Donald Trump annonce 36 milliards de dollars d’investissements japonais aux Etats-Unis

Fin juillet, les deux pays avaient signé un accord commercial prévoyant une limitation des droits de douane en échange d’investissements de la part des entreprises japonaises. Les trois premiers projets concernent l’énergie et l’intelligence artificielle.

Fév 18, 2026 - 11:30
Donald Trump annonce 36 milliards de dollars d’investissements japonais aux Etats-Unis
La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, et le président américain, Donald Trump, lors d’une visite de la base navale de Yokosuka (Japon), le 28 octobre 2025. EVELYN HOCKSTEIN/REUTERS

L’accord commercial signé en juillet 2025 entre Tokyo et Washington commence à porter ses fruits aux Etats-Unis, selon Donald Trump. « Je suis heureux d’annoncer trois FORMIDABLES projets dans les secteurs stratégiques du pétrole et du gaz dans le Texas, la production d’énergie dans l’Ohio et les minéraux critiques en Géorgie », a écrit le président américain, mardi 17 février, sur son réseau Truth Social, annonçant ainsi les premiers projets qui bénéficieront d’investissements japonais. « C’est une période très stimulante et historique pour les Etats-Unis et le Japon », s’est-il encore félicité.

« L’ampleur de ces projets est tellement importante que cela n’aurait pas pu être réalisé sans des mots très particuliers, DROITS DE DOUANE », a insisté Donald Trump. Il a affirmé que « la centrale thermique » prévue dans l’Ohio serait « la plus importante de l’histoire », tandis que « le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) » construit dans le Texas renforcera la « domination énergétique » américaine.

Il s’agit d’une « victoire massive de l’America First » (« l’Amérique d’abord ») en politique commerciale a renchéri le secrétaire au commerce, Howard Lutnick.

Ces projets « renforceront l’alliance nippo-américaine en permettant au Japon et aux Etats-Unis de construire conjointement des chaînes d’approvisionnement résilientes dans des secteurs stratégiques pour la sécurité économique », a réagi la première ministre nippone Sanae Takaichi mercredi sur X. « Nous sommes convaincus que ces initiatives incarnent pleinement (…) la promotion d’avantages mutuels, le renforcement de la sécurité économique et la stimulation de la croissance économique », a-t-elle ajouté.

Trois projets d’ampleur

Premier projet, la centrale électrique au gaz naturel dans l’Ohio sera la « plus grande de l’histoire », avec une capacité de 9,2 gigawatts, a affirmé M. Lutnick. L’investissement est estimé à 33 milliards de dollars, et l’opérateur en sera une filiale de SoftBank, champion japonais des investissements technologiques, selon un mémo du ministère américain du Commerce.

L’installation alimentera en électricité les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, a précisé Sanae Takaichi. A pleine capacité, sa puissance serait équivalente à celle de neuf réacteurs nucléaires, soit la consommation électrique d’environ 7,4 millions de foyers, selon Bloomberg News.

Deuxième projet, un terminal pétrolier en eau profonde au Texas, d’un coût de 2,1 milliards de dollars, qui devrait permettre − à pleine capacité − l’exportation de « 20 à 30 milliards de dollars de pétrole brut », a précisé Howard Lutnick.

Troisième projet, une usine de fabrication de diamant synthétique − composant crucial pour l’industrie de pointe et dont la Chine domine l’approvisionnement − pour 600 millions de dollars dans l’Etat de Géorgie, avec à la manœuvre une filiale du sud-africain De Beers. « Ce site permettra de produire localement 100 % de la demande américaine en granulés de diamant synthétique (…) Nous ne dépendrons plus des approvisionnements étrangers », s’est félicité M. Lutnick.

550 milliards de dollars

Les deux pays avaient annoncé fin juillet la signature d’un accord commercial prévoyant une limitation à 15 % des droits de douane américains sur les produits japonais importés en échange d’un investissement global de 550 milliards de dollars de la part des entreprises japonaises.

Selon le Japon, seuls 1 à 2 % seront des investissements directs, le reste étant constitué de prêts ou de garanties de prêts apportées par un autre organisme public pour soutenir des financements privés.

Le protocole d’accord prévoit que Washington garde la main sur la destination des investissements nippons. Les projets proposés seront examinés par un comité nippo-américain, avant d’être sélectionnés et in fine approuvés par Donald Trump lui-même. Tokyo sera alors sommé de garantir les financements nécessaires dans les quarante-cinq jours.

Japonais et Américains se partageront à égalité les gains générés par chaque projet jusqu’à ce que les investissements japonais soient remboursés. Ensuite, 90 % des bénéfices resteront aux Etats-Unis. « Le Japon apporte le capital. Les infrastructures sont construites aux Etats-Unis. Les recettes seront structurées afin de permettre au Japon un retour sur investissement et aux Etats-Unis de détenir des actifs stratégiques et une capacité industrielle accrue », a vanté M. Lutnick.

[Source: Le Monde]