Canicule : plus de 90 morts par noyade depuis le 19 juin, annonce la ministre des sports ; hausse de 85 % des décès des 75 ans et plus, selon SOS-Médecins

Sur RMC, la ministre Marina Ferrari a fait état d’un bilan des noyades « inquiétant ». De son côté, SOS-Médecins révèle que 513 décès ont été constatés du 22 au 28 juin, contre 278 décès la semaine précédente.

Juil 3, 2026 - 04:57
Canicule : plus de 90 morts par noyade depuis le 19 juin, annonce la ministre des sports ; hausse de 85 % des décès des 75 ans et plus, selon SOS-Médecins
Le canal Saint-Martin, à Paris, le 17 juin 2026. WILLIAM KEO POUR « LE MONDE »

La ministre des sports et de la jeunesse, Marina Ferrari, a annoncé, jeudi 2 juillet, sur RMC, que le bilan des décès par noyade s’élevait à « plus de 90 » depuis le 19 juin, « un chiffre inquiétant », a-t-elle déploré. Le dernier bilan des autorités faisait état de 74 décès par noyade depuis le 18 juin.

« Depuis le 19 juin, nous déplorons plus de 90 noyades. Un chiffre qui est inquiétant », a réagi la ministre. « Là, on a assisté à une baisse ces derniers jours, donc on voit bien que c’est corrélé aussi à un pic de chaleur où les gens vont chercher de la fraîcheur. Les premiers jours il y avait beaucoup de jeunes, ensuite derrière ça s’est réparti », a détaillé Marina Ferrari.

Elle a cependant rappelé qu’« il n’y a pas de profil type, d’abord il y a une fragilité sur les très jeunes enfants, qu’on ne doit pas laisser sans surveillance, ensuite il y a des jeunes sur des comportements qui sont dangereux, “je saute d’un pont”, “je vais dans un canal qui n’est pas surveillé”… ».

Un plan pour améliorer l’attractivité du métier de maître-nageur

Marina Ferrari a reconnu que la France avait « une fragilité sur les piscines, notamment en zone rurale, où il y a de moins en moins de piscines parce qu’il y a un problème de rénovation ». Elle a déclaré avoir « lancé, il y a quelques mois déjà, une réorientation des crédits de l’Agence nationale du sport sur les piscines en priorité » et que le gouvernement travaillait aussi « sur l’attractivité du métier de maître-nageur ».

« On travaille sur une refonte du brevet national de sauveteur secouriste aquatique pour leur donner plus d’autonomie dans la surveillance, pour renforcer les maîtres-nageurs sauveteurs. Le décret va bientôt être publié pour être opérationnel dès l’année prochaine. C’est une réforme qui était attendue depuis longtemps », a mis en avant la ministre.

Mme Ferrari a également estimé qu’il fallait redévelopper « l’apprentissage de la nage en eau libre, puisqu’on le voit bien aujourd’hui, nous avons beaucoup d’accidents qui ne sont pas en piscine. Et c’est très différent quand vous nagez dans un lac ou quand vous nagez en piscine ».

Durant l’été 2025, 409 personnes sont mortes par noyade en France, en hausse de 16 % par rapport à 2024, selon Santé publique France. Parmi les victimes figuraient 57 enfants et adolescents.

513 décès chez les plus de 75 ans

De son côté, SOS-Médecins a constaté, lors de ses interventions, une hausse de 85 % des décès de personnes âgées de 75 ans et plus au cours de la semaine marquée par la canicule du 22 au 28 juin, par rapport à la semaine précédente, selon son bulletin hebdomadaire.

Dans cette classe d’âge, 513 décès ont été constatés en France la semaine dernière, contre 278 décès la semaine précédente. Les interventions de SOS-Médecins ont globalement augmenté de 14 % concernant les personnes de plus de 75 ans, notamment pour fièvre, altération de l’état général et angoisse « dans des valeurs supérieures aux années précédentes », détaille le bulletin hebdomadaire disponible sur le site de Santé publique France.

Tous âges confondus, les interventions pour coup de chaleur et déshydratation ont bondi, respectivement de 480 % et 316 %. Egalement sur la semaine du 22 au 28 juin, le nombre de passages aux urgences a augmenté de 11 % et le nombre d’hospitalisations de 19 % par rapport à la semaine précédente, pour les personnes de 75 ans et plus, selon un autre bilan hebdomadaire publié sur le même site.

La France a vécu, à la fin de juin, une canicule exceptionnelle avec une dizaine de jours de températures extrêmes, un épisode déjà jugé plus intense sur le plan climatique que celui de 2003, le plus fort jamais enregistré. Dimanche, l’agence Santé publique France avait annoncé que cet épisode de canicule avait déjà fait, depuis le mercredi précédent, « environ 1 000 décès supplémentaires » par rapport aux mois précédents.

Sur l’ensemble de l’épisode, « je ne pense pas qu’on sera à 15 000 morts comme en 2003, parce qu’on a progressé sur plein de choses », a jugé lundi soir le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel, « mais je pense que ce sera probablement supérieur à 2025 », à savoir 5 700 morts liées à la chaleur.

[Source : Le Monde]