« Super Charlie », un héros volant suédois en couches-culottes

Adapté des livres pour enfants de Camilla Läckberg, le film d’animation de Jon Holmberg met en scène une famille bousculée par l’arrivée d’un bébé doté de superpouvoirs.

Fév 19, 2026 - 04:12
« Super Charlie », un héros volant suédois en couches-culottes
Image extraite du film d’animation « Super Charlie », de Jon Holmberg. GEBKA FILMS

Dans la comédie hollywoodienne Bébé part en vadrouille (1994), un bambin à quatre pattes tient en échec une bande de kidnappeurs idiots ; sa candeur et son inconscience justifiant des gags et une chorégraphie d’échanges de coups millimétrée. En misant sur le décalage entre une situation dangereuse et le très jeune âge du protagoniste, Super Charlie, film d’animation du Suédois Jon Holmberg, a quelque chose à voir avec ce très lointain cousin.

Avant d’être « super », Charlie est le dernier né d’une famille de trois enfants qui va recevoir à sa naissance des pouvoirs proches de ceux d’un héros en cape. Si sa venue au monde ne réjouit guère son grand frère, Will, le secret de ce nourrisson capable notamment de voler et de parler va sceller leur complicité. Le film déroule en finesse les états d’âme par lesquels peut passer une fratrie : le sentiment d’abandon, la jalousie, la joie des premiers jeux partagés, la fierté de faire front commun face aux parents…

Une 3D joyeuse et baignée de lumière

Adapté des livres pour enfants de la star du polar scandinave Camilla Läckberg (la série est disponible aux éditions Acte Sud), le film réalisé dans une 3D joyeuse et baignée de lumière choisit d’ailleurs de faire de Will, plutôt que Charlie, le héros de l’aventure.

Nul besoin toutefois de dons surnaturels pour que l’arrivée du nourrisson chamboule le noyau de cette famille de Stockholm. En l’occurrence, un père policier tête en l’air qui se charge des enfants, tandis que la mère, romancière, avance sur son prochain opus ; une adolescente toute à ses émois et un petit dernier de 10 ans, Will. Celui-ci devient soudain l’enfant du milieu qu’on écoute peu et qu’on laisse se débrouiller. Le manque d’attention parental, en raison du surmenage, servira toutefois la cause des deux frères lorsque ceux-ci devront s’échapper de la maison pour déjouer les plans d’ennemis qui convoitent les supercapacités de Charlie.

Mais c’est aussi cette inattention qui conduit aux catastrophes. Ne trouvant aucun relais, les enfants vont faire face seuls et se retrouver à la merci d’une bande de scientifiques bidouilleurs menée par un superméchant ayant vécu un traumatisme d’enfance. Super Charlie explore à son avantage la question des adultes hermétiques à la parole des enfants, et ce qu’il en coûte à ceux qui ne les prennent pas – ou plus – au sérieux.

Si bien qu’on oublie souvent que Charlie est avant tout un bébé. En s’éloignant de la candeur et en faisant mûrir malgré lui le personnage, on en oublierait ce qui fait la force de l’enfance et celle du comique de situation.

[Source: Le Monde]