Lens-Nice : les Sang et Or, portés par leurs supporteurs, remportent leur première Coupe de France au terme d’une « saison exceptionnelle »
Les hommes de Pierre Sage ont dominé l’OGC Nice (3-1), vendredi 22 mai au stade de France, et s’offrent leur premier trophée depuis leur titre de champion de France en 1998. Un rêve éveillé, dans un écrin composé de 50 000 Lensois.
D’un côté, une explosion de joie. Des joueurs lensois, drapeaux Sang et Or à la main, qui sautent devant une tribune de supporteurs debout comme un seul homme, portée par les notes des Lacs du Connemara résonnant dans l’enceinte du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). De l’autre, les mines fermées des Niçois, venus s’expliquer avec leur public devant des gradins déjà clairsemés. Deux salles, deux ambiances, pour un même dénouement. Le Racing Club de Lens (RCL) vient de remporter la première Coupe de France de son histoire, vendredi 22 mai, en dominant l’OGC Nice (3-1).
Sur la pelouse, le gardien lensois, Robin Risser, tape dans les mains de son « speaker ». Le coach, Pierre Sage, reste figé, comme incapable de réaliser, tandis que Ruben Aguilar, tout comme Florian Sotoca, ne peuvent retenir leurs larmes. Face à eux, un public Sang et Or qui s’enlace, pleure et chante à pleins poumons, avec une ferveur parfois digne des plus grandes nuits au stade Bollaert-Delelis. Une soirée parfaite, conclue par la remise du trophée – le premier depuis le titre de champion de France 1998 –, soulevé, comme un symbole, par le capitaine Adrien Thomasson.
« C’est un sentiment indescriptible, a-t-il soufflé, très ému, en zone mixte, pour son dernier match sous la tunique artésienne. J’ai du mal à réaliser. C’est une soirée inoubliable. Le fait de gagner un trophée avec ce club, c’est magnifique. Je pars avec le cœur léger. Merci aux supporteurs. Ça a été un privilège de les représenter. »
Equipe remaniée
Ces derniers avaient annoncé la couleur dès l’après-midi. Plus de deux heures avant le coup d’envoi, les fans du RCL étaient déjà là, à entonner Les Corons à la sortie du RER B ou depuis le parvis du stade. Au milieu du brouillard causé par les fumigènes, des bruits de klaxon et d’un cortège lensois fort de 50 000 personnes, une conviction dominait : le RCL allait gagner et clore en beauté une saison fantastique.
Car les hommes de Pierre Sage – sacré entraîneur de l’année aux Trophées UNFP 2027 – arrivaient à Saint-Denis avec confiance. Deuxièmes de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain, et qualifiés pour la Ligue des Champions depuis plusieurs semaines déjà, ils restaient sur une démonstration face à l’Olympique lyonnais (4-0), avec une équipe largement remaniée.
« Le fait de gagner cette coupe vient couronner une saison magnifique, a savouré Pierre Sage, en conférence de presse. Notre public nous a vraiment portés, il était encore une fois le premier homme. Il mérite d’être récompensé. On a su construire notre victoire lorsqu’on a repris le jeu à notre compte, mais Nice nous a vraiment surpris. »
Chez les Aiglons, l’ambiance était toute autre. Seizièmes de Ligue 1 et condamnés à disputer les barrages du maintien contre l’AS Saint-Etienne, les 26 et 29 mai, les Niçois espéraient probablement trouver une petite éclaircie dans une saison cauchemardesque. « On a été intéressant, on a fait un match plein et, dans quatre jours, on sera présents à ce niveau-là », a assuré Claude Puel, après la rencontre.
Car les coéquipiers de Jonathan Clauss n’ont pas démérité, loin de là. Tandis que, dans les gradins, une marée Sang et Or masquait régulièrement les chants des Ultras de la Populaire Sud, les Niçois ont joué, pressé et bousculé Lens. Très agressifs dans leurs entames de périodes, ils ont manqué de justesse dans le dernier geste – en témoignent les deux montants touchés, d’abord par Antoine Mendy (61e), puis par Oppong (84e) –, et sont souvent tombés sur un Robin Risser des grands soirs.
Espoirs douchés
L’ancien Strasbourgeois, sélectionné pour la première fois en équipe de France pour la Coupe du monde 2026, a sauvé les siens à plusieurs reprises. Au point de voir ses supporteurs scander son nom, dès la 20e minute du match, et le refaire à plusieurs reprises. Mais l’homme du match se nomme Florian Thauvin. L’ancien marseillais a d’abord ouvert le score d’une belle frappe du pied gauche en première période (25e), avant d’offrir une passe décisive à Odsonne Edouard sur corner (39e), sous les yeux du sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, qui ne l’a pas retenu pour le Mondial.
Nice réduira l’écart quelques minutes plus tard, par l’intermédiaire du jeune Djibril Coulibaly, titulaire surprise côté niçois, lui aussi sur un coup de pied de coin (45e). Un but tardif, qui venait rebattre les cartes d’un duel plutôt équilibré jusqu’alors. Puis des détails ont douché les espoirs niçois, comme cette barre transversale trouvée par Antoine Mendy, alors que l’OGC ne comptait qu’un but de retard. Ou cette erreur de son capitaine, Dante, qui, d’une tête mal jaugée, permettait à Abdallah Sima, entré en jeu depuis un petit quart d’heure, de venir tromper Maxime Dupé (78e).
« Nous avons livré un match avec du courage et de la personnalité, a estimé Dante. On va être unis jusqu’au bout, et on va aborder ces deux matchs cruciaux [face à l’ASSE] avec de la concentration et de la confiance. Les supporteurs nous ont dit qu’ils seraient toujours derrière nous. » Du courage, il en faudra face à Saint-Etienne, qui accueillera le match aller à guichets fermés, tandis que le retour à l’Allianz-Riviera se jouera à huis clos, après un envahissement de terrain survenu contre Metz (0-0), lors de la dernière journée de championnat.
Les Lensois, eux, s’apprêtaient à vivre une nuit aussi inoubliable qu’interminable. Une nuit de chants, de larmes et d’ivresse collective, portée par une ferveur capable de donner des frissons à tout un stade. Le plus beau des cadeaux pour le RCL, qui fêtait ses 120 ans.
[Source : Le Monde]