Sénégal: la polémique ne retombe pas après la mort d'un étudiant, un collectif veut des réponses de l'État

Le procureur de la République du Sénégal a annoncé ce samedi 14 février l’ouverture d’une nouvelle enquête afin de déterminer les causes exactes de la mort d’un étudiant en médecine, lors de manifestations à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) cinq jours plus tôt. Selon le collectif des médecins, Abdoulaye Ba serait décédé des suites d’un "mécanisme traumatique majeur".

Fév 18, 2026 - 11:56

C’est une première reconnaissance qui ne fait pas retomber la pression. Le procureur de la République a attesté d’actes de violence des forces de sécurité lors des manifestations à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), qui réclamaient le rétablissement des bourses étudiantes.

Dans un communiqué publié ce samedi 14 février, il indique: "Le 9 février 2026, de violents affrontements sont survenus sur le campus social de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar entre des étudiants et des éléments de la Police nationale, occasionnant d’importants dégâts matériels et de nombreux blessés."

Le procu

Le communiqué de presse du Procureur de la République du Sénégal.

Procureur de la République

Il ajoute toutefois ne pas disposer d’éléments suffisants pour corroborer "les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime", à savoir Abdoulaye Ba, étudiant en médecine décédé lors des manifestations.

Premiers résultats d'autopsie

Un communiqué auquel le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) a immédiatement réagi. Selon le collectif, l’autopsie conclut qu’Abdoulaye Ba serait décédé des suites d’un "mécanisme traumatique majeur". Ils écartent ainsi l’hypothèse d’un traumatisme naturel et accusent les forces de l’ordre de l’avoir passé à tabac.

Collectif des Médecins

Communiqué de presse du Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens Dentistes en Spécialisation du Sénégal.

Collectif des Médecins

Dans la presse sénégalaise, comme sur les réseaux sociaux, Abdoulaye Ba est décrit comme un jeune homme de 20 ans, "porteur de l’espoir de toute une famille". Élève brillant et sans histoires, il n’était nullement engagé politiquement. L’annonce de sa mort a provoqué l’émoi de toute la communauté sénégalaise et est désormais une source d’embarras pour les autorités du pays. 

Une vidéo qui ravive la polémique 

Le lundi 9 février, lors d’une conférence de presse, le ministère de l’Intérieur avait tenté de justifier la présence de la Police nationale au sein de l’université en diffusant une vidéo montrant un étudiant tenant un cocktail Molotov à la main. Mais selon nos confères d'Africa Check, cette vidéo est antérieure aux manifestations étudiantes de février. Une erreur qui relance la polémique sur la volonté des autorités de faire toute la lumière sur ces faits.

En ce sens, le procureur a ordonné l'ouverture immédiate d'une enquête "exhaustive" pour déterminer les causes exactes de la mort de l'étudiant en deuxième année de médecine. Une enquête confiée à la police, accusée de bavures policières par les collectifs d'étudiants présents lors des manifestations. 

Des collectifs qui rappellent aussi au président Bassirou Diomaye Faye et son premier ministre, Ousmane Sonko, qu'ils doivent leur accession au pouvoir à la jeunesse qui a été le fer de lance de la contestation contre les velléités de l'ancien président Macky Sall de rester au pouvoir.

[Source: TV5Monde]