Cela représente près d’un quart de toutes les femmes et filles du Liban, et plus de la moitié des personnes déplacées – y compris les communautés libanaises, syriennes, palestiniennes et migrantes. Cette escalade se déroule dans un contexte où les femmes étaient déjà confrontées à des inégalités préexistantes, notamment un accès limité aux revenus, une protection juridique inégale et un accès réduit aux services, insiste ONU Femmes.
Aujourd’hui, ces vulnérabilités sont aggravées par le déplacement, la perte de moyens de subsistance et l’affaiblissement des systèmes de soutien. "J’ai rencontré des femmes et des filles contraintes de faire des choix déchirants: fuir leur domicile la nuit sans savoir où aller, perdre les moyens de subsistance de leur famille et abandonner leur sentiment de sécurité et tout ce qui leur était familier", rapporte la correspondante d'ONU Femmes au Liban dans un communiqué.
Femmes en grande vulnérabilité
85 % des femmes et des filles déplacées vivent hors des centres d’hébergement officiels. Elles sont logées dans des appartements surpeuplés et selon des modalités informelles, Beyrouth et le Mont-Liban accueillant le plus grand nombre de ces personnes. Il ne s'agit pas seulement de conditions difficiles ; elles engendrent de graves risques pour la protection des femmes et des filles, notamment l'exploitation, les abus et les violences sexistes.
La perturbation des services essentiels de protection et de justice complique la tâche des femmes et des filles pour signaler les violations et obtenir une protection. "Des femmes me confient qu'elles sautent des repas pour que leurs enfants puissent manger. Les femmes âgées, déjà vulnérables, sont privées de médicaments essentiels pour leurs maladies chroniques, mettant ainsi leur vie en danger. On constate également une pénurie de produits d'hygiène et des accouchements dans des centres d'hébergement où l'accès aux soins est limité", ajoute la responsable locale d'ONU Femmes.
Santé mentale
Les besoins en santé mentale augmentent rapidement. Les femmes décrivent une peur constante, des insomnies et un épuisement extrême, tout en réconfortant des enfants apeurés. "Pourtant, comme dans toutes les crises, les femmes au Liban sont parmi les plus durement touchées et en première ligne de la réponse humanitaire. Elles prennent soin des familles déplacées, organisent le soutien, distribuent l'aide et contribuent à prévenir l'escalade des tensions, souvent alors qu'elles sont elles-mêmes déplacées", insiste ONU Femmes.
"Comprendre comment les femmes et les filles vivent ce conflit est essentiel pour appréhender pleinement l'impact humanitaire de cette crise" ONU Femmes
ONU Femmes se fait l'écho de l'appel du Secrétaire général à "une désescalade immédiate, au plein respect du droit international humanitaire et à un renforcement urgent de l'aide humanitaire sensible au genre afin de répondre aux besoins des femmes et des filles".
Pour la correspondante d'ONU Femmes au Liban: "Comprendre comment les femmes et les filles vivent ce conflit est essentiel pour appréhender pleinement l'impact humanitaire de cette crise".
[Source: TV5Monde]