Canada-Maroc : qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe du monde, les Lions de l’Atlas confirment qu’ils ne sont « plus une surprise »
A l’expérience, les Marocains se sont imposés, samedi à Houston, face aux Canucks (3-0), en huitièmes. Ils pourraient affronter l’équipe de France, qui avait mis fin à leur parcours en demi-finale du Mondial 2022, au tour suivant.
L’issue du match était particulièrement scrutée par l’équipe de France : le Maroc et le Canada disputaient, samedi 4 juillet, à Houston (Texas), une place pour les quarts de finale de la Coupe du monde de football. Les Lions de l’Atlas se sont imposés (3-0), à l’expérience, mettant un terme au parcours de l’un des trois pays hôtes de cette édition 2026 – avec le Mexique et les Etats-Unis. De quoi rêver d’un face-à-face contre les Bleus, au tour suivant, si ces derniers l’emportent contre le Paraguay à Philadelphie (Pennsylvanie).
Le NRG Stadium de Houston accueillait, samedi, la dernière de ses sept rencontres du tournoi. Pour l’occasion, la bruyante enceinte au toit rétractable était entièrement parée de rouge. Les supporteurs marocains ont donné de la voix, aux grondements des percussions, et beaucoup sifflé l’arbitre, quand leurs homologues canadiens, eux, brandissaient d’imposants drapeaux frappés de la feuille d’érable.
Le match ne fut pas le plus spectaculaire de ce Mondial, loin s’en faut. Mais les coéquipiers du capitaine Achraf Hakimi, bien qu’un peu dans le dur samedi, ont donné une leçon de réalisme à leurs adversaires. Longtemps, les Lions de l’Atlas n’ont dû leur salut qu’aux performances de leur gardien, le chevronné Yassine Bounou. En première période, le portier du club d’Al-Hilal, en Arabie saoudite, a multiplié les arrêts et maintenu à flot sa sélection, dominée par les Canucks et fragilisée par la sortie sur blessure de son milieu Ismael Saibari.
« Ils ont ployé, mais pas rompu »
Brouillons, les Marocains ont attendu que la tempête se calme. Avant de mordre à deux reprises. Le héros du jour s’appelle Azzedine Ounahi. A la réception d’un coup franc subtilement joué par Achraf Hakimi, le milieu du Girona FC a inscrit le premier but de son équipe, en début de seconde période (50e), d’une belle frappe sans contrôle aux abords de la surface adverse. Trop court au sol, le gardien canadien Maxime Crépeau semblait alors masqué par une forêt de jambes.
Puis, bien servi par Brahim Diaz, Azzedine Ounahi signait un doublé et faisait chavirer les supporteurs (82e). Dans la tribune de presse du stade, les journalistes marocains n’ont pas pu retenir leurs applaudissements, célébrant avec joie ce deuxième but synonyme de délivrance. Dans le temps additionnel, au terme d’une contre-attaque fulgurante, Soufiane Rahimi aggravait le score (90e + 8). Juste la cerise sur le gâteau. Et, au coup de sifflet final, la liesse des uns contrastait avec la désillusion des autres.
Visiblement moins abattu que ses joueurs, le sélectionneur canadien, Jesse Marsch, s’est dit « fier » du parcours de son collectif malgré son élimination. « C’est dur à avaler, a toutefois reconnu le technicien américain en conférence de presse, d’autant que les Canucks s’étaient déjà inclinés (2-1) face au Maroc, en phase de groupes de l’édition 2022. On a vraiment contrôlé le match, complètement. On était la meilleure équipe. Il s’est passé ce qu’il s’est passé. On a pris des contres. Ils ont ployé, mais pas rompu. C’est comme ça. Un autre jour peut-être qu’on aura le dessus. »
Une vision pas vraiment partagée par son homologue marocain, Mohamed Ouahbi : « C’est difficile de dire qu’on a été meilleurs quand on perd 3-0. Faut oser, a-t-il ironisé. On a fait preuve de résilience. En deuxième mi-temps, il n’y avait pas photo. »
Ascension sur la scène internationale
En se hissant en quarts de finale, le Maroc confirme son statut de chef de file du football africain. A l’exception de l’Egypte – qui affronte l’Argentine en huitièmes, mardi 7 juillet –, les autres sélections du continent ont déjà toutes été éliminées. En Amérique du Nord, les Lions de l’Atlas confirment surtout leur ascension sur la scène internationale, après leur excellente performance il y a quatre ans au Qatar. Dans l’émirat, ils avaient sorti deux cadors européens, l’Espagne et le Portugal, avant de s’incliner en demi-finales (2-0) face à l’équipe de France et de terminer à la 4e place du tournoi.
En janvier, les Lions de l’Atlas avaient une nouvelle fois prouvé leur valeur en atteignant la finale de la Coupe d’Afrique des Nations face au Sénégal – une compétition dont l’identité du vainqueur est encore suspendue à une décision du Tribunal arbitral du sport.
Dans l’attente du verdict de l’instance, Achraf Hakimi et ses partenaires poursuivent leur route dans ce Mondial et pourraient retrouver les Bleus, le 9 juillet à Boston. « On n’est plus une surprise aujourd’hui. Quand les gens parlent du Maroc, ils parlent d’un prétendant, assure Mohamed Ouahbi. Que ce soit le Paraguay ou la France [en quarts], l’ambition sera la même : aller en demi-finales. » Et ce dernier de prévenir : « Ce n’est que le début. »
[Source : Le Monde]