Dans le film d’animation « In Waves », Phuong Mai Nguyen raconte une romance traversée par l’histoire du surf

Adapté de la BD éponyme de l’Américain AJ Dungo, le long-métrage animé privilégie les couleurs chatoyantes pour accompagner le récit d’un amour naissant, menacé par la maladie, et porté par la force vitale de l’océan.

Juil 5, 2026 - 08:00
Dans le film d’animation « In Waves », Phuong Mai Nguyen raconte une romance traversée par l’histoire du surf
Image extraite du film d’animation « In Waves », de Phuong Mai Nguyen. DIAPHANA

Malgré le plébiscite que lui a réservé le public présent, le long-métrage In Waves est reparti sans prix du Festival international du film d’animation d’Annecy, qui s’est terminé samedi 27 juin. L’opus animé réalisé par Phuong Mai Nguyen, qui avait fait l’ouverture de la Semaine de la critique, à Cannes, en mai, aura en quelque sorte connu un destin similaire à la BD éponyme (Casterman, 2019) dont il est l’adaptation. En 2020, le roman graphique signé par l’Américain AJ Dungo, parmi les favoris du Festival international de BD d’Angoulême, n’avait finalement obtenu aucune distinction.

Dans cette bande dessinée autobiographique, qui avait marqué les amateurs de BD, l’auteur retraçait la rencontre avec son amour de jeunesse, Kristen, juste avant que celle-ci n’apprenne être atteinte d’un cancer. Au récit intime venait s’entremêler une histoire du surf, dans sa dimension politique et anti-impérialiste. Le graphisme d’AJ Dungo se distinguait par un traitement minimal, passant du vert-bleu, pour les scènes de vie, au sépia, pour celles du surf.

Pour la version cinématographique, Phuong Mai Nguyen, saluée pour son travail d’adaptation en série télé des Culottées (Gallimard, 2016), de Pénélope Bagieu, a choisi, quant à elle, une palette plus californienne avec soleils couchants rosés, lumières jaunes zénithales et ciels bleu azur. Assumant un trait plus charnu, pour définir Kristen (vocalement incarnée par Lyna Khoudri) – héroïne joyeuse, rayonnant comme un astre sur la vie de ses proches.

Fluidité

Mises en mouvement avec fluidité, les séquences de surf et de skate parviennent à exprimer l’insouciance et l’espièglerie des jeunes pratiquants, rappelant l’esprit insufflé par Catherine Hardwicke, vingt ans plus tôt, dans Les Seigneurs de Dogtown. En parallèle, les séquences relatant la maladie et la dégradation du corps sont traitées avec davantage de sobriété.

La réalisatrice replace au cœur du récit la démarche artistique d’AJ Dungo, auquel Rio Vega prête sa voix. Le film montre le bédéaste en devenir honorer la mémoire de sa compagne en surfant, mais aussi en dessinant leur histoire à bord d’un van garé face à la mer. Les parois de l’habitacle sont couvertes des reproductions de ses croquis. Une façon pour la réalisatrice de rappeler les origines de la BD et de faire référence au style d’AJ Dungo.

Alors que ce dernier avait fait le choix de raconter ses souvenirs de façon fragmentée comme si sa mémoire faisait des allers-retours, telles les vagues sur le rivage, Phuong Mai Nguyen a opté, elle, pour un scénario quasi chronologique et linéaire. C’est ici la faiblesse du film qui le rapproche de certains récits sentimentaux plus consensuels.

Film d’animation belge et français de Phuong Mai Nguyen. Avec les voix de Lyna Khoudri, Paul Kircher et Rio Vega (1 h 31).

[Source : Le Monde]