Le voyage fructueux du président Nechirvan Barzani à Munich
Michael EJ Phillips
Le président Nechirvan Barzani est récemment revenu au Kurdistan après avoir participé à la 62e Conférence sur la sécurité de Munich (MSC 2026, qui s'est tenue du 13 au 15 février). Sa participation peut être considérée comme nécessaire et fructueuse. Nécessaire, car il est une figure importante non seulement en Irak et dans les pays voisins, mais aussi sur la scène internationale, où il s'est fait connaître pour sa capacité à servir de médiateur entre les parties en conflit tout en mettant l'accent sur le dialogue, la réconciliation et la paix. Il estime en effet qu'un débat constructif est bien préférable aux disputes et aux discordes.
Cette approche est visible dans la région du Kurdistan irakien, où il est connu pour promouvoir la coexistence et les relations fraternelles entre les différents groupes ethniques et religieux du pays, où les chrétiens vivent en paix et dans la tolérance aux côtés des musulmans, des Turkmènes et des Yézidis, pour n'en citer que quelques-uns.
Le MSC est un rassemblement important qui réunit des présidents, des premiers ministres, des ministres des Affaires étrangères, des conseillers à la sécurité et des décideurs politiques de haut niveau du monde entier afin de débattre des défis urgents en matière de sécurité, des tensions géopolitiques à la résolution des conflits et aux crises humanitaires. Dans ce contexte, les réunions de M. Barzani visaient à faire progresser les cadres de coopération et de stabilité, en mettant l'accent sur les valeurs du dialogue et de la gouvernance inclusive.
Plusieurs discussions sur la situation en Syrie, en particulier en ce qui concerne les populations kurdes du nord et de l'est de la Syrie et les implications plus larges pour la paix régionale, ont été au centre des engagements de Barzani à Munich. La crise syrienne, qui dure depuis plus d'une décennie, continue de poser d'importants défis humanitaires et politiques. Les réunions de Barzani ont démontré son engagement à faciliter la médiation et à préconiser des solutions fondées sur le dialogue et la coexistence, comme mentionné ci-dessus.
Une rencontre importante a eu lieu entre M. Barzani et le général Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), en présence d'Ilham Ahmed, coprésidente du département des relations étrangères de l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie. Au cours de ces discussions, les dirigeants ont souligné la nécessité d'un dialogue continu entre toutes les parties en Syrie afin de parvenir à un règlement politique qui garantisse les droits et la sécurité des Kurdes et des autres composantes de la société syrienne. Ils ont également abordé les efforts et les mécanismes de lutte contre le terrorisme visant à renforcer la stabilité régionale.
Le président Nechirvan Barzani a commenté ces réunions en ces termes : « Cette année, la situation en Syrie et la mise en place du nouveau gouvernement irakien ont été particulièrement importantes. Nous sommes déterminés à faire tout notre possible en Syrie et en Irak pour assurer la stabilité dans la région et faciliter la formation rapide du nouveau cabinet en Irak. En ce qui concerne la région du Kurdistan, il est évident que les politiques de ces pays visent à établir une région du Kurdistan stable et solide dans le contexte d'un Irak fédéral. Nous avons abordé les défis et les problèmes avec Bagdad au cours de ces discussions. »
Parallèlement, M. Barzani s'est entretenu directement avec Asaad al-Shaibani, ministre syrien des Affaires étrangères, lors de discussions axées sur la reconstruction économique et l'approfondissement des relations bilatérales. Ils ont discuté de la reconstruction après la guerre, du renforcement de la coopération économique et de la création des conditions nécessaires à une paix durable. M. Barzani a souligné que l'unité et la stabilité de la Syrie étaient indispensables tant pour l'Irak que pour la région du Kurdistan, et il s'est félicité des mesures prises pour reconnaître les droits culturels et civils des Kurdes au sein de l'État syrien.
L'importance accordée par M. Barzani à la coexistence était évidente dans son plaidoyer en faveur d'une gouvernance inclusive en Syrie, garantissant que les droits des Kurdes, ainsi que ceux de toutes les autres communautés, soient reconnus au sein d'une république syrienne unifiée et souveraine. Son approche visait à trouver un équilibre entre le respect de l'intégrité territoriale et la nécessité de protéger les droits des minorités par le biais de processus politiques pacifiques.
Au-delà de la Syrie, le président Nechirvan Barzani a tenu des réunions avec des personnalités mondiales qui ont renforcé son programme plus large en faveur de la paix. L'une des réunions les plus importantes a été celle avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, au cours de laquelle ils ont abordé les relations bilatérales, la dynamique de sécurité régionale et la coopération sur la Syrie. Au cours de leur conversation, M. Barzani a réitéré sa gratitude pour le soutien continu des États-Unis à l'Irak et à la région du Kurdistan, et les deux dirigeants ont souligné l'importance de protéger les droits des Kurdes et de toutes les communautés au sein d'une Syrie unie. Le dialogue avec les États-Unis a également mis en évidence des préoccupations communes concernant la lutte contre le terrorisme et la stabilité à long terme dans la région.
Outre ses engagements avec les États-Unis, M. Barzani a rencontré Nawaf Salam, Premier ministre du Liban, afin de discuter du renforcement des liens entre la région du Kurdistan et le Liban, et d'explorer les possibilités de coopération mutuelle sur les défis régionaux. Leurs discussions ont souligné la nécessité d'efforts collectifs pour faire face aux menaces sécuritaires et favoriser la coexistence pacifique entre les sociétés voisines.
La coopération en matière de sécurité a également occupé une place importante dans la rencontre entre le président Nechirvan Barzani et Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Royaume-Uni. Ils ont échangé leurs points de vue sur les développements politiques et sécuritaires en Irak et dans l'ensemble du Moyen-Orient, y compris la lutte actuelle contre le terrorisme. Les deux parties ont souligné l'importance d'une action coordonnée et le rôle des partenariats internationaux dans le maintien de la paix et de la stabilité.
Une autre réunion importante a eu lieu avec Ilham Aliyev, président de l'Azerbaïdjan, au cours de laquelle M. Barzani a exploré les possibilités de renforcer la coopération entre l'Azerbaïdjan et la région du Kurdistan. Leur dialogue a porté sur les relations diplomatiques, les liens économiques et les possibilités d'engagement culturel et politique, reflétant l'engagement de M. Barzani à favoriser des relations internationales constructives dans le cadre de sa stratégie de paix.
Il a également rencontré le président Emmanuel Macron, qui a réitéré le soutien de longue date de la France à la région du Kurdistan irakien, ainsi que la collaboration dans de nombreux domaines, notamment l'éducation, l'industrie, le commerce et autres. Une discussion a également eu lieu avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Tout au long de la conférence, M. Barzani a également souligné l'importance de poursuivre l'engagement avec les institutions multilatérales. Lors de sa rencontre avec de hauts représentants des Nations unies, il a insisté sur la nécessité d'un soutien continu de l'ONU dans des domaines tels que l'aide aux réfugiés, la reconstruction après les conflits et l'aide humanitaire, qui sont des piliers essentiels pour une paix et une coexistence durables au Moyen-Orient.
La présence du président Nechirvan Barzani à la Conférence de Munich sur la sécurité 2026 a souligné que, au-delà des relations bilatérales, la recherche de la paix nécessite un dialogue constant et une volonté de s'engager avec de nombreuses parties différentes. Son engagement auprès des représentants kurdes et syriens, des dirigeants mondiaux et des institutions internationales a démontré une approche fondée non pas sur la confrontation, mais sur la médiation et le partenariat.