RD Congo: au moins 18 morts dans une attaque des ADF dans un hôpital dans le Nord-Kivu
L'administrateur du territoire du Lubero, dans l'est de la RDC, a annoncé ce 15 novembre qu'une attaque des ADF a tué 18 personnes dans le village de Byambwe vendredi soir. Les rebelles ont visé un hôpital, pénétrant dans la maternité, et incendié des maisons dans le village.
Dans la nuit de vendredi à samedi, les ADF ont mené une incursion dans le village de Biambwe, situé à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la grande ville commerciale de Butembo, dans une zone régulièrement ciblée par le groupe.
"Des femmes qui allaitaient leur enfant ont été brutalement assassinées et trouvées la gorge tranchée dans leur lit d'hôpital" déclare à Associated Press le colonel Alain Kiwewa, administrateur du Lubero en ajoutant que sur les 17 tués, 11 sont des femmes.
Certains témoins parlent de 19 morts. Les rebelles ont pillé l'hôpital et incendié des maisons. La croix rouge locale a fait état d'un bilan de 23 morts, plus tard dans la journée.
Les rebelles ont attaqué et incendié le centre de santé de Biambwe, où "16 personnes ont été tuées et deux autres dans des quartiers environnants", a assuré à l'AFP Marcel Mumbere Kanzoka, secrétaire de la police de Biambwe, joint par téléphone.
Les rebelles ADF ont également attaqué d'autre villages déclare Samuel Kakule Kagheni, un responsable de la société civile actif dans la région de Manzya, dans laquelle se trouve le village attaqué, mais il n'a pas pu confirmer le nombre de victimes. La société civile et des défenseurs des droits humains dénoncent l’inaction des autorités militaires sur l’axe Butembo-Mangurujipa, régulièrement visé, et appellent à un renforcement urgent des mesures de sécurité pour protéger des populations.
Des attaques meutrières
Des groupes armés ont conduit plusieurs attaques meurtrières dans l'est de la RDC, à la fois les ADF que les rebelles du M-23 soutenus par Kigali. Les ADF, qui ont allégeance avec le groupe État islamique en 2009, opèrent le lont de la frontière avec l'Ouganda et ciblent souvent les civils.
En août dernier, des combattants ADF ont tué au moins 52 personnes au cours de plusieurs raids concentrés dans la même semaine, selon la MINUSCO.
Le groupe a aussi tué au moins 40 personnes dans la province de l'Ituri en juillet en pénétrant dans une église catholique où se trouvaient des centaines de fidèles, ouvrant le feu sur la communauté rassemblées, tuant de nombreuses femmes et enfants.
Les ADF se sont formés autour de groupuscules disparates en Ouganda à la fin des années 1990 suite à un mouvement de rébellion à l'encontre du président Yoweri Museveni. En 2002, après des attaques de l'armée ougandaise, le groupe s'est déplacé dans la République démocratique du Congo voisine et a été accusé de nombreuses exactions et de l'assassinat de milliers de civils.
Depuis 2021, l'armée ougandaise s'est déployée dans la partie septentrionale du Nord-Kivu et dans l'Ituri, pour combattre les ADF aux côtés de l'armée congolaise. Mais les rebelles évitent les confrontations armées, et l'opération conjointe n'a pas mis fin aux violences.
[Source: TV5Monde]