Sites bombardés en Iran, riposte régionale de Téhéran... Ce que l'on sait après l'intervention militaire d'Israël et des États-Unis
Israël et les États-Unis ont lancé ce samedi 28 février l'opération "Lion rugissant" et "Fureur épique" contre l'Iran. Une intervention militaire qualifiée de "préventive" et rendue nécessaire par des "menaces imminentes venues du régime iranien", selon Donald Trump. Le président américain a appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir. En représailles, les Gardiens de la Révolution ont confirmé avoir également pris pour cible la cinquième flotte américaine à Bahreïn. L'embrasement est régional: des explosions ont retenti à Riyad en Arabie saoudite, à Abou Dhabi, à Doha au Qatar, à Dubaï, au Koweït ou encore Manama, capitale de Bahreïn.
Les tensions, les avertissements et les menaces d'intervention militaire montaient depuis plusieurs semaines. Les États-Unis et Israël ont finalement décidé d'agir conjointement ce samedi 28 février en lançant l'opération "Fureur épique". Coiffé d'une casquette blanche ciblée USA, Donald Trump a annoncé ce matin depuis la Floride que les États-Unis avaient lancé des "opérations de combat majeures" contre l'Iran.
Dans un message vidéo posté sur sa plateforme Truth social, il a également promis de "détruire" les capacités de missiles de la République islamique et de "réduire à néant" sa marine, assurant que l'objectif américain était d'"éliminer des menaces imminentes" causées par Téhéran.
"L'heure de votre liberté est à portée de main"
Il a également appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir lancé: "C'est le moment d'agir, ne le laissez pas passer. L'heure de votre liberté est à portée de main". Il a appelé les militaires iraniens à "déposer les armes", auquel cas ils bénéficieraient d'une "immunité totale", ou à faire face à une "mort certaine".
Le président américain a estimé que l'Iran s'était rendu coupable de "terrorisme de masse" à plusieurs reprises depuis la révolution islamique de 1979 et a asséné: "Nous ne le tolérerons plus". Depuis les manifestations de janvier réprimées dans le sang en Iran, le dirigeant républicain n'a cessé de dénoncer la mort de civils, citant le plus souvent le chiffre de 32.000 manifestants tués.
Il avait alors lancé au peuple iranien que "l'aide était en route" et déployé une armada massive au Moyen-Orient, le plus important dispositif américain dans cette région depuis l'invasion de l'Irak en 2003.
Avant l'annonce de Donald Trump, Israël avait annoncé avoir "lancé une frappe préventive contre l'Iran afin d’éliminer les menaces pesant sur l’État d'Israël". "En conséquence, une attaque de missiles et de drones contre l'État d’Israël et sa population civile est attendue dans un avenir immédiat", ajoute le texte, annonçant l'instauration d'un "état d'urgence spécial et immédiat dans tout le pays".
Une opération, baptisée de son côté "Lion rugissant", qui "a visé des dizaines d'objectifs militaires" et menée après des mois de planification avec les États-Unis, a précisé par la suite l'armée israélienne. "Durant les mois qui ont précédé l'attaque, une planification rapprochée et conjointe entre les armées israélienne et américaine a été menée, permettant la mise en œuvre d'une vaste attaque en pleine synchronisation et coordination entre les deux armées", a ajouté le communiqué.
Deux fortes détonations ont été entendues samedi matin à Téhéran par des journalistes de l'AFP, quelques temps après que deux panaches d'une épaisse fumée ont commencé à s'élever dans le centre et l'est de la capitale iranienne. D'autres villes du pays comme Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre) ou Karaj situé à l'ouest de Téhéran ainsi que Kermanshah (ouest) ont également été touchées, selon l'agence iranienne Fars. Des lanceurs de missiles et le dispositif anti-aérien de l'Iran a été visé dans l'ouest du pays.
L'ayatollah Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian visés?
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, et le président Massoud Pezeshkian font partie des cibles visées par l'attaque américano-israélienne lancée samedi sur l'Iran, rapporte la radio-télévision publique isralienne KAN.
Le président iranien Massoud Pezeshkian est "sain et sauf", a rapporté ce samedi l'agence de presse officielle Irna, après des frappes israélo-américaines sur Téhéran et plusieurs villes d'Iran. "Le président Massoud Pezeshkian est sain et sauf et il n'a aucun problème",écrit l'agence Irna. Cette information est reprise par les agences Mehr et Isna.
En Israël, le ministère des Transports a annoncé la fermeture "de l'espace aérien israélien aux vols civils" et demandé aux voyageurs "de ne pas se rendre dans les aéroports jusqu'à nouvel ordre". L'armée israélienne a appelé samedi la population iranienne proche d'installations militaires "dans tout le pays" à évacuer.
Des explosions en série ont été entendues à Jérusalem. Un blessé a été pris en charge dans le nord d'Israël après des tirs de missiles sur le pays depuis l'Iran, a annoncé samedi le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Coix-Rouge.

Un projectile explose au-dessus de l'eau alors qu'Israël lance une alerte nationale suite à ses frappes contre l'Iran, dans la baie de Haïfa, au nord d'Israël, le samedi 28 février 2026. Associated Press / Leo Correa
Depuis le début des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran ces dernières semaines, Israël insiste pour inclure dans toute négociation la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien de l'Iran aux groupes armes de la région, comme les rebelles Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas palestinien.
Le groupe pro-iranien Kataëb Hezbollah en Irak a averti son intention de lancer des attaques imminentes contre des bases des Etats-Unis, après la mort d'au moins deux de leurs combattants après des frappes aériennes sur la base de Jurf al-Sakher, également connue sous le nom de Jurf al-Nasr, dans le sud de l’Irak.
Une riposte régionale de Téhéran visant des bases américaines et plusieurs pays
Des avions militaires et des missiles ont été aperçus traversant l’espace aérien irakien, ont déclaré des témoins et une source militaire à l’AFP. "Nos forces ont détecté des avions de guerre en provenance d’Israël qui ont traversé l’espace aérien au-dessus de Bagdad" et d’autres provinces, a déclaré la source militaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ajoutant que des missiles avaient également été vus survolant la province septentrionale de Kirkouk.
"Nous avons vu plusieurs missiles voler à basse altitude" près du district de Dakouk, à Kirkouk, ont affirmé deux témoins. Un soldat dans la ville de Ramadi, dans l’ouest de l’Irak, a confié à l’AFP avoir vu des avions de guerre survoler la zone. L'Irak avait annoncé plus tôt la fermeture de son espace aérien. L'armée de l'air jordanienne a annoncé samedi mener des exercices pour "protéger le ciel du royaume".
Des explosions ont aussi été entendues à Riyad et à Abou Dhabi, tandis que des bases américaines ont été visées à Manama et à Doha. Les Émirats arabes unis ont affirmé avoir intercepté des missiles iraniens, et le Qatar a indiqué avoir "repoussé un certain nombre d'attaques" de missiles visant le riche émirat gazier du Golfe, qui abrite la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région. La Jordanie a elle annoncé avoir abattu deux missiles balistiques visant le royaume. Un civil a été tué après avoir été touchée par des débris de missiles à Abou Dhabi samedi.
Les Gardiens de la Révolution iranienne confirment avoir pris pour cible la cinquième flotte américaine à Bahreïn, alors que des explosions ont également été entendus à Riyad ou Abou Dhabi. L'Arabie saoudite a condamné les attaques iraniennes visant ses voisins, a indiqué samedi un communiqué publié par l'agence de presse officielle du royaume, après une série de tirs à travers le Moyen-Orient alors qu'Israël et les États-Unis frappaient l'Iran.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, partisan de l'option militaire contre Téhéran, présente depuis vingt ans la République islamique comme une menace existentielle pour Israël. Les États-Unis ont privilégié la voie diplomatique ces dernières semaines, tout en maintenant la pression militaire sur Téhéran avec le déploiement d'une importante force aéro-navale dans le Golfe et l'envoi en Méditerranée du plus gros porte-avions du monde, le Gerald Ford.
La Russie a dénoncé samedi les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran comme une "aventure dangereuse" menaçant la région de "catastrophe humanitaire, économique, et, ce n'est pas à exclure, radiologique". "Les intentions des agresseurs sont claires et déclarées ouvertement – détruire l'ordre constitutionnel et détruire le gouvernement d'un Etat qui leur est indésirable et a refusé de se soumettre au diktat de la force et à l'hégémonisme", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.
En juin 2025, Israël et l'Iran se sont livré une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque sans précédent d'Israël ayant visé en premier lieu le commandement militaire iranien ainsi que les lanceurs de missiles et les installations du programme nucléaire. Les États-Unis s'étaient joints à l'offensive de leur allié en frappant trois sites nucléaires iraniens.
Vendredi, Donald Trump a affiché son mécontentement envers l'Iran, mais avait affirmé n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.
[Source: TV5Monde]