La journaliste tunisienne Chadha Hadj Mbarek libérée de prison, sa peine réduite à 2 ans avec sursis
Elle a passé plusieurs années en prison, aujourd'hui, la justice tunisienne a décidé de la libérer: Chadha Hadj Mbarek a retrouvé sa famille. Son état de santé est inquiétant. La journaliste a été condamnée en 2023 dans le cadre de l'affaire "Instalingo".
"Aujourd’hui, je suis libre de poursuivre mon parcours de journaliste. Fidèle aux principes qui ont toujours guidé mon travail, dans le respect de la loi, je continuerai à défendre mon innocence et à la faire valoir devant la Cour de cassation". Voilà les premiers mots que Chadha Hadj Mbarek a confié quelques heures après sa libération à la correspondante de TV5MONDE en Tunisie, venue la rencontrer chez elle, à une heure et demi de Tunis.
Arrêtée sur son lieu de travail à Sousse en Tunisie en septembre 2021, relaxée puis détenue depuis le 20 juillet 2023 et condamnée par la justice, la journaliste tunisienne est enfin libre.
La chambre criminelle près la cour d’appel de Tunis a ordonné sa libération, après avoir réduit sa peine de cinq ans de prison à deux ans avec sursis, selon plusieurs médias tunisiens.
"J’ai traversé des moments extrêmement difficiles et vécu des épreuves profondes. Tout cela appartient désormais au passé, mais les répercussions demeurent, tant sur le plan physique que moral", ajoute la jeune femme.
Un état de santé inquiétant
En mai 2025, Chadha Hadj Mbarek avait entamé une grève de la faim pour "dénoncer la privation de son droit aux soins médicaux".
Le Syndicat national des journalistes tunisiens avait récemment lancé l'alerte sur la détérioration de son état de santé.
Appel relayé par un collectif de la société civile publié début janvier, rappelant que "le droit d'accès à la santé tout comme l'accès à un traitement médical approprié était un droit fondamental garanti par les législations nationales et les pactes internationaux".
Le collectif insistait sur le fait que "la poursuite de la détention de la journaliste dans les mêmes conditions constituaient une menace sérieuse à sa sécurité physique".
Condamnée pour atteinte à la sûreté de l'Etat
La cour a prononcé un non-lieu en faveur de la journaliste concernant les accusations liées à la tentative de changement de la forme du gouvernement, à l’incitation à la violence armée, au désordre, au meurtre et au pillage. En revanche, sa condamnation pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État a été confirmée.
Les autres accusés ont vu leur condamnation confirmée par la chambre criminelle près la cour d’appel de Tunis. En février 2025, la deuxième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis avait condamné les accusés à des peines de prison allant de cinq à cinquante-quatre ans.
"Instalingo"
L’affaire Instalingo concerne plusieurs personnalités politiques, hommes d’affaires, agents de sécurité, journalistes et blogueurs, poursuivis pour des chefs d’accusation graves liés à la sûreté de l’État.
La société Instalingo, basée à Kalaa Kebira (gouvernorat de Sousse), opère dans le domaine de la création de contenu et de la communication digitale. Elle est accusée d'avoir mené une campagne contre le président tunisien Kaïs Saïed sur les réseaux sociaux.
Des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie. A l'automne 2025, le pouvoir a suspendu les activités de deux importantes ONG, l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
[Source: TV5Monde]