Au Soudan, risque « d’atrocités de masse » à El-Obeid, alerte la communauté internationale

Le département d’Etat américain a exhorté les belligérants à cesser toute mise en danger de civils, tandis que le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Italie et la Norvège ont appelé à la désescalade.

Juin 24, 2026 - 17:28
Au Soudan, risque « d’atrocités de masse » à El-Obeid, alerte la communauté internationale
Des personnes blessées à la suite d’une frappe de drone, à El-Obeid (Soudan), le 12 janvier 2026. EL TAYEB SIDDIG/REUTERS

Alors que la ville soudanaise d’El-Obeid fait l’objet depuis plusieurs mois d’un siège des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée régulière depuis trois ans, plusieurs pays ont exprimé, mardi 23 juin, leur inquiétude face à un risque imminent de catastrophe humanitaire. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà donné l’alerte samedi, alors que d’« importants renforts militaires » se réunissaient autour de la ville.

Dans un communiqué, le département d’Etat américain a ainsi exhorté les belligérants à « cesser toute action à même de mettre en danger les civils, d’entraver l’aide humanitaire ou de contribuer à de nouvelles atrocités ». Les Etats-Unis ont exprimé leur vive préoccupation face aux « indications alarmantes selon lesquelles des atrocités de masse pourraient être imminentes » à El-Obeid.

Mardi après-midi, le Royaume-Uni a également « appel[é] toutes les parties à mettre immédiatement fin aux attaques et à protéger les civils afin d’éviter de nouvelles effusions de sang », a fait savoir le ministère des affaires étrangères britannique. Ce dernier, aux côtés de six pays − la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Italie et la Norvège −, estime qu’El-Obeid, en proie à « une offensive imminente », se trouve « au bord du gouffre des atrocités ».

Le souvenir des « horreurs d’El-Facher »

« Les combats ont déjà fait un nombre considérable de victimes civiles et font craindre de toute urgence une escalade majeure », ont écrit les sept pays dans une déclaration commune, rappelant que « les frappes de drones et les attaques contre des infrastructures civiles essentielles n’ont cessé de s’intensifier » depuis ces dernières heures. Et d’exhorter « ceux qui ont de l’influence à faire pression sur les FSR pour qu’elles se retirent ».

soulignant notamment des attaques sur des stations-service et des lignes électriques, la ministre des affaires étrangères britannique considère qu’« à l’approche de la saison des pluies la poursuite des attaques contre les infrastructures pétrolières risque d’aggraver les pénuries alimentaires et de plonger la région dans l’obscurité en raison de l’approvisionnement limité en électricité ».

La semaine dernière, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan avait appelé le chef des FSR, le général Mohammed Hamdan Daglo, pour lui demander de ne pas attaquer El-Obeid, et avait « souligné le besoin urgent de désamorcer la situation ». « Nous ne devons pas permettre que les horreurs d’El-Facher se répètent à El-Obeid », a insisté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Les FSR sont accusées d’avoir commis de multiples exactions lors de la prise en octobre d’El-Facher, dernière grande ville du Darfour qui leur résistait encore. En février, une mission d’enquête de l’ONU a même fait état d’actes de « génocide ». Depuis la prise de cette ville, les combats se sont intensifiés, notamment dans la région du Kordofan, front crucial reliant les bastions des FSR au Darfour aux zones contrôlées par l’armée dans l’est du pays.

[Source : Le Monde]