Iran - États-Unis: il y a "encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance" estime Abbas Araghchi en rappellant les lignes rouges de la République islamique

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dit ce samedi 7 février espérer une poursuite prochaine des négociations avec les États-Unis. Le président Donald Trump a lui salué les "très bonnes" discussions avec l'Iran organisées vendredi à Oman, et affirmé qu'elles allaient se poursuivre "en début de semaine prochaine".

Fév 8, 2026 - 14:08
Iran - États-Unis: il y a "encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance" estime Abbas Araghchi en rappellant les lignes rouges de la République islamique
Le ministre des affaires étrangères d'Iran Abbas Araghchi, au centre, lors de la journée de négociations avec les États-Unis à Mascate, Oman le 6 février 2026. © Ministère des Affaires étrangères iranien via AP

Ce samedi 7 février, à l'issue d'une nouvelle journée de pourparlers à Mascaste, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dit espérer une poursuite prochaine des négociations avec les États-Unis, tout en réaffirmant les lignes rouges de son pays et mettant en garde contre toute attaque américaine.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, rencontrera Donald Trump le 11 février à Washington pour "discuter des négociations avec l'Iran", ont annoncé ses services ce 7 février. 

Washington a maintenu vendredi 6 février la pression sur l'Iran, avec de nouvelles sanctions et un décret visant les pays continuant de commercer avec Téhéran. Dans un autre message de fermeté, l'émissaire du président américain pour le Moyen-Orient et négociateur avec l'Iran, Steve Witkoff, s'est rendu samedi à bord de l'Abraham Lincoln, navire amiral de la force navale américaine déployée dans le Golfe.

Abbas Araghchi, qui avait fait état d'une "très bonne" atmosphère lors des discussions à Oman, a parlé ce samedi 7 février d'un "bon départ" et a dit s'être mis d'accord avec Washington pour tenir "bientôt" une nouvelle session de pourparlers.

"Poignée de main"

Lors d'un entretien avec la chaîne qatarie Al Jazeera, il a fait état d'une "poignée de main"avec les membres de la délégation américaine - comptant Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner - même si les négociations étaient "indirectes".

Mais le chef de la diplomatie iranienne a estimé qu'il y avait "encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance" et rappelé les lignes rouges de la République islamique. Il a réaffirmé le "droit inaliénable" à l'enrichissement nucléaire invoqué par Téhéran, tout en ajoutant être prêt à un accord qui "rassure" les États-Unis à ce sujet. Il a aussi réitéré que la question des capacités balistiques de l'Iran ne pourrait "jamais être négociée car il s'agit d'un enjeu de défense".

Abbas Araghchi avait affirmé vendredi que les pourparlers n'avaient porté que sur le volet nucléaire. Mais son homologue américain, Marco Rubio, a stipulé que le soutien de l'Iran à divers groupes armés hostiles à Israël et son programme de missiles balistiques devaient aussi être abordés pour que les négociations aboutissent. 

L'intransigeance d'Israël

Deux volets "qu'il faut inclure dans toute négociation" estime le premier ministre israélien Netanyahu, selon son bureau.

La ligne israélienne est plus intransigeante que celle de Washington, selon des experts. Israël exige "un changement de régime ou tout du moins un démantèlement total des capacités nucléaires et de missiles" de l'Iran, affirmait récemment à l'AFP l'analyste géopolitique Michael Horowitz.

Les discussions à Oman étaient les premières depuis les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens en juin, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne.

Donald Trump a multiplié les menaces d'intervention militaire en Iran, d'abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir du mouvement de contestation en janvier, puis pour pousser Téhéran à un accord. Abbas Araghchi a de nouveau averti que son pays viserait les bases américaines dans la région en cas d'attaque.

Précisant s'être rendu sur l'Abraham Lincoln avec l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, et Jared Kushner, Steve Witkoff a salué les marins et forces armées qui "défendent le message de paix et de force du président Trump".

L'arme atomique

Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément tout en insistant sur son droit au nucléaire civil. Donald Trump avait affirmé en juin que les frappes américaines avaient "anéanti" les capacités nucléaires iraniennes, mais l'ampleur exacte des dégâts reste inconnue.

L'Iran et les États-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps dernier, gelées par la guerre de 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l'enrichissement d'uranium par Téhéran.

Washington a annoncé vendredi de nouvelles sanctions pétrolières contre des entités et navires liés au trafic de pétrole iranien et a mis en vigueur un décret signé vendredi par Donald Trump ouvrant à des surtaxes sur les produits venant de "tout pays qui achète, importe (...) ou acquiert (...) des biens ou services" iraniens.

[Source: TV5Monde]