39 °C à Paris, plus de 40 °C dans le Sud : la France face à un nouvel épisode de chaleur « très intense et étendu »

La moitié sud de l’Hexagone sera la première touchée ce week-end. A partir de mardi, la chaleur doit s’intensifier et remonter vers le nord. Les 40 °C pourraient être atteints ou dépassés, même si des incertitudes demeurent.

Juin 14, 2026 - 06:12
39 °C à Paris, plus de 40 °C dans le Sud : la France face à un nouvel épisode de chaleur « très intense et étendu »
Sur la place de la Daurade, à Toulouse, le 28 mai 2026. ULRICH LEBEUF/MYOP POUR « LE MONDE »

La France va de nouveau suer à grosses gouttes. Le pays entre dans un épisode de chaleur qui s’annonce intense et généralisé. Il survient moins de quinze jours après la canicule de mai, la plus sévère, longue et étendue jamais enregistrée si tôt dans l’année. C’est donc la deuxième flambée des températures avant le début officiel de l’été. La sensation de surchauffe sera d’autant plus accentuée après la fraîcheur de la semaine du 8 juin.

La moitié sud de l’Hexagone est la première touchée. Les fortes chaleurs se généralisent à partir de samedi 13 juin, avec des températures largement supérieures à 30 °C. Les 35 °C seront même atteints ou dépassés en Occitanie, dans le Languedoc ou en Provence, soit des valeurs de 6 °C à 8 °C, voire 10 °C, au-dessus des normales de saison. La hausse du thermomètre sera seulement freinée par une légère perturbation en début de semaine.

Mais à partir de mardi, la chaleur doit s’intensifier de nouveau et remonter vers le nord de la France – sans toucher les Hauts-de-France et la Normandie. « On pourrait avoir de fortes chaleurs généralisées dès mercredi », annonce Sébastien Léas, prévisionniste à Météo-France. Pour l’institut national, il est encore trop tôt pour parler de vague de chaleur – qui s’applique à partir de seuils précis – ou pour savoir si des vigilances canicule seront déclenchées.

Le climatologue Davide Faranda, de son côté, s’inquiète d’une deuxième vague de chaleur « très intense et étendue » à partir de mardi ou de mercredi et jusqu’au 22 ou 23 juin. « On pourrait dépasser les valeurs de la canicule de mai, et les 40 °C sont possibles, même 41 °C ou 42 °C dans le Sud, comme à Toulouse, Bordeaux ou Aix-en-Provence », précise le directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CNRS), en analysant les modèles de l’observatoire climatique européen Copernicus.

Des « nuits tropicales »

En Ile-de-France et à Paris, le mercure pourrait atteindre 39 °C le week-end du 20 juin, même si les incertitudes restent grandes. De quoi exploser les normales de saison pour la capitale (autour de 23 °C). De nombreuses régions connaîtront également des « nuits tropicales » à partir du milieu de la semaine du 15 juin, c’est-à-dire que les températures minimales dépasseront 20 °C, un seuil préjudiciable au repos de l’organisme.

De manière générale, ces chaleurs font souffrir les travailleurs en extérieur, les élèves, augmentent la mortalité et font baisser le produit intérieur brut. C’est justement ces jours-là que doivent se dérouler les épreuves du baccalauréat, du lundi 15 au jeudi 18 juin.

Ce coup de chaud concernera également l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne ou même l’Irlande. Il s’explique par la mise en place d’un anticyclone sur l’Europe de l’Ouest. Une dépression au-dessus de l’Atlantique fait également remonter l’air brûlant du Maghreb.

La succession de deux épisodes de chaleur, si tôt dans l’année, ne préjuge en rien de la suite de l’été. Les prévisions saisonnières annoncent trois mois plus chauds que la moyenne. « Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas des périodes plus fraîches », précise Sébastien Léas. Et les scientifiques ne peuvent pas en tirer de conclusions sur le nombre de canicules qui pourraient s’abattre sur le pays.

Des risques accrus de feux de forêt

« Dans tous les cas, on vit l’un des étés les plus frais des prochaines décennies », prévient Davide Faranda. Dès 2050, avec un réchauffement climatique qui atteindra 2 °C, l’Hexagone subira 120 jours de sécheresse des sols et jusqu’à 100 « nuits tropicales » par an sur le littoral méditerranéen, selon les projections de Météo-France. En 2100, la hausse du thermomètre pourrait s’élever à + 4 °C en France, en cas de poursuite des politiques climatiques mondiales actuelles. Le pays connaîtrait alors dix fois plus de jours de vague de chaleur qu’en 1976-2005, des pics à 50 °C, des risques accrus de feux de forêt sur tout le territoire.

Le changement climatique, principalement lié à la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), entraîne des vagues de chaleur plus nombreuses, plus intenses et plus longues. « Jusqu’à récemment, la période de fortes chaleurs s’étendait de la mi-juillet à la fin août, rappelle Sébastien Léas. Depuis une dizaine d’années, ces épisodes débutent dès le printemps et débordent sur l’automne. » A l’échelle de l’année, les records de chaleur sont bien plus nombreux que ceux de froid, et les journées au-dessus des normales de saison largement supérieures à celles en dessous.

Cette nouvelle surchauffe pourrait aggraver la sécheresse. Selon le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières, le niveau des nappes phréatiques est globalement « satisfaisant » mais « présente une tendance à la baisse généralisée », en raison d’un déficit de pluie en mai sur tout le territoire. « Ce n’est pas bon signe d’attaquer l’été avec les sols plutôt secs, car on arrive dans la période où les précipitations se raréfient », explique le prévisionniste de Météo-France. Les sols secs contribuent à faire monter le thermomètre, dans un cercle vicieux. De quoi également accroître le risque d’incendies. Samedi 13 juin, Météo-France a placé trois départements en vigilance orange. Des départs de feux ont déjà eu lieu dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse ou l’Hérault.

[Source : Le Monde]