A l’Open d’Australie, Carlos Alcaraz et Iga Swiatek veulent compléter leur collection de titres du Grand Chelem
L’Espagnol de 22 ans et la Polonaise de 24 ans, déjà titrés dans les trois autres tournois majeurs du tennis, feront leurs débuts à l’Open d’Australie 2026, entre dimanche et lundi, avec l’ambition de pouvoir remporter le dernier Grand Chelem manquant à leur palmarès.
L’Open d’Australie 2026, qui débute dimanche 18 janvier (jusqu’au 1er février), marquera l’entame d’une nouvelle saison pour la balle de feutrine, et sera l’occasion pour Carlos Alcaraz et Iga Swiatek, virtuoses des circuits masculin et féminin, de partir en quête du dernier Grand Chelem manquant à leur collection. Déjà titrés, parfois même à plusieurs reprises, dans les trois autres tournois de prestige – US Open, Roland-Garros et Wimbledon –, ces deux ogres du tennis contemporain n’ont toutefois jamais réussi à se hisser en finale à Melbourne.
Une anomalie, ou presque, à l’échelle de ces deux férus de terre battue, non moins performants sur les surfaces dures, comme celle qui recouvre les courts australiens. Vainqueur de quatre des huit derniers majeurs disputés, l’Espagnol de 22 ans a pourtant échoué en quarts lors de ses deux précédentes participations. Mais les échecs répétés n’étant pas dans ses habitudes, le leader au classement ATP a donc fait de l’Open d’Australie son « objectif principal de l’année », pour asseoir encore davantage sa domination sur le circuit international – pour laquelle l’Italien Jannik Sinner lui mène une forte concurrence.
« Ça va être intéressant, parce que je pense que je sors d’une préparation vraiment bonne, et que je me sens en forme, assurait le Murcien, vendredi, son large sourire toujours au rendez-vous des conférences de presse. J’ai faim du titre, et je suis pressé que le tournoi commence. » Le potentiel sacre à venir du puissant droitier, qui entrera en lice dimanche face au local Adam Walton (79e joueur mondial), soulève toutefois deux interrogations.
La première renvoie à son véritable état de forme, après la fin de sa collaboration avec Juan Carlos Ferrero, son entraîneur et mentor depuis ses 15 ans, annoncée en décembre. Une inquiétude que le principal intéressé a préféré balayer d’un revers : « J’ai pleinement confiance en mon équipe, et les entraînements se sont vraiment bien passés. Cette séparation, c’est quelque chose qu’on a juste décidé. » Seules ses performances le confirmeront. De même pour la seconde, portant sur la récente hégémonie de l’Italien Jannik Sinner, double tenant du titre à Melbourne, favori à sa reconduction, et donc cible de choix et d’envergure pour « Carlito ». Placées à l’opposé dans le tableau masculin, les deux têtes de série ne pourront se retrouver qu’en finale, promesse d’un nouveau numéro épique, dont le dernier épisode majeur avait donné l’avantage au no 2 mondial, lors de la finale du Master ATP, en novembre 2025 (7-6, 7-5).
« Un match à la fois »
Pour Iga Swiatek, si l’objectif de résultats à l’Open d’Australie se veut similaire, l’approche sera différente. Moins en confiance à la clôture de la saison dernière, avant le tournoi, la Polonaise a préféré tempérer les attentes : « Depuis le début de l’année, beaucoup de gens viennent me voir et m’en parlent, expliquait-elle vendredi. Bien sûr, ce serait un rêve devenu réalité. Mais je ne me réveille pas chaque matin en y pensant. »
La « boulangère », habituée à distribuer des bagels – à savoir infliger des sets 6-0, à ses adversaires –, débutera lundi à Melbourne contre la Chinoise Yue Yuan, issue des qualifications. Une affiche aux airs de remise en jambes pour la quadruple vainqueure des internationaux de France, titrée l’an passé pour la première fois à Wimbledon, après avoir échoué dans le dernier carré de l’Open d’Australie, face à la surprenante Madison Keys.
Dans un tableau féminin plutôt incertain, Iga Swiatek a surtout de quoi craindre sa meilleure ennemie, la Biélorusse Aryna Sabalenka (no 1 au classement WTA), finaliste lors de la dernière édition et victorieuse par deux fois, en 2023 et 2024. Mais, là encore, l’heure n’est pas aux projections pour la native de Varsovie : « J’ai toujours fonctionné comme ça, et c’est de cette manière que j’ai construit mes succès jusqu’ici, en me concentrant sur un match à la fois. Gagner un Grand Chelem est difficile, il faut pour cela qu’un tas de planètes s’alignent. »
A Melbourne, les projecteurs se braqueront également sur Novak Djokovic, lancé à la poursuite du record de titres du Grand Chelem, qu’il partage pour le moment avec Margaret Court – comptant tous deux 24 trophées. Le décuple vainqueur du tournoi australien partagera aussi de sa lumière avec l’Américaine Venus Williams, de retour sur les courts à 45 ans, invitée par l’organisation pour la première fois depuis 2021. En revanche, le ciel des Tricolores ne laisse quant à lui que peu de place à une éclaircie, à moins d’une surprise dont seuls les tournois du Grand Chelem ont le secret.
Derrière les Américains, majoritaires dans le tableau masculin, les Français seront quatorze à prendre part au premier tour du Grand Chelem de l’année. Derrière les têtes de série Arthur Rinderknech (no 24) et Corentin Moutet (no 28), les espoirs sont minces pour le contingent tricolore.
Gaël Monfils, huitième de finaliste lors de la précédente édition, tentera de réitérer son parcours – ou mieux encore – pour sa dernière participation, avant sa retraite professionnelle annoncée pour la fin de l’année 2026. Pour son entrée en lice, Hugo Gaston (94e au classement ATP) a quant à lui hérité d’un tirage particulièrement délicat, réduit à l’exploit contre le tenant du titre, Jannik Sinner. Tout juste défait en finale de l’ATP 250 d’Adélaïde, Ugo Humbert aura également fort à faire face à l’Américain Ben Shelton, tête de série no 8.
Du côté des Françaises, le forfait de Loïs Boisson, récente figure de proue des Tricolores, a logiquement laissé un vide. Sans tête de série, elles ne seront que quatre à prendre part au premier tour, là aussi avec un tirage corsé. Ainsi la benjamine Sarah Rakotomanga, 20 ans et invitée du tournoi, s’opposera à Aryna Sabalenka (no 1 au classement WTA), alors que Léolia Jeanjean défiera la Grecque Maria Sakkari, ancienne no 3 mondiale. Les deux Françaises les mieux classées, Elsa Jacquemot (58e) et Varvara Gracheva (74e), devront quant à elles respectivement affronter l’Ukrainienne Marta Kostyuk (tête de série no 20), et la Suisse Viktorija Golubic.
[Source: Le Monde]