Détroit d'Ormuz en partie fermé, renforcement de la présence américaine... La tension entre l'Iran et les États-Unis s'accroît
L'Iran a annoncé la fermeture partielle et temporaire par "sécurité" du détroit d'Ormuz, ce mardi 17 février, dans le contexte d'exercices militaires iraniens débutés ce lundi dans le corridor maritime. En face, les États-Unis continuent de renforcer leur armada dans la région. L'ayatollah Ali Khamenei a menacé de "couler" le porte-avions américain déployé au large de ses côtes.
Des discussions ont bien eu lieu à Genève, entre l'Iran et les États-Unis. Elles n'ont pas pour autant signifié l'arrivée prochaine d'une désescalade. Au Moyen-Orient, de nombreux signes illustrent au contraire la montée continue des tensions. Le détroit d'Ormuz, qui n'avait jamais été fermé, va l'être ce mardi 17 février, a annoncé Téhéran, du moins partiellement. "Certaines parties du détroit seront fermées, afin de respecter les principes de sécurité et de navigation", a indiqué la télévision d'État iranienne, cité par l'AFP.
Les manoeuvres militaires menées par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont débuté ce lundi dans le détroit. C'est par cet espace maritime que transite un quart de la production mondiale de pétrole. La fermeture ne doit durer que "quelques heures", a affirmé la télévision iranienne. Le but est de préparer les Gardiens "aux menaces sécuritaires et militaires potentielles".
Avions ravitailleurs, de combat, acheminement de systèmes de défense aérienne...
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a lancé une menace ce mardi à l'égard du porte-avions américain USS Abraham Lincoln, déployé à 700 kilomètres des côtes iraniennes. "Un navire de guerre est certes une arme dangereuse, mais l'arme capable de le couler l'est encore plus", a-t-il affirmé.
En face justement, Washington continue d'avancer ses pions au Moyen-Orient. En plus de l'annonce du déploiement d'un second porte-avions, le plus grand du monde, des avions ravitailleurs et de combat seraient actuellement repositionnés dans la région, depuis la base de l'US Air force au Royaume-Uni, selon des sources au fait du dossier, rapporte la chaîne américaine CNN.
Des systèmes de défense aérienne sont acheminés dans les pays de la région, affirme aussi un responsable américain interrogé par nos confrères. Des unités militaires américaines, devant normalement quitter la région dans les prochaines semaines, ont quant à elles vu leurs contrats être prolongés, affirment encore nos confrères.
Jordanie, Bahreïn, Arabie saoudite... Ces dernières semaines, du matériel a été envoyé depuis les États-Unis vers ces trois pays, transporté par des dizaines d'avions-cargos, selon CNN qui a consulté les données de suivi de vols. Des avions de combats ont aussi "reçu l'autorisation diplomatique d'entrer dans l'espace aérien jordanien", affirment nos confrères qui ont examiné des communications du trafic aérien en accès public.
"Avoir des options de frappes à l'intérieur du pays en cas d'échec des négociations"
Enfin, 12 avions d'attaque américains, des F-15, se trouvent actuellement sur la base aérienne jordanienne d'Azraq, ce depuis le 15 janvier, rapporte CNN, qui ajoute que 250 vols cargo américains ont été effectués dans la région.
"Les éléments sont mis en place pour faire pression sur Téhéran (...) et pour avoir des options de frappes à l'intérieur du pays en cas d'échec des négociations sur son programme nucléaire", ont affirmé plusieurs sources à CNN.