En Corée du Nord, la sœur de Kim Jong-un promue au sommet du pouvoir
Lors du sommet quinquennal du Parti des travailleurs, Kim Yo-jong a été nommée directrice de département après que son frère a été réélu, dimanche, au poste suprême de secrétaire général.
Le Comité central du Parti des travailleurs a nommé, lundi 23 février, Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, directrice à part entière de département, a annoncé, mardi, l’agence de presse officielle nord-coréenne (KCNA). Mme Kim compte depuis longtemps parmi les plus proches lieutenants de son frère et est l’une des femmes les plus influentes dans les sphères du pouvoir nord-coréen.
Née à la fin des années 1980, selon le gouvernement sud-coréen, elle est l’une des trois enfants du père de Kim Jong-un et prédécesseur, Kim Jong-il, et de sa troisième compagne connue, l’ancienne danseuse, Ko Yong-hui. Elle a été scolarisée en Suisse aux côtés de son frère et a gravi rapidement les échelons après qu’il a hérité du pouvoir à la mort de leur père, en 2011.
En 2018, elle s’était rendue en Corée du Sud pour les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, durant une période de rapprochement intercoréen. Pyongyang utilise également fréquemment son nom pour publier des déclarations exposant ses positions ou critiquant le Sud et les Etats-Unis.
Des milliers de cadres du parti ont afflué vers la capitale pour ce sommet quinquennal du Parti des travailleurs au pouvoir. Il offre un rare aperçu du fonctionnement politique de la Corée du Nord. Il est largement considéré comme une tribune permettant au dirigeant nord-coréen d’afficher sa mainmise sur le pouvoir. C’est la neuvième fois seulement que le parti se réunit en congrès depuis le début du règne de la famille Kim sur le pays. Ils avaient été abandonnés sous Kim Jong-il, mais ils ont été relancés à l’arrivée de son fils au pouvoir en 2016.
Le rôle donné à la fille adolescente du dirigeant, Kim Ju-ae, qui apparaît comme son héritière potentielle, selon le renseignement sud-coréen, est aussi particulièrement scruté lors de ce dernier sommet qui a démarré le 19 février et doit se poursuivre pour une durée indéterminée.
Programme nucléaire
Kim Jong-un − qui a été réélu, dimanche, à l’unanimité au poste suprême de secrétaire général − avait déclaré lors du précédent congrès que les Etats-Unis étaient le « plus grand ennemi » de la nation. Les observateurs se demandent s’il va profiter de celui-ci pour adoucir cette position ou, au contraire, la durcir alors qu’il devrait dévoiler la prochaine phase du programme d’armement nucléaire de la Corée du Nord au cours de ce congrès qui doit durer plusieurs jours.
Le président américain, Donald Trump, avait courtisé Pyongyang lors d’une tournée en Asie l’an dernier, affirmant qu’il était « ouvert à 100 % » à une rencontre avec le dirigeant nord-coréen. Mais ce dernier a jusqu’à présent largement évité la reprise d’un dialogue de haut niveau.
Depuis des décennies, le pouvoir nord-coréen donne la priorité au développement des capacités militaires au détriment des autres secteurs. Son coûteux programme nucléaire, caractérisé par six essais atomiques entre 2006 et 2017 et par la mise au point de missiles balistiques intercontinentaux, est considéré par le régime comme une assurance-vie face aux velléités d’invasion prêtées aux Etats-Unis et à ses alliés sud-coréen et japonais.
Le pays est par ailleurs économiquement étranglé par les sanctions internationales infligées en raison de ses programmes d’armes atomiques et de missiles interdits.
[Source: Le Monde]