Colonies en Cisjordanie: 85 pays condamnent les nouvelles mesures foncières d'Israël et sa volonté de "s'étendre"
Une partie de la communauté internationale s'alarme à l'ONU de l'accélération du processus d'enregistrement foncier par le gouvernement israélien. Alors que la colonisation s'intensifie, les diplomaties et les instances des Nations unies exigent l'annulation immédiate des décisions jugées contraires au droit international.
Israël adopte de nouvelles mesures visant à "étendre (sa) présence illégale" en Cisjordanie occupée. C'est ce qu'ont dénoncé, ce mardi 17 février, 85 des 193 États membres des Nations unies dans une déclaration commune. "Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d'Israël en Cisjordanie. Ces décisions sont contraires aux obligations d'Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées", ont déclaré aux Nations unies à New York ces 85 États membres, dont la France, la Chine, l'Arabie saoudite ou encore la Russie, ainsi que plusieurs organisations comme l'Union européenne et la Ligue arabe.
Des décisions qui "mettent en péril la perspective d'un accord de paix"
Ces pays ont également réaffirmé leur "ferme opposition à toute forme d'annexion" et dénoncent des décisions qui "mettent en péril la perspective d'un accord de paix". Le gouvernement israélien a décidé dimanche d'accélérer le processus d'enregistrement foncier en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967.
Cette décision intervient tout juste une semaine après l'approbation d'un texte facilitant les achats de terres par les colons. Elles doivent aussi permettre aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.
Les États qui condamnent fermement ces nouvelles mesures, craignent une annexion du territoire palestinien et ils estiment que cela pourrait entraîner la modification de sa "composition démographique".
"Beaucoup de Palestiniens qui considèrent des terres comme les leurs découvriront qu'elles ne leur appartiennent pas en vertu du nouveau processus d'enregistrement".
Yonatan Mizrachi, co-directeur de La Paix maintenant
La colonisation, qui s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Cette accélération est particulièrement marquée depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023. Actuellement, outre Jérusalem-Est (occupée et annexée), plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies jugées illégales par les Nations unies, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Cette déclaration commune fait suite à de premières réactions survenues dès lundi. Les Nations unies, l'Union européenne et plusieurs pays arabes avaient alors déjà dénoncé l'adoption de ces mesures.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait notamment appelé Israël à "revenir immédiatement" sur ces décisions, les qualifiant de "déstabilisantes" et "illégales", comme l'a rappelé la Cour internationale de justice.
[Source: TV5Monde]