Au Gabon, les autorités annoncent la suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »

La Haute Autorité de la communication gabonaise justifie la décision par la diffusion sur les plateformes numériques de « contenus inappropriés, diffamatoires, haineux ». Le président, Brice Oligui Nguema, a fait face, en janvier et février, à sa première vague de contestation sociale.

Fév 18, 2026 - 11:28
Au Gabon, les autorités annoncent la suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Le président gabonais, Brice Oligui Nguema, à Libreville, en novembre 2025. LUDOVIC MARIN/AFP

Dans un communiqué lu, mardi 17 février, sur la chaîne publique de télévision Gabon 1ère, le porte-parole de la Haute Autorité de la communication (HAC) du pays, Jean-Claude Mendome, a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre ».

Sans désigner les plateformes concernées, le porte-parole a justifié la décision des autorités gabonaises par la présence de contenus risquant « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques ».

Elu avec 94,85 % des voix, le 12 avril 2025, dix-neuf mois après le coup d’Etat qui avait renversé Ali Bongo, an août 2023, le président gabonais, Brice Oligui Nguema, a été confronté, en janvier et en février, à sa première vague de contestation sociale, avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.

« La Haute Autorité de communication constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes mœurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a ajouté le porte-parole de l’institution.

Crise économique

La HAC prétend aussi s’inquiéter de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ». Dans son communiqué, elle a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».

Selon une journaliste de l’Agence France-Presse, la suspension des réseaux sociaux n’était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi.

Malgré un sol riche en pétrole et en manganèse, le pays de 2,3 millions d’habitants, en pleine crise économique, connaît un taux de chômage de 37 % pour les jeunes, selon la Banque mondiale, et les déraillements de train, les pannes d’eau et d’électricité sont fréquents.

En décembre 2025, l’agence de notation Fitch avait abaissé la note du Gabon à CCC−, alors que la dette publique totale du pays devait bondir à 80,4 % du produit intérieur brut en 2025, et poursuivre sa hausse pour frôler 87 % en 2027.

[Source: Le Monde]