié a peut-être trouvé une solution à un problème longtemps insoluble : le manque d’automatismes de ses joueurs, dont il aimerait disposer plus souvent.
« Nous avons besoin de temps, de matchs, de vécu partagé pour installer des réflexes communs », regrettait ainsi le sélectionneur, en novembre 2025, au cœur d’une tournée de trois matchs seulement, quand « d’autres nations [du Sud] en disputent cinq sur la même période ». Le voilà peut-être avec un remède miracle, une semaine après avoir déjà fait confiance à la paire de centres Yoram Moefana-Nicolas Depoortère, qui évoluent ensemble dans le club de l’Union Bordeaux Bègles.
Une semaine mouvementée
Les blessures et forfaits des deux joueurs n’ont visiblement pas fragilisé le XV de France à Cardiff. Pas plus que les polémiques qui ont concerné dans la semaine deux de ses stars, Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Lundi, le quotidien L’Equipe révélait que les deux joueurs possèdent un contrat d’image avec 3S-Alyzia – également sponsor de leur club, le Stade toulousain –, moyennant des centaines de milliers d’euros sur plusieurs saisons, mais sans que l’entreprise spécialisée dans les services aéroportuaires ne les sollicite pour faire sa promotion.
Une situation qui interroge, et pourrait être liée à une volonté de contourner le salary cap – la masse salariale maximale autorisée pour chaque club de Top 14, qui comprend les prestations payées par des partenaires d’un club à ses joueurs –, alors que le Stade toulousain a déjà été sanctionné dans le cadre du transfert de Melvyn Jaminet. L’affaire a animé les conférences de presse du XV de France toute la semaine, jusqu’à celle d’Antoine Dupont, samedi.
« J’ai travaillé dur depuis un an [après sa rupture des ligaments croisés du genou] pour revivre ces moments-là. Le reste, ce qui se passe en dehors, ce sont mes conseils qui s’en occupent pour le moment », a balayé le capitaine du XV de France. « Je n’ai pas d’énergie à perdre avec ça », a-t-il ajouté. Sa sortie prématurée face au Pays de Galles, avec le sentiment du devoir accompli, lui a permis d’en économiser un peu plus.
[Source: Le Monde]